Genève Tourisme vend des souvenirs: pas de concurrence déloyale, dit le SECO

CommerceUne quinzaine de boutiques se plaignaient car l’office, qu’elles financent, commercialise des produits similaires.

Des boutiques ont ouvert la bataille du souvenir avec Genève Tourisme (photo d'illustration). Image: Olivier Vogelsang

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Genève Tourisme fâche certains de ses contributeurs. Une quinzaine de magasins de souvenirs ont dénoncé ce qui leur paraissait être une «concurrence déloyale». En effet, depuis le début de 2015, l’office s’est lancé dans un business de produits promotionnels (lire notre édition du 5 août 2015). Saisi, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) renvoie à l’État de Genève.

«J’ai l’impression de vivre une véritable injustice», témoigne Kurt Affolter. Ce gérant d’un commerce de souvenirs s’indigne dans une lettre adressée au conseiller d’État en charge de l’Économie, Pierre Maudet: «Ne pensez-vous pas qu’en payant chaque année une taxe touristique de 1500 francs en moyenne par magasin, nous sommes en droit d’attendre que notre Office du tourisme ne soit pas notre concurrent?» Le ministre lui répond qu’une fondation «peut exercer une activité commerciale, pour autant que le bénéfice généré soit utilisé conformément à ses buts». Il l’invite à prendre contact avec Genève Tourisme pour «une meilleure coordination».

De son côté, l’office affirme avoir conduit une étude comparative aussi bien en Suisse qu’à l’étranger: «Tous les offices du tourisme, sans exception, ont un espace shop», affirme la porte-parole Lucie Gerber. Mais à Zurich, par exemple, la même démarche n’a apparemment pas suscité de critiques, car le modèle de financement de l’Office du tourisme n’est pas le même: il n’y a pas de taxe touristique dans la loi, seulement des contributions volontaires qui représentent à peine 3,5% du budget (contre environ 26% du budget à Genève pour la taxe touristique).

Quel est le manque à gagner pour les commerçants? Le chiffre d’affaires de la boutique de Genève Tourisme est d’environ 70 000 francs par an.

Le SECO aurait pu agir en justice si «des intérêts collectifs sont menacés ou subissent une atteinte, c’est-à-dire lorsque des pratiques commerciales déloyales portent atteinte aux intérêts économiques d’un grand nombre de personnes». Selon son avocat, Luca Bernardoni, «la Loi contre la concurrence déloyale ne semblerait pas entrer en ligne de compte» ici.

«Genève Tourisme est une fondation privée d’utilité publique, donc elle est exonérée de l’impôt, argumente pourtant Kurt Affolter. Et son magasin n’est pas soumis à la loi sur le commerce, donc il peut ouvrir 365 jours par an.» Si les prix pratiqués sont similaires, les touristes qui achètent le Geneva Pass ont une réduction de 20% chez Genève Tourisme.

Créé: 23.04.2018, 17h58

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