Genève s’entraîne pour faire face aux pires scénarios catastrophe

MenacesDurant cinq jours, des acteurs de la sécurité, l’armée suisse et des pompiers français seront engagés sur plusieurs sites.

Des soldats de l’armée suisses s'entraînent à la décontamination d'un véhicule militaire.

Des soldats de l’armée suisses s'entraînent à la décontamination d'un véhicule militaire. Image: PHOTO: CENTRE DE COMPÉTENCES NBC-DEMUNEX

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NRBC. Derrière cet acronyme se cachent de terribles fléaux nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques. Accidents, contaminations, attentats et actes terroristes ou sabotages de toutes sortes, les risques existent.

C’est pour y faire face que les spécialistes NRBC des forces de sécurité et de secours genevoises (pompiers professionnels du Service d’incendie et de secours, Brigade sanitaire cantonale, policiers spécialistes du déminage, etc.), mais aussi l’armée suisse et des pompiers de France voisine seront engagés sur le terrain ces prochains jours, plus précisément les 8, 9, 11, 12 et 13 novembre. Objectif: tester les dispositifs prévus en cas de catastrophe majeure, et au besoin les adapter.

Visibles sur l’espace public

«La gestion de crise est un enjeu majeur aujourd’hui, raison pour laquelle nous avons organisé six exercices, tous différents et le plus réalistes possible. Certains seront visibles sur l’espace public», informe le lieutenant-colonel Peter Brander, chef d’état-major EMCC à l’Office cantonal de la population et des affaires militaires.

Ce sera le cas au Stade de Genève le samedi 9, théâtre du plus gros engagement, qui regroupera quelque 350 personnes, ainsi que le mercredi 13. Il ne faudra donc pas s’alarmer si l’on voit des victimes gisant au sol, des camions de décontamination en pleine action et des troupes affublées de combinaisons inquiétantes.

Au CERN et chez Firmenich

Cela pourrait se passer du côté du CERN, où, lors de la matinée du mardi 12, le Globe de l’innovation sera le théâtre d’une intoxication de masse, simulée durant une conférence fictive. Les autres sites retenus sont la place d’armes d’Épeisses, la caserne des Vernets et le centre de protection civile de Bernex, ainsi que l’entreprise Firmenich de Meyrin, qui, comme le CERN, a accepté de jouer le jeu. L’usine de parfumerie sera d’ailleurs la première à être mise à contribution, ce vendredi.

La planification et l’organisation de ces exercices entre partenaires ont débuté en octobre 2018, mais «l’actualité nous aide et prouve qu’il faut s’entraîner et tester les outils du XXIe siècle», note Emmanuelle Lo Verso, chargée de communication au Département de la sécurité et de l’emploi. Elle fait notamment référence à la récente catastrophe survenue sur le site de l’usine Lubrizol, le 26 septembre à Rouen (F), où quelque 5253 tonnes de produits chimiques ont brûlé, ainsi que 4250 tonnes de produits dans des entrepôts de l’entreprise voisine Normandie Logistique.

Spécialistes et miliciens

«L’idée à Genève est d’exercer l’interopérabilité des forces sur le terrain au travers de divers scénarios, et dans la durée, précise le docteur Oliver Peric, coordinateur NRBC cantonal. Car si l’on sait comment réagir dès que survient un drame, il s’agit ensuite de faire face à ses conséquences, avec la mise à disposition de tous les moyens nécessaires. Ainsi, nous engagerons des spécialistes au début, puis des miliciens experts dans ce domaine. C’est pourquoi nous avons fait appel à la Compagnie 10/4 du bataillon NRBC de l’armée suisse.»

Afin de complexifier un peu les choses, il s’agit d’une troupe trilingue. Il est en effet plus difficile de se faire comprendre entre victimes et secours quand, parfois, on ne parle pas la même langue… Et de tester des dispositifs d’intervention complets quand on n’a pas une solide connaissance du terrain.

Chaîne de décontamination

«Nous jouerons des séquences, sinon il faudrait fermer des quartiers entiers pour être au plus près de la réalité, informe le lieutenant-colonel Brander. Mais toute la chaîne de la décontamination sera notamment testée.» De même que les conséquences de l’explosion d’une bombe radiologique sur la population.

On l’a compris, des dizaines de «plastrons», ou figurants, seront mis à contribution pour jouer les victimes. Ils seront maquillés pour l’occasion. Là encore, il ne faudra donc pas s’inquiéter si l’on découvre ici ou là quelques blessés sanguinolents… «Les seules choses que l’on ne peut pas vraiment entraîner, ce sont le stress des intervenants et les conséquences psychiques sur la population lors d’une catastrophe», conclut le Dr Peric.

À noter encore qu’en marge de cette série d’exercices, une importante conférence internationale sur la défense NRBC, réunissant des spécialistes du monde entier, se tiendra les 11 et 12 novembre à Genève.

Créé: 07.11.2019, 20h06

Alarme sur appli

L’application pour téléphones portables Alertswiss figure parmi les outils modernes en cas de catastrophe.

Certes, la population est alertée par les sirènes d’alarme, testées une fois par an, mais qui se souvient du bon comportement à adopter quand elles mugissent, par exemple, et en priorité, d’écouter la radio?

L’appli Alertswiss (infos sur www.alertswiss.ch) est complémentaire aux sirènes. Elle diffuse instantanément tous types de messages d’alerte. Elle a été lancée il y a un an par l’Office fédéral de la population. Des centaines de milliers de Suisses, dont environ 30 000 Genevois, l’ont déjà téléchargée.

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