Genève régule sa faune sans chasseurs

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Parler de gestion de la faune, c’est voir ce que vivent les agriculteurs, premiers impactés par les espèces susceptibles de causer des dégâts. Ils représentent un millième de la population mais entretiennent nos campagnes et produisent les aliments locaux. À Genève, les dommages aux cultures sont gérés et les agriculteurs sont au fait des mesures importantes que l’État déploie pour cela.

Des questionnements sur les coûts de cette gestion avaient émergé en 2012. L’objectif est d’informer sur ce que vaut cette gestion: un million. Moins d’un café par citoyen genevois (2 fr. 20). Un cinquième de cette somme sert à compenser les dégâts et à indemniser le temps de pose des clôtures par les agriculteurs. Presque la moitié du budget est destinée à la protection des dégâts par tous les moyens envisageables. Et ils le savent bien, s’étant habitués aux clôtures (70 km traversent le canton), testant épouvantails de toutes sortes (ballons, cerf-volant, etc.) et effarouchement (émetteur sonore, fauconnier, tirs, etc.).

La difficulté de trouver des mesures efficaces pour diminuer les dommages des oiseaux s’est fait ressentir. L’art des corneilles pour déterrer les semis a été souligné. Cette espèce, dont les dégâts ne sont pas indemnisés, s’habitue très rapidement. Les tirs d’effarouchement par des tiers (qui ont pour objectif de déplacer les populations) sont peu efficaces car très vite les oiseaux reconnaissent la voiture et s’envolent dès l’approche de l’agriculteur assermenté. Une mobilisation avec les protecteurs a été évoquée pour réduire ces populations vu leur impact sur d’autres oiseaux (mésanges et autres passereaux). Un tiers des dégâts est aujourd’hui dû aux pigeons ramiers sur les semis et les récolte (56 000 fr.).

Les oiseaux sont les animaux qui ont actuellement le plus d’impact sur les cultures, sachant que les sangliers sont aujourd’hui bien maîtrisés. Même si les suidés continuent de profiter des ressources aux alentours de la réserve de l’Etournel, viennent dans les champs lorsque la terre est meuble (après le semis) et dans les herbages (travail peu indemnisé bien qu’équivalent à d’autres cultures), ils créent bien moins de dégâts (26 000 fr.) que du temps des revendications (680 000 fr. de dégâts en 2001). Le cas de régions voisines a été évoqué avec cette espèce difficile à gérer et des dégâts peu remboursés.

Tous sont conscients que même si cela coûterait moitié moins d’avoir des chasseurs, leur mission serait difficile à exécuter dans un canton si fréquenté où irrespect, voire vandalisme, existent. Panneaux détruits, clôtures coupées, pétards critiqués et carabines d’effarouchement mal considérées. En revanche les mesures déployées à Genève seraient difficilement transposables sur un territoire plus grand (que 15 000 ha non urbanisés).

Sujet qui invite à discuter de la cohabitation. À s’informer sur les mesures qui permettent aux agriculteurs de côtoyer la faune. La connaissance pouvant se substituer aux croyances et forger des opinions avisées.

La régulation de la faune coûterait moitié moins par des chasseurs, mais… (TDG)

Créé: 19.12.2018, 15h29


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