Genève traîne à ouvrir le jeu politique aux étrangers

Droit d'éligibilitéDouze ans après «J’y vis, j’y vote», une association veut raviver la flamme de l’extension des droits politiques aux étrangers.

Le 28 février 2005, le comité d’action «J’y vis, j’y vote» lance la campagne. De g. à dr.: Carmelo Lagana (PDC), Pierre Maudet (PLR), Antonio Hodgers (V) et Sandrine Salerno (PS).

Le 28 février 2005, le comité d’action «J’y vis, j’y vote» lance la campagne. De g. à dr.: Carmelo Lagana (PDC), Pierre Maudet (PLR), Antonio Hodgers (V) et Sandrine Salerno (PS). Image: Georges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Ils s’appellent Sandrine Salerno, Pierre Maudet et Antonio Hodgers. Aujourd’hui personnalités politiques de premier plan, ils faisaient partie, il y a une quinzaine d’années, du comité d’action portant la revendication de l’octroi de droits politiques aux résidents étrangers. Or, depuis une belle victoire en 2005, plus rien n’a bougé à Genève.

Ce surplace désespère l’association Droits politiques pour les résidents étrangers à Genève (DPGE), qui a décidé de réunir ce jeudi les membres du comité d’action au Palais Eynard*. Avec un objectif: relancer la machine.

Lire aussi l'éditorial: Genève doit passer à «J’y vis, j’y siège»

«Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Jura, la quasi-totalité des cantons romands ont avancé depuis, explique Dario Ciprut, membre du comité de l’association DPGE. Nous sommes par conséquent aujourd’hui en retard par rapport à nos voisins. Genève est, avec le Valais, le canton romand le plus restrictif, alors qu’il se targue d’être «LA» Cité internationale et qu’il est de fait le canton avec la population étrangère la plus importante (près de 41%).»

Échec à la Constituante

Tout avait pourtant bien commencé il y a douze ans. Le 24 avril 2005, une majorité des Genevois accepte en effet l’une des deux initiatives – baptisées «J’y vis, j’y vote» – sur l’octroi de droits politiques aux résidents étrangers. C’est certes la proposition la plus minimaliste que 52,3% des citoyens choisissent, celle ne donnant que le droit de vote au niveau communal. Mais l’ajout du droit d’éligibilité dans les communes échoue finalement de pas grand-chose: 52,8% de non.

Ce pas supplémentaire a pourtant presque été franchi par l’Assemblée constituante en 2012. Une majorité de ceux qui avaient été élus pour écrire la nouvelle Constitution approuve le 24 janvier l’octroi du droit d’éligibilité au niveau communal. Patatras trois mois plus tard! Par peur d’un échec devant le peuple, et après d’intenses tractations, ce droit est retiré du projet.

«Une autre époque»

Si le conseiller d’État PLR Pierre Maudet ne pourra être présent à la table ronde (retenu par une conférence des chefs cantonaux des Départements de justice et police), Antonio Hodgers, son homologue Vert, sera là. «Ce sera une soirée intéressante et émouvante, estime-t-il. Ce combat, c’est celui d’une génération qui a réussi à créer un engouement autour de la vision d’une société ouverte.»

Et par la suite? «En douze ans, les forces conservatrices ont largement gagné du terrain, et les idées de l’UDC avec, répond-il. Je ne suis pas sûr qu’on aurait une majorité populaire aujourd’hui. Il ne faut bien entendu pas baisser les bras, mais travailler pour recréer le moment propice pour obtenir une nouvelle avancée.»

Sandrine Salerno y croit

La conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno reconnaît de son côté ne pas avoir d’explication toute faite sur le retard pris par Genève. «La politique est souvent faite de certitudes, mais je dois admettre que sur ce sujet, je n’en ai pas», dit-elle.

Elle croit par contre que le coup est jouable à Genève: «Les autres cantons romands ont démontré que c’est politiquement acceptable. Lorsque l’on vit dans un endroit, qu’on y élève ses enfants, qu’on participe de mille et une façons, voter et élire me semble une évidence.» Et pour faire avancer la cause, elle s’engage «à continuer à valoriser la diversité culturelle et la participation des étrangers à la vie de la cité».

«JVJV 12 ans après», table ronde au Palais Eynard (4 rue de la Croix-Rouge). Jeudi 16 novembre, de 18 h 30 à 20 h 30 (TDG)

Créé: 15.11.2017, 20h25

Articles en relation

Genève doit passer à «J’y vis, j’y siège»

L’éditorial Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Manuel Valls candidat à la mairie de Barcelone
Plus...