Genève, cancre des villes suisses selon un think tank libéral

RankingAvenir Suisse publie une étude détaillée sur le potentiel d’évolution de dix grandes villes du pays. Genève figure en queue de liste.

Image: Lucien Fortunati / Archives

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

À lire le résultat du monitoring du groupe de réflexion libéral Avenir Suisse, la Ville de Genève est un cancre dans quasiment tous les domaines. Administration, développement urbain, marché du logement, mobilité, politique sociale, conciliation entre travail et vie privée, etc. Genève serait à la traîne partout. Un système de notation établi par les auteurs de l’étude juge les dix plus grandes villes de Suisse, à partir de chiffres disponibles en open source et des réponses des administrations questionnées à travers un formulaire.

Une lecture «avec des lunettes libérales», précise Jérôme Cosandey, directeur romand d’Avenir Suisse. Car le but de l’étude est de promouvoir le développement de «villes intelligentes (smart cities) libérales», et de proposer une alternative à «la politique bourgeoise traditionnelle et rurale déconnectée des besoins de la population urbaine» et à «la politique urbaine gauche-verte favorisant un clientélisme local», lit-on. En clair, elle cherche à «inspirer des élus non rouges, Verts ou roses pour leur donner des solutions libérales aux défis à venir», complète Jérôme Cosandey. Entendez par là notamment vieillissement de la population, migration et digitalisation.

On apprend ainsi que Genève accuse la plus lourde augmentation des coûts administratifs. «Rien qu’entre 2010 et 2016, ils ont augmenté de plus de 10% par habitant. De plus, les salariés de la Municipalité sont plus souvent malades que la moyenne», lit-on. Faut-il comprendre que la gestion est mauvaise, faisant ainsi exploser l’absentéisme? «On met le doigt sur des choses qui ne sont pas inhérentes à la fonction publique. Dans les grandes administrations, un fort taux d’absentéisme est curieux», commente Jérôme Cosandey. Mais Lausanne fait office d’encore plus mauvais élève, puisque les employés municipaux y prennent «13,2 jours de congé maladie par an, soit cinq jours de plus que la moyenne des les administrations suisses.»

Si l’étude, qui a nécessité un an de travail pour trois personnes à mi-temps, offre l’avantage de comparer différentes méthodes et solutions proposées par les villes – Jérôme Cosandey parle de «laboratoires urbains» – ses résultats sont toutefois à remettre dans leur contexte.

La Ville de Genève écope par exemple de la plus mauvaise note par rapport à sa politique d’intégration. Difficile à concevoir dans une ville politiquement située à gauche. Selon les résultats, il n’existerait par exemple aucun cours de langue proposé aux réfugiés. Or, l’Université et l’UPCGe, pour ne citer que ces deux institutions, en dispensent. Comment se fait-il qu’ils ne soient pas pris en compte? Ce résultat s’explique par la formulation fermée de la question posée aux administrations, qui était la suivante: «Proposez-vous des cours obligatoires aux réfugiés avec un test final?» reconnaît Jérôme Cosandey. La répartition des tâches entre Ville et Canton n’est également pas prise en compte, ce qui donne un résultat nul aux «projets d’intégration sur le marché du travail».

Les «lunettes libérales» influent notamment sur les questions de mobilité. Genève est ainsi mal notée en raison de la faible participation des usagers des transports publics à la couverture des frais (48%). L’étude pénalise donc Genève dans son ranking à cause de la décision populaire de réduire le coût des billets de bus. Les Genevois votent-ils mal, selon Avenir Suisse? Le doute qu’émet l’étude quant à la représentativité des gouvernements des villes par rapport à leurs populations répond de lui-même: «Alors que les grandes villes suisses sont devenues des villes globales, le personnel politique, l’administration et l’électorat continuent d’être dominés par des résidents établis de longue date. Si l’on soustrait les étrangers sans droit de vote, les mineurs et les non-votants, la proportion de citoyens politiquement actifs dans la population urbaine est de 20% à Genève.» (TDG)

Créé: 31.10.2018, 09h25

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...