Genève tente de cultiver l’écologie

EnvironnementTout au long de ce mois, la Ville enjoint à ses citoyens de réduire leur empreinte carbone. Mais est-elle exemplaire?

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«Nous n’avons plus que quelques années pour inverser la tendance.» La phrase, forte, figure dans un communiqué de la Ville de Genève paru la semaine dernière. Face à la mobilisation citoyenne inédite en faveur du climat – ils étaient encore 3000 dans les rues genevoises samedi dernier –, la Ville veut exhiber ses aspirations écologiques. Tout au long du mois d’avril, elle fait la promotion, en collaboration avec l’humoriste genevoise Marina Rollman, de cinq comportements permettant de réduire son bilan CO2: manger plus souvent végétarien, se déplacer à vélo ou en transports publics, minimiser ses trajets en avion, chauffer de façon sobre et efficace et consommer de manière responsable. Elle rappelle toutefois que ces actions individuelles «ne remplacent pas la nécessité d’agir collectivement». Nous avons donc décidé de faire son bilan écologique.


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Pesticides Depuis trois ans, presque plus aucun produit phytosanitaire n’est utilisé dans les parcs genevois, selon notre enquête. Les fongicides ont déjà été bannis. Même l’emblématique horloge fleurie, créée pendant les années 50, une époque où la chimie était reine, est exempte de pesticides depuis deux ans. «Un sacré exploit», se félicite Daniel Oertli, chef du Service des espaces verts. Pour atteindre l’objectif zéro pesticide, fixé à fin 2020, tout a dû être repensé: certaines plantes décoratives trop gourmandes en produits de synthèse ont été remplacées, la gestion des serres où croissent les plantes a elle aussi été revue. «Certes, l’enjeu principal se trouve dans l’agriculture et non dans les parcs, mais il y a une portée symbolique, explique Daniel Oertli. C’est un message important pour la population.»

Énergie L'électricité en ville de Genève est alimentée à 100% par de l'énergie renouvelable. Les besoins en chauffage sont quant à eux couverts à 4% seulement par de l'énergie renouvelable. L'objectif fixé par la Ville est d'être alimentée par 100% d'énergie renouvelable d'ici à 2050 pour l'électricité et le chauffage. Pour l’atteindre, elle mise principalement sur la rénovation du parc immobilier. Et comme elle est propriétaire de 800 bâtiments, autant commencer chez soi. Depuis une dizaine d’années, elle a donc remplacé 88 chaufferies au mazout. Elle a également posé plus de 22 centrales photovoltaïques sur ses toits. Un projet est emblématique de cette évolution: les Minoteries. Construit dans les années 1970 dans le quartier de Plainpalais, cet énorme complexe locatif, comprenant plusieurs immeubles et abritant plus de 500 personnes, est en train d’être rénové. Quand les travaux seront achevés, il fonctionnera entièrement grâce aux énergies renouvelables et ne produira plus d’émission de CO2.

Eau Depuis 1996, l’utilisation d’eau dans le domaine public a chuté de 35%. Pour y parvenir, l’arrosage des espaces verts a été réduit, tout comme les débits des fontaines. La consommation d’eau des habitants est elle aussi en baisse, notamment grâce à la réduction des pertes dans le réseau. La qualité du traitement des eaux est également en hausse.

Les moins

Voiture Ah, la circulation à Genève! bien que 45% des foyers genevois soient dépourvus de quatre-roues, la Cité de Calvin est asphyxiée par les autos. Et cela ne semble pas près de changer: le Conseil administratif veut construire un parking souterrain de six étages. Le projet, nommé Clé de Rive, comprend 498 places pour les voitures ainsi que 388 pour motos ou scooters. Pour Alfonso Gomez, conseiller municipal Vert et candidat au Conseil administratif, «ce projet de megaparking va à contresens de l’histoire. Il est symptomatique du manque de prise de conscience.»

Pollution Corollaire des problèmes de mobilité, la qualité de l’air genevois est mauvaise. Selon le relevé 2017 du Cercle indicateurs, un réseau national destiné à mesurer le développement durable, il est même le pire des 27 principales villes suisses, avec un indice de quatre sur six (six étant la plus mauvaise note). Pour Alfonso Gomez, «les places ne sont plus que des nœuds de circulation».

Déchets Avec un taux de recyclage inférieur à la moyenne suisse, la Ville de Genève est mauvaise élève en matière de gestion des déchets. Il n’y a pas assez de tri et trop de gaspillage. Pour Chiara Barberis, cheffe du service Agenda 21, qui a pour but d’agir sur la production et la consommation, «s’il y a un domaine où Genève peut s’améliorer, ce sont les objets à usage unique. Dans les manifestations, il faut plus promouvoir le réutilisable.» En outre, Genève est le dernier Canton à ne pas appliquer la taxe au sac.

Créé: 12.04.2019, 10h08

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