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À Genève, l'art de la réparation tisse sa toile sur la Toile

Huit communes ont désormais rejoint le réseau "ge-repare.ch". Du côté des réparateurs, artisans et petits commerçants s'en réjouissent.

Tapissière-décoratrice d’intérieur à Bernex, Virginie Glassey s’est inscrite en septembre dernier sur le site «ge-repare.ch».
Tapissière-décoratrice d’intérieur à Bernex, Virginie Glassey s’est inscrite en septembre dernier sur le site «ge-repare.ch».
LUCIEN FORTUNATI

Deux fauteuils de style Louis XVI, l’un avec un «chapeau de gendarme», l’autre dit «confessionnal» trônent dans la boutique Les Ateliers de Virginie, à Bernex. Ces meubles rares sont en pleine restauration. Ils retrouvent petit à petit leur lustre d’antan grâce au savoir-faire de Virginie Glassey. Cette tapissière décoratrice d’intérieur s’est inscrite sur le site ge-repare.ch depuis le mois de septembre: «Même si, pour l’instant, un seul client est venu me trouver par ce biais, je trouve l’idée géniale», relève-t-elle.

Plus de 150 adresses

Lancé en 2014 par la Ville de Genève et la section genevoise de la Fédération romande des consommateurs (FRC), le projet «Réparer plutôt que jeter» n’a cessé de prendre de l’ampleur. Lausanne et Neuchâtel lui ont emboîté le pas. Et à Genève, après Carouge en 2016, six nouvelles communes viennent de rejoindre le réseau: Bernex, Lancy, Plan-les-Ouates, Meyrin, Onex et le Grand-Saconnex.

Désormais, plus de 150 adresses y figurent. De quoi donner une nouvelle vie à toute une panoplie d’objets usuels, du matériel électronique à l’électroménager en passant par les meubles, les habits, les vélos ou divers accessoires.

Contact avec les clients

Dans son atelier rempli d’outils divers, de tissus et de collections de décoration, Virginie Glassey se félicite de ce projet novateur: «J’accorde une énorme importance au contact avec les clients. Grâce au site, nous, professionnels, pouvons leur donner des conseils ou proposer des devis.» Qui peuvent être complétés par le regard d'autres artisans, car ces derniers travaillent parfois en réseau. Ainsi, Virginie Glassey fait régulièrement appel à un ébéniste et une courtepointière. «Sans eux, je ne pourrais rien faire», confie-t-elle.

«Les gens croient que la réparation coûte plus cher que de racheter, poursuit-elle. Mais ils n’imaginent pas qu’il suffit souvent de changer des petites choses pour qu’un objet, parfois à forte valeur sentimentale, s’offre une seconde vie. Sans compter que la plupart des artisans ne facturent pas vraiment leurs heures. De mon côté, c’est avant tout la passion et le plaisir procuré à mes clients qui me motivent.»

Consommateurs satisfaits selon la FRC

Le site ge-repare.ch vise à promouvoir une économie locale en accord avec le développement durable, valoriser le savoir-faire des artisans et le service à la clientèle. Difficile de tirer un bilan précis à l'heure actuelle, mais depuis 2014, environ 50 000 personnes ont consulté au moins une fois ce répertoire, selon la FRC, qui rend régulièrement visite aux commerces et artisans inscrits. Et recueille les avis, globalement positifs, des consommateurs.

Apprendre à moins gaspiller

Du côté des réparateurs, à l’image de Virginie Glassey, on est aussi satisfait. «Nous sommes présents sur ge-repare.ch depuis 2014, et de plus en plus de clients viennent chez nous après l’avoir consulté», relève par exemple Ghaffar Qureshi, patron d’Ecotechnic. Selon lui, «la plupart d’entre eux ont compris que dans les grands magasins, on ne connaît pas forcément bien la réparation. Par ailleurs, être présent sur le site nous évite de faire des frais de publicité.»

Chez L’Artisan du cuir, Frédéric Viollet répare de plus en plus de sacs à main et de ceintures, «des objets de marque, mais pas seulement, précise-t-il. Ce sont même les magasins qui m’envoient des clients.»

À Carouge, la teinturerie Carolyn a ouvert un atelier spécial, Chouette Retouches, pour répondre à cette demande: «Nous avons toujours fait des retouches, mais le site nous amène bon nombre de nouveaux clients, assure sa patronne, Nicole Andrey. Pour moi, je n’y vois que du positif.» Histoire de montrer le bon exemple, elle a banni de sa teinturerie les housses en plastique pour transporter les habits. «Nous proposons des housses en tissu, consignées. C’est plus écologique. Certains clients râlent, mais tant pis! Il faut que l’on apprenne à moins gaspiller.»

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