A Genève, des élus de tout bord veulent changer le système

SantéD'Ensemble à Gauche à l’UDC, des députés imaginent des solutions pour enrayer la hausse des primes.

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Il y a deux ans, Genève s’étranglait en voyant la prime moyenne s’élever au-dessus de 500 francs. En 2018, «la plupart des primes dépasseront 600 francs», déplore le conseiller d’Etat Mauro Poggia (lire aussi en pages 4 et 5). «Stop!» s’exclament des élus de tout bord. Tous veulent en finir avec un système qui conduit les assurés à débourser toujours davantage pour se faire soigner.

Pour enrayer cette «spirale infernale», selon les mots du député Christian Frey, plusieurs solutions sont envisagées. Le socialiste relève que le Grand Conseil partage une «quasi-unanimité sur le sujet: le PLR et l’UDC sont d’accord sur le constat mais ne disposent pas de relais au niveau fédéral pour faire passer le message».

Cette remarque faite, le député aimerait que Genève puisse mieux analyser les primes proposées, chaque été, par l’Office fédéral de la santé publique. C’est aussi l’idée du PDC Bertrand Buchs, qui a déposé une motion pour que la Cour des comptes «vérifie que les cantons ont les moyens de contrôler ces hausses de primes. En réalité, ils n’en ont aucun. Quand ils demandent des renseignements, rien ne leur est transmis. On aimerait que la Cour des comptes réclame ces éléments à la Confédération et aux assurances.»

Caisse de compensation

A moyen terme, l’initiative fédérale visant à créer une caisse cantonale de compensation séduit tant les politiques, de gauche à droite de l’échiquier, que les professions de la santé. Conçue par la Fédération romande des consommateurs, l’initiative sera lancée aujourd’hui par Mauro Poggia et Pierre-Yves Maillard à Berne. Dans ce système, l’assuré paie sa prime à son assureur. Cet argent est reversé à la caisse cantonale qui le redistribue ensuite aux assureurs en fonction de leurs frais.

«Cela permettrait d’y voir plus clair sur les sommes en jeu. Le canton fixerait la prime, qui serait la même pour tous», indique Bertrand Buchs. Ce gain de transparence séduit également l’UDC Thomas Bläsi, qui rappelle l’argent payé en trop par les Genevois et dont moins de la moitié a été remboursée. Il pointe aussi le problème des réserves excessives des caisses.

Solutions locales

«La question des réserves est très problématique, approuve Jocelyne Haller, députée d’Ensemble à Gauche. On nous dit que les coûts étranglent le système alors que ces réserves suffiraient à le faire tourner.» Constatant que plusieurs projets ont été retoqués au niveau fédéral, elle appelle à «trouver des solutions plus locales». A cet égard, les Genevois voteront sur l’initiative du Parti du travail qui vient d’aboutir et qui vise à créer une caisse publique genevoise. Cette caisse, prenant la forme d’un établissement public autonome, offrirait les mêmes prestations que les caisses privées. Autre piste: accorder des subsides à tous les foyers dont les dépenses de prime maladie dépassent 10% du revenu. «Mais on ne touche pas à l’origine du problème, qui est la spéculation à laquelle se livrent les caisses.»

Le président des Verts genevois, Nicolas Walder, veut aussi changer le système. Il appelle à davantage de solidarité, en liant la prime au revenu et en créant une caisse unique, de préférence nationale. Selon lui, cela tirerait les primes vers le bas.

Limiter l’offre

A droite, on avance d’autres solutions. Pour la députée PLR Nathalie Fontanet, l’augmentation des primes est liée à celle des coûts de la santé. Il faut donc agir en profondeur, voter une loi «responsabilisant» les acteurs sans pour autant restreindre la qualité des soins.

«Aujourd’hui, le patient se dit qu’il paie suffisamment cher pour ne pas se limiter. Et on le comprend! Une piste serait peut-être de passer systématiquement par un généraliste avant de consulter un spécialiste. De son côté, l’assureur devrait assumer une responsabilité en termes de santé publique – s’intéresser à ce que la population soit en bonne santé. Quant aux médecins, ils devraient endosser une responsabilité financière. Une meilleure collaboration entre hôpitaux publics et privés permettrait de ne pas démultiplier l’offre à l’infini.»

Limiter une offre médicale jugée «beaucoup trop importante» semble aussi indispensable au médecin Bertrand Buchs. «Une nouvelle loi fédérale est en consultation, qui devrait permettre aux cantons de limiter le nombre de spécialistes. A Genève, nous avons trop de scanners, trop d’IRM. On obtient des rendez-vous dans la journée. C’est du jamais-vu!» A terme, le député appelle aussi à réviser le financement de l’ambulatoire, afin qu’une partie de la facture soit payée par le canton. (TDG)

Créé: 28.09.2017, 18h41

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