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La Genève de Calvin s'exporte sur le Net

Les 182 registres de l’Eglise protestante ont été numérisés et mis en ligne. Des chercheurs américains sont ravis.

Un registre des baptêmes et mariages de l'époque de Calvin.
Un registre des baptêmes et mariages de l'époque de Calvin.
Laurent Guiraud

Ils sont vaillants, capables de surmonter les siècles et les multiples séances de consultation. Mais les registres de l’Eglise protestante de Genève, dont les premiers datent du XVIe siècle, ne sont pas éternelles. Alors pour protéger ce patrimoine unique, les archives d’Etat ont conduit une opération d’envergure pour numériser l’intégralité des 182 registres. Elle s’est terminée il y a quelques mois, et les ouvrages sont désormais passés de la page papier à la page Internet.

Les archives de l’Eglise regroupent d’une part les registres du Consistoire, organe composé de magistrats, d’anciens et de pasteurs qui surveille et sanctionne tout comportement contraire aux bonnes mœurs. D’autre part, elles incluent les délibérations de la Compagnie des pasteurs. Composée par les pasteurs de la ville et de la campagne, la Compagnie gère le culte, se charge de l’organisation de l’église et de l’enseignement religieux, entre autres. Dans ces registres, on parle donc d’adultère, de répression de la mendicité, de danses, de chansons, de guérisseurs, de devins et de jeux. «C’est un patrimoine unique en Europe, tout a été conservé depuis 1542, il n’y a que Nîmes qui possède de telles archives ecclésiastiques», indique Anouk Dunant Gonzenbach, archiviste.

Et de préciser: «Ces documents appartiennent à l’Eglise protestante de Genève (EPG) mais sont en dépôt aux archives d’Etat. Fin 2011, l’EPG s’est inquiétée de leur état car ils n’avaient jamais été restaurés et se dégradaient. Elle crée alors une association pour lever des fonds privés afin de permettre leur restauration et leur numérisation.» Des milliers d'heures de travail ont ainsi pu être rémunérées. L’opération de numérisation est confiée à des spécialistes en Thurgovie. «C’était vraiment stressant de voir partir les camionnettes avec les registres, j’avais demandé qu’il y ait deux chauffeurs pour que les ouvrages soient en permanence surveillés! raconte l'archiviste. Ça peut prêter à sourire mais c’est un patrimoine unique.»

Quant au travail de restauration, il est effectué par des restaurateurs mandatés et a lieu dans l'atelier des Archives d'Etat. Les tranches sont redressées, les pages trouées sont colmatées, les couvertures sont consolidées. Ce délicat travail doit en plus répondre à une exigence: toute restauration doit être réversible. «Si dans quinze ans on s’aperçoit que telle réparation endommage le registre et a fait des dégâts, elle doit pouvoir être ôtée…» La moitié des registres attend encore de passer sur le billard. En revanche, la numérisation est, elle, terminée: 55 000 images au total!

Les registres sont désormais pérennisés, protégés (ils dorment à l’abri en sous-sols et ne sont plus consultables) et accessibles au monde entier via Internet. «Ils sont super consultés! Surtout aux Etats-Unis où l’intérêt pour ces documents est vraiment important, la volonté de remonter aux sources du calvinisme est forte, en raison du développement de branches protestantes, comme les pentecôtistes.»

Les archives de l’Eglise ne sont pas les seules à devenir pérennes grâce à la technologie. Les registres du Petit Conseil, jusqu’en 1840, ont été numérisés il y a cinq ans, tout comme les répertoires de l’état civil.

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