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Les Genevois de 1602 aux petits soins

Les célébrations de ce week-end mettent l’accent sur la médecine et la santé.

Au début du XVIIe siècle en Europe, la médecine et les systèmes de soins en sont encore à leurs balbutie ments.
Au début du XVIIe siècle en Europe, la médecine et les systèmes de soins en sont encore à leurs balbutie ments.
AFP

Quels types de soins prodigue-t-on au temps de l’Escalade? De quel système de santé est dotée Genève? La Compagnie de 1602 a choisi de mettre la médecine au cœur des festivités du 415e anniversaire. Au travers de visites, d’expositions (toutes les infos sur www.1602.ch) et de quatre conférences (lire encadré). Dont celle de l’historien Arnaud Bosch, créateur des Apéros de l’histoire, qui lève un pan de voile sur les pratiques médicales dans la Cité de Calvin à l’aube du XVIIe siècle.

«Pour mieux comprendre ce qui relève de la santé à cette époque, j’évoquerai deux aspects différents, explique le conférencier. D’abord les soins et la médecine, ensuite le système de santé. Concernant le premier, il faut reconnaître qu’au début du XVIIe siècle, la médecine en est à ses balbutiements. En cas de maladie, on recommande avant tout du repos. Les connaissances en herboristerie, néanmoins, sont assez scientifiques, rien à voir avec les remèdes de grand-mère. Il existe des écrits, des recettes. Mais les interventions médicales, elles, sont rares, hormis les saignées. Ça, c’est l’antidote pour tout!»

Bref, pour les blessés de guerre, par exemple ceux de l’Escalade, il y a peu de chances de s’en sortir? «Les archives manquent pour être affirmatif, mais on suppose que la technique des sutures commence à être utilisée. Même si on lui préfère probablement l’application de baumes ou d’onguents sur les blessures.»

Du coup, les «remèdes» sont parfois radicaux: «Telle l’amputation, poursuit Arnaud Bosch. Avec d’importants risques d’infection, qui peuvent mener à des épidémies. Raison pour laquelle les armures des combattants deviennent plus massives à cette époque.»

Mais le changement majeur, la vraie avancée réside dans le système de santé. «Quelques décennies plus tôt, grâce à Calvin, est créé l’Hôpital général, fusion de sept hospices tenus par des moines ou des religieuses. Il se situait à l’endroit du Palais de justice, ancien couvent des Clarisses, où se trouvait un puits très abondant.»

La présence de cette eau a son importance, mais c’est le dispositif mis en place qu’il faut relever. «L’Hôpital général se fonde sur trois piliers, note Arnaud Bosch. D’abord la charité, avec aide au logement ou au chauffage. Ensuite la discipline, dès 1617. On pense ainsi qu’il faut rééduquer les malades mentaux ou les mendiants afin de les réinsérer dans la société par le biais d’un métier. Enfin l’hôpital proprement dit, où apparaissent des notions d’hygiène et une vision plus scientifique des soins. On soigne aussi bien en interne qu’à domicile.»

Ce système presque révolutionnaire, que développera davantage Arnaud Bosch ce samedi lors de sa conférence, a une autre particularité: «Il est financé par l’État via des revenus de terrains agricoles, par exemple, mais aussi par la population, au travers du fameux droit des pauvres. En fait, ce système, c’est l’ancêtre de notre actuel Hospice général.»

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