Genève lance «Picasso à l’œuvre dans l’objectif de David Douglas Duncan»

BEAUX-ARTS L’exposition imaginée par Stephanie Ansari et Tatyana Franck arrive au Musée d’art et d’histoire après avoir passé par Málaga, Münster et Roubaix.

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Nous sommes le 8 février 1956. David Douglas Duncan, qui va avoir 40 ans, se présente devant la Villa La Californie. Une sorte de pâtisserie 1900 toute blanche, située à Cannes. C’est là que vit Picasso. Il aurait dû rencontrer le peintre plus tôt, par le truchement de son collègue Robert Capa. Las! Le photoreporter est mort. L’homme n’a pour pénétrer dans cette forteresse que sa bonne mine et un cadeau. Un anneau orné d’une intaille.

C’est un bon jour. Non seulement Jacqueline, la compagne du maître, lui ouvre, mais elle le fait monter jusqu’au premier étage. Picasso prend son bain. Il reçoit le présent et lui permet de prendre sa première photo. Là, tout de suite. Dans la baignoire. Il y en aura 20 000 autres en dix-sept ans. Une camaraderie, puis une réelle amitié se noueront entre les deux hommes en dépit de la langue. Picasso ne sait pas l’anglais. Duncan ne connaît aucun mot de français. «Nous ne communiquions, à vrai dire peu, qu’en espagnol.»

Le tableau en train de se faire

L’Américain, 96 ans, est venu à Genève pour marquer l’ouverture de la quatrième (et dernière) étape de «Picasso à l’œuvre dans l’objectif de David Douglas Duncan». L’idée, imaginée à Genève par Stephanie Ansari et Tatyana Franck, était de rapprocher les images, qui montrent l’artiste dans sa vie quotidienne, avec les œuvres entraperçues dans celles-ci. Un concept très intellectuel, finalement. Un des temps forts devait être «Les baigneurs à la Garoupe» (1957), donné au Musée d’art et d’histoire de Genève par Marina Picasso en 1984. Duncan a en effet photographié le tableau en train de se faire, comme Dora Maar avait fixé sur pellicule les étapes créatives de «Guernica» en 1937.

L’exposition prévue par la spécialiste de Duncan et la responsable des archives de Claude Picasso, a été proposée à Málaga et à Münster, qui possèdent toutes deux un musée Picasso, ainsi qu’à La Piscine de Roubaix. Acceptées! Genève s’est greffée par la suite. Nouvelle directrice du «pôle beaux-arts», Laurence Madeline a en effet travaillé dans sa jeunesse au Musée Picasso de Paris. Elle s’est promue «commissaire générale». «Nous sommes très contentes que cette idée, partie de Genève, y revienne», déclare cependant Tatyana Franck.

De la peinture à la céramique

La rétrospective, proposée dans un rez-de-chaussée soumis à des conditions de sécurité toutes particulières (alors que le Louvre n’en a prévu aucune de spéciale pour Raphaël!) met donc en regard des photos et des originaux en tous genres. Les années 1950 sont en effet celles où Picasso peintre, sculpteur et graveur, se découvre une vocation de céramiste. Il aurait fallu que les relations soient évidentes et séduisantes. La scénographie de Cédric Guerlus se révèle hélas lourde et laide, l’accrochage un peu confus et les éclairages discutables.

Le meilleur de l’entreprise réside sans doute dans le remarquable catalogue. Précisons que ce dernier, conçu pour La Piscine de Roubaix et distribué par Flammarion, sera remplacé par un ouvrage modifié pour Genève, voulu par Laurence Madeline. La version rapetassée n’est hélas pas tout à fait prête. On l’attend pour début novembre.

Pratique

«Picasso à l’œuvre dans l’objectif de David Douglas Duncan», Musée d’art et d’histoire, 2, rue Charles-Galland, Genève, du 30 octobre au 3 février. Pour le livre, il y a toujours le beau catalogue distribué par Flammarion, 280 pages.

(TDG)

Créé: 29.10.2012, 14h01

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