Que faire pour Genève? Onze candidats sur le gril

Élections cantonalesLes candidats au Conseil d’État en lice pour le second tour des élections s’affrontent devant un public attentif.

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Organisé par la «Tribune de Genève» et Radio Lac, animé par leurs rédacteurs en chef respectifs, le débat entre les onze candidats au second tour de l’élection du Conseil d’État démarre en trombe: 50 000 logements d’ici 2030 à Genève.

Crédible? «Il en reste 40 000 à faire, on n’y arrivera pas, prévient le candidat Vert Antonio Hodgers. Il faudrait aussi rééquilibrer les types de construction en faveur de la classe moyenne.» Le magistrat pique le PLR, accusé de n’avoir pas soutenu la loi Longchamp. Nathalie Fontanet (PLR) proteste: elle défend la position du parti, puis ajoute: «Nous souhaitons maintenir une zone villas et une zone ordinaire qui permette de construire sans trop de contraintes.» Un point d’accord: «On a exporté hors du canton trop de nos concitoyens.»

Équilibre des impôts

Les finances publiques? Le grand argentier PDC Serge Dal Busco défend le taux d’imposition des entreprises voulu par le Canton: 13,49%. Il explique qu’il est correct en comparaison intercantonale, mais que ce taux n’est pas une fin en soi, c’est un moyen de conserver des emplois. Jocelyne Haller (EàG) monte aux barricades: «Les successions fiscales opérées depuis vingt ans diminuent les recettes d’un milliard par an et les prestations se réduisent. Comment continuer?» «Le bon taux sera celui qui assurera les prestations et le maintien des emplois. Il faut un accord politique, corrige la socialiste Anne Emery-Torracinta. Mais la population augmente, la population vieillit, il faut aussi des garanties.»

La baisse de l’imposition ne fait pas peur à l’UDC Yves Nidegger: «Sur le fond, il n’y a pas de problème à baisser les impôts d’un état plus obèse que svelte.»

La formation est au centre du troisième débat. Un millier de jeunes quitte l’école sans diplômes. Que faire? La cheffe de l’Instruction publique Anne Emery-Torracinta évoque un effort accru pour l’école primaire. Nathalie Fontanet défend la restauration de l’autorité de l’État dans les classes: «Des professeurs sont battus en classe et n’ont pas le soutien de leur hiérarchie. Certains enfants doivent aller dans des écoles spécialisées.» Anne Emery-Torracinta fronce les sourcils: «La société a changé. Il faut des psychologues et des éducateurs dans les écoles pour encadrer les élèves, et ce n’est pas la droite qui vote ces mesures». Mais Serge Dal Busco rappelle que «500 postes supplémentaires ont été votés pour l’école durant la législature».

Santé et emploi

La santé. Trois combats sont à mener, énumère Mauro Poggia (MCG): mettre fin à l’opacité comptable des caisses maladie, lutter contre les coûts, changer le financement à la charge des gens et des cantons. Le socialiste Thierry Apothéloz se dit en faveur de l’initiative de la gauche qui vise à plafonner les primes à 10% du revenu. Paul Aymon, dit le Prophète, s’en prend aux médicaments.

En matière d’emploi, Mauro Poggia vante la «préférence cantonale» pour les demandeurs d’emplois locaux. Thierry Apothéloz défend des mesures spécifiques pour certaines catégories à risque, mais estime qu’il ne faut pas se réfugier derrière la préférence cantonale. Il appelle à des mesures de formations qualifiantes fortes pour les chômeurs. Pour Jocelyne Haller, «la pauvreté augmente: plus de 14% des personnes ne peuvent boucler leurs budgets sans aide». Une solution? Un salaire minimum, des contrôles accrus. Willy Cretegny défend la possibilité des producteurs de s’entendre sur un juste prix à la production.

Lourd regard d’Hodgers

La mobilité. L’offre des transports publics a baissé de 6%. Luc Barthassat (PDC) rappelle que c’était lié à la baisse des revenus des TPG. Mais c’est du passé, car l’offre reprend l’ascenseur. Il défend son bilan et notamment l’accord sur la mobilité passé durant la législature. Mais Antonio Hodgers rétorque que le modèle à suivre, c’est Zurich, Bâle, Berne. «Il faut prévoir les infrastructures de demain et pousser la mobilité douce en ville. Il faut des priorités claires.» Luc Barthassat reprend la parole et défend son bilan. «Sur les crédits à Berne, il faut qu’on se mette ensemble au boulot», ajoute Antonio Hodgers en jetant un regard lourd à son collègue.

Le débat va-t-il déborder? Non. À deux semaines des élections, les candidats sont visiblement fatigués et n’ont guère envie de se chercher noise. Même une brève question sur la traversée du lac ne soulève pas les passions. Le débat se clôt sur les questions nourries du public, soit environ 300 personnes.

Créé: 20.04.2018, 07h37

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