Genève emmène la Suisse en bateau

Festivités du bicentenaireLes autorités des 26 cantons suisses ont participé à la cérémonie du bicentenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération.

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«Merci à Genève de permettre aux citoyens du Monde d’avoir envie de se sentir Genevois.» La phrase est de Didier Burkhalter, président de la Confédération, venu célébrer aujourd’hui, l’entrée du canton dans la Confédération en 1814. Réunis sur le bateau Lausanne en début d’après midi aux Pâquis, les autorités des 26 cantons suisses et le Président ont été chaleureusement accueillis par le conseil d’Etat, presque in corpore. Décontracté, Didier Burkhalter s’est volontiers prêté au jeu des photos et des discussions informelles avec les élus fédéraux et cantonaux. Lançant même un «Il fait tellement beau, on serait bien dans l’eau.» Le prenant au mot, une Genevoise lui suggère de revenir pour la Coupe de Noël, le Neuchâtelois trouve l’idée sympathique et promet d’y penser. Les huissiers des 26 cantons colorent cette assemblée installée sur le pont supérieur.

Les 26 sceptres suisses

Derrière le Président, le capitaine Jean Martial Mercanton réunit tous les huissiers munis de leurs magnifiques sceptres pour une photo de famille, au milieu de laquelle trône fièrement le marin. La scène amène son lot de séquences insolites. Tout le monde essayant d’immortaliser le moment avec son Smartphone, parfois depuis un banc à l’équilibre précaire.

Après une allocation de bienvenue du Président du Conseil d’Etat, François Longchamp, tout le monde est retourné à quai pour monter à bord d’un autre bateau, nettement plus petit. Cap vers le port Noir. Mais après quelques minutes de navigation, le capitaine annonce que la précision helvétique n’est pas de la partie. «Nous sommes en avance sur le programme, le défilé n’est pas encore arrivé, nous avons le temps d’aller à la rencontre des six barques historiques qui participeront à la régate de dimanche.»

Le bateau officiel, escorté par des navettes de la police qui refrénaient les ardeurs des embarcations qui osaient s’approcher, a viré de bord. Un détour qui a particulièrement ravi la première dame que Didier Burkhalter a immortalisé en passant devant la célèbre Neptune genevoise.

Pierre Maudet sur la rive gauche

Au Port Noir, c’est le conseiller d’Etat manquant, Pierre Maudet qui a accueilli ses collègues suisses avec un solennel: «Bienvenue sur la rive gauche.» Sur les gradins, députés, maires, conseillers municipaux, autorités ecclésiastiques, militaires, judiciaires et religieuses avaient déjà pris place, en compagnie de nombreux anciens conseillers d’Etat. Des sièges en plein soleil, où chacun rivalisait d’astuce pour ne pas rôtir. Prospectus devant les yeux pour la Chancelière Anja Wyden, casquette bleue conférant un petit air princier d’Albert de Monaco au Procureur général Olivier Jornot ou encore l’usurpation de la place de la maire de Genève, Sandrine Salerno, par le député Pierre Weiss qui avait repéré un petit coin d’ombre.

La richesse de la diversité helvétique

Pour clore cette première cérémonie officielle du week-end, François Longchamp et Didier Burkhalter ont tous deux souligné les valeurs d’indépendance, de solidarité et de complémentarité entre les régions qui sont le fondement du pays. Pour François Longchamp, Genève a choisi en la Suisse en 1814 un Etat stabilisateur. «Mais 200 ans après une partie des Helvètes a souverainement choisi de prendre le risque de se priver des apports d’une autre libre circulation, en isolant la Suisse du continent.» Le président genevois a rappelé qu’il arrive parfois que le peuple bride les libertés qu’il s’est lui-même données. «C’est un signe douloureux de voir son pays se diviser sur des choix essentiels. C’est dans ces moments qu’il convient de se souvenir des valeurs qui ont fondé notre existence commune.»

Pour illustrer la richesse de la diversité helvétique, le président de la Confédération a passé la journée avec Louise Morand, 16 ans, de Genève et Kathrin Wyss 21 ans, d’Appenzell, à qui il a demandé de décrire leur vision de ces deux cantons et de la Suisse. Entre Landsgemeinde et traditions, les deux jeunes filles expriment deux régions diamétralement opposées, mais complémentaires par leurs traditions. «Ce sont ces différences qui tiennent la Suisse ensemble.»

Créé: 31.05.2014, 21h37

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