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Genève fait ses premiers pas vers la ville intelligente

Détecteurs de places, éclairage modulé pour plus de sécurité ou cadastre du bruit: la technologie doit contribuer à rendre la ville plus agréable

Ces capteurs qui signalent des places de stationnement libres font partie des équipements de la ville intelligente.
Ces capteurs qui signalent des places de stationnement libres font partie des équipements de la ville intelligente.
lucien fortunati

Quatre cent cinquante personnes et autant de matière grise pour penser la «ville intelligente» (smartcity). La quatrième édition du Smart City Day a attiré la foule la semaine passée à la Haute Ecole du paysage, d’ingénierie et d’architecture (HEPIA). L’occasion de décrypter un concept parfois nébuleux, bien qu’aujourd’hui incontournable, et de se pencher sur les initiatives qui peuvent rendre Genève plus «smart».

La smartcity est un concept urbanistique qui vise à trouver comment utiliser plus efficacement les ressources d’une ville dans divers domaines (mobilité, santé, énergie) en les couplant aux nouvelles technologies. Le but: offrir aux citoyens de meilleures conditions de vie et favoriser le développement durable et économique. La Suisse a pris le train en marche et l’Office fédéral de l’énergie a lancé l’an passé une initiative pour soutenir les villes en leur fournissant une expertise et une aide financière.

Pas tout à fait «smart»

A Genève, on n’est pas encore tout à fait «smart», souligne Giovanna Di Marzo Serugendo, professeure d’informatique et directrice du Centre universitaire d’informatique de l’Université de Genève. «Nous sommes bien cotés pour ce qui est de la connectivité, au sens de la disponibilité de connexion à Internet. Mais ce n’est pas ça une smartcity. C’est une ville où on a développé des services qui, grâce aux technologies mais pas uniquement, permettent d’améliorer la qualité de vie du citoyen dans divers domaines comme la mobilité (facilités de parking), la santé, la gouvernance (optimisation du processus participatif), entre autres. Et là, Genève fait moins bien que des villes comme Nice ou Singapour.»

Pas encore «smart», mais une volonté politique forte de le devenir. D’une part avec le projet Smartcanton, lancé par le Département de la sécurité et de l’économie (DSE) en 2016. «Il vise à développer une gestion du territoire plus intelligente et plus durable. En créant un réseau et des services destinés à soutenir des projets et à leur permettre de se concrétiser, notamment au moyen d’une infrastructure de réseau bas débit ainsi qu’une plate-forme de mise à disposition de données numériques», indique Nicolas Bongard, délégué au développement économique au DSE. D’autre part, le Canton est impliqué dans les projets émanant d’initiatives publiques ou parapubliques. En 2016, ces projets étaient au nombre de deux. Cette année, il y en a plus d’une dizaine. «On constate une véritable montée en puissance», souligne le délégué. Et de citer quelques exemples en cours de développement.

Des places contre la pollution

Le projet Presto Park d’abord. A Carouge, l’entreprise genevoise IEM a installé des capteurs sur les places de parking pour détecter l’arrivée et le départ d’un véhicule. «Notre objectif, encore en phase de développement, est que les places disponibles soient indiquées aux conducteurs sur des panneaux ou grâce à une application sur le natel», explique Philippe Menoud, directeur d’IEM.

Le bénéfice? «Réduire la pollution et améliorer la mobilité – des études ont estimé que les conducteurs qui cherchent une place représentent 30% du trafic.» En ville de Genève, 650 capteurs du même type ont été installés, «pour l’instant à des fins de récolte de données». Des discussions sont en cours avec plusieurs communes pour développer le concept.

Cartographier le bruit

Autre projet, toujours à Carouge, avec la start-up OrbiWise et les Services industriels de Genève (SIG): 1000 capteurs vont être installés pour récolter des données permettant d’établir un cadastre du bruit et une évaluation précise des besoins: où diminuer la vitesse maximale, où poser du phonoabsorbant, etc. La transmission de ces données est rendue possible par le réseau de fibre optique des SIG.

«Nous avons un réel potentiel d’implication dans cette dynamique de ville intelligente en tant que partenaire technique», soutient Christian Brunier, directeur général des SIG. Grâce à leur réseau, mais aussi aux relevés de compteurs d’eau et d’électricité. «Ces données servaient auparavant seulement pour la facturation. Elles sont maintenant également utiles pour conseiller personnellement les habitants afin de les aider à mieux consommer.»

Réverbère contre insécurité

Et Nicolas Bongard de citer encore un autre projet, en lien direct avec la sécurité: la modulation de l’éclairage public selon les zones. «C’est déjà le cas dans plusieurs communes, poursuit le directeur général des SIG, qui en sont les exploitants. L’éclairage est, par exemple, plus puissant dans une zone où un sentiment d’insécurité et des incivilités ont été constatés, et plus faible dans une zone où la faune est présente.»

Enfin, dans l’optique d’optimiser la participation citoyenne, un espace de rencontre sera bientôt mis à disposition par le Canton à la rue David-Dufour pour les acteurs intéressés à échanger sur les thématiques de la ville de demain et les démarches participatives.

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