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Genève boucle ses comptes 2017 en noir

Alors qu'un déficit de 80 millions était attendu, le Canton réalise un excédent de 69 millions.

Serge Dal Busco, conseiller d’État responsable des Finances.
Serge Dal Busco, conseiller d’État responsable des Finances.
Keystone

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Les députés avaient voté dans la douleur un budget 2017 déficitaire. Un an plus tard, il boucle sur un excédent de 69 millions. «C’est un résultat satisfaisant», explique sobrement le ministre des Finances, Serge dal Busco, en présence de ses six collègues réunis à la salle des fiefs.

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Le Conseil d’État lie ce résultat à la croissance de ses revenus de 2%. Sous-estimant un peu leur croissance, il avait tablé sur des entrées de 8,06 milliards, stables par rapport à 2016. Le fisc en a finalement reçu 8,25, grâce notamment à la hausse du produit de l’imposition sur les personnes physiques de 112 millions (+6%) liée à l’augmentation des déclarations spontanées touchant la fortune des contribuables. L’année phare de la Banque nationale et une amende record de plusieurs dizaines millions ont fait le reste. Mais la hausse des revenus du Canton a été freinée un mouvement inverse sur l’impôt des entreprises. Alors que le budget tablait sur une très légère hausse, ce fut finalement une baisse de 3,7% par rapport aux comptes 2016. Enfin, les impôts immobiliers et ceux sur les successions baissaient également, tandis que la mesure visant à faire transférer par les employeurs les certificats de salaires de leurs employés directement au fisc, qui devait rapporter 16 millions, n’a finalement pas pu être mise en œuvre.

Les dépenses progressent de 1,9% par rapport à 2016 pour atteindre 8,14 milliards. En leur sein, celles liées au personnel ont augmenté à de 3,4% suite à la création de 219 nouveaux postes. Et les subventions ont cru de 2,4% à à 3,9 milliards. L’augmentation des frais de personnel a été partiellement compensée par des millions grignotés ici ou là sur les charges financières ou les charges d’exploitation. Comme le président du Conseil d’État, Serge Dal Busco salue la décision d’introduire un plan d’économie en 2015, comprimant les dépenses de 350 millions sur la législature. Mais l’essentiel est peut-être ici: les investissements cantonaux étant autofinancés depuis trois ans et les résultats des comptes corrects, la dette diminue pour s’établir à 12,4 milliards au 31 décembre, ou à 11,8 milliards en moyenne annuelle. Ce n’est pas rien. Au début de la législature, elle flirtait encore avec le seuil du frein à l’endettement fixé à 13,3 milliards.

Signalons enfin qu’en 2017, les investissements bruts ont atteint 630 millions. Ils ont financé des dépenses en faveur de la mobilité, de la formation et de la santé. Il s’agit des projets du Ceva, du dépôt des TPG «En Chardon», des LUP, du CMU etc. Si 2017 boucle sur des chiffres positifs, 2018 pourrait toutefois rester en rouge. Avec un déficit de 187 millions prévu au budget, la pente à remonter pour atteindre l’équilibre sera plus raide que celle de 2017.

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Serge Dal Busco salue un résultat satisfaisant

Le ministre des finances Serge dal Busco revient sur les budgets de la législature. Interview.

Serge Dal Busco, les comptes cumulés depuis le début de la législature sont positifs pour 102 millions. Un succès?

C’est un résultat satisfaisant. Malgré une conjoncture peu dynamique, marquée par la fin du taux plancher en 2015, nous avons tenu les finances et en particulier les dépenses de fonctionnement. Quant à l’excédent cumulé sur la législature de 102 millions, il aurait pu être encore plus important si nous n’avions pas, sagement, dû provisionner 400 millions pour la CPEG. À l’époque, le Conseil d’État avait été vivement critiqué, mais étonnement, je n’entends plus rien à ce sujet.

Mais les charges sont passées de 7,9 à 8,15 milliards en quatre ans...

Sur l’ensemble de la législature, l'évolution des charges a pu être contenue à 0,9% par an en moyenne. C’est un très bon chiffre. Ce résultat a été rendu possible notamment grâce au plan de mesures que nous avons lancé fin 2015 et qui a permis d’économiser 340 millions. Le fait d'avoir réussi à baisser la dette d'un milliard en quatre ans nous donne de la marge de manœuvre. C'était mon objectif. Mais je m'inquiète de la forte progression des dépenses sociales qui atteint +4% en moyenne. Des réformes devront être entreprises dans ce domaine lors de la prochaine législature.

La dette baisse légèrement, les dépenses sont tenues, mais les recettes progressent très faiblement depuis quatre ans. C’est une rupture?

Effectivement. Avec 0,3% de croissance annuelle, la progression a été faible. Mais je suis assez optimiste quant à l’avenir. Les dépenses ont été tenues, la dette a diminué en période de faible croissance et, dans le même temps, nous avons réussi à maintenir les investissements à un niveau élevé. Près de 2,4 milliards ont été dépensés sur la durée, notamment dans les domaines de la mobilité, de la formation et de la santé. Cela permettra d'améliorer la qualité de vie des Genevois. J'en suis persuadé. Si la croissance reprend, et les indications vont en ce sens, et que nous continuons à tenir nos dépenses, nous arriverons en bonne forme pour absorber la réforme de l’imposition des entreprises, celle de la CPEG et la réforme des salaires à l’État (Score).

Les chiffres sont bons, mais votre dernier budget, celui de 2018, prévoit un déficit de 180 millions. Cela commence mal…

Je ne suis pas satisfait de ce budget. Mais c’est celui qui a trouvé une majorité au Grand Conseil. On me reproche parfois de ne pas savoir négocier. Je pense avoir démontré ma capacité à le faire en dotant notre canton d'un budget. Et nous ferons au mieux, comme en 2017, pour que les comptes soient meilleurs que le budget. Je vais m'y employer.

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