Ma Genève en 2030: Les patrons du Campus Biotech et de Réalise face-à-face

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Nos deux prospecteurs de l’avenir proche travaillent dans deux quartiers d’avenir de Genève. L’un, Benoit Dubuis, directeur du Campus Biotech, dirige, à Sécheron, le Campus Biotech, où les universités et l’EPFL mettent leur puissance de recherche en commun et où le «Human Brain Project» promet, d’ici à 2024, de simuler le fonctionnement du cerveau humain grâce à un superordinateur. L’autre, Christophe Dunand, directeur général de Réalise, dirige, à la Queue d’Arve, dans le futur quartier Praille-Acacias-Vernets, une des plus grandes entreprises de l’économie sociale et solidaire du pays. Retrouvez tous les articles de notre série: www.geneve2030.tdg.ch

Post tenebras lux, grâce à l’open innovation

Benoit Dubuis, directeur du Campus Biotech, Genève Retrouvez Benoit Dubuis sur republic-of-innovation.ch

«Votre signature cardiaque nécessite un passage immédiat au Happylife le plus proche. Merci de valider ce message et de proposer un créneau pour la visite.» Happylife, fruit d’une collaboration inédite entre industriels, institutions cliniques et académiques, placé sous le patronage de l’OMS, ambitionnait rien de moins que de devenir l’acteur faîtier de la santé mondiale. Et il ne s’agissait pas d’une forfanterie locale, mais bien de l’émanation d’un esprit de conquête pleinement assumé.

Notre région témoignait de son ambition, capitalisait sur la diversité de ses secteurs et acteurs d’excellence, affirmant son leadership au sein de cette République de l’innovation en qui s’était muée notre communauté. Happylife s’était tout naturellement installée là où elle plongeait ses racines, dans cet écosystème unique qui rassemblait des institutions prestigieuses dont les collaborations avaient conduit à des innovations de rupture que le monde lui enviait. Les innombrables filiales paraissaient presque anecdotiques dans la brochure publicitaire qui détaillait les différents services offerts par Happylife et surtout qui témoignait de son impact pour les millions d’âmes qui pouvaient se payer ses services.

Nous étions devenus un phare dans cette grande République de l’innovation qui occultait tout régionalisme. La science et le développement économique ne s’embarrassaient plus de culture locale et seules les régions inclusives, ouvertes et réellement ambitieuses pouvaient prétendre à une croissance que se disputait la planète. L’esprit ambiant n’était-il pas animé par la soif du partage, de la construction commune, de la discussion?… Celui qui fit également tomber les frontières imaginaires construites par des cerveaux frileux.

Le précepte d’open innovation avait conquis le monde de la recherche et de la science, éliminé les concurrences stériles, rapproché les compétiteurs, permis l’émergence de solutions dont l’histoire ne retiendra que la vitesse de mise en œuvre et l’impact sur la vie quotidienne. Le CERN, habitué à traiter en un temps record des masses importantes de données, avait fourni les outils de la gestion des datas génomiques des clients d’Happylife, et la recherche avait ouvert la porte à des systèmes de calculs neuronaux au potentiel démultiplié.

Du mariage entre la génomique et la physiologie avait émergé le diagnostic prévisionnel, qui avait relégué la thérapeutique à une pratique marginale et quasi suspecte. S’inspirant des concepts de maintenance anticipée, les services d’Happylife basés sur le franchissement d’un seuil prédéfini permettaient de donner l’état de l’individu avant l’émergence d’une pathologie et d’anticiper toute dérive délétère.

L’intelligence artificielle avait pris le relais des errances étiologiques. Ayant longtemps évolué dans leur propre dynamique, les ONG aussi discrètes que connectées propulsaient la diffusion de ces avancées technologique à des milliards d’individus redevables, s’affirmant comme de vrais ambassadeurs au niveau planétaire. Notre région était devenue une marque globale dont le goodwill profitait à tous ses acteurs, qui assumaient pleinement la devise Post tenebras lux.

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Le bruit diminue et les toits verdissent

Christophe Dunand, directeur général de Réalise

La transition vers une société durable est une urgence. Dès lors, quels pourraient être quelques traits saillants de notre canton en 2030? L’urbanisme est au service de la (bio) diversité, écologique et sociale, de la mobilité douce et du bien vivre-ensemble. Les nouveaux quartiers sont tous «éco», le bruit diminue et les toits verdissent aux côtés des panneaux solaires. Les nouveaux bâtiments produisent leur propre énergie. Vélos, transports en commun et véhicules électriques partagés prennent le pas sur les véhicules individuels thermiques, bientôt interdits d’ailleurs. Le réseau régional de transports en commun est maintenant fonctionnel.

Avec la plage devenue très populaire et une offre culturelle toujours riche, la ville est devenue agréable à vivre et les habitants se déplacent moins loin pour les loisirs. Cela tombe bien car le kérosène est maintenant lourdement taxé, comme les autres produits pétroliers, pour soutenir les énergies renouvelables. L’aéroport n’est plus utilisé que pour des vols d’affaires spécifiques, devenus plus onéreux.

L’économie locale profite de ce développement du tourisme et des loisirs de proximité. L’agriculture industrielle régresse, au profit d’une agriculture intensive, locale et bio, permettant aux agriculteurs de vivre décemment et aux citoyens de se nourrir sainement. Cette évolution génère de nombreux emplois, accessibles notamment à des personnes sans qualification. La raison d’être dominante des entreprises est de contribuer positivement à la société.

La recherche de profits raisonnables permet d’investir dans la diminution des impacts écologiques et l’amélioration des impacts sociaux. Les coopératives ont d’ailleurs retrouvé leur attrait historique. Avec la digitalisation de l’économie et de la société en général, le marché de l’emploi change vite.

Le nouveau revenu de base inconditionnel permet à chacune et chacun d’exister de manière digne et favorise les multiples manières de contribuer à la société (travail salarié, indépendant, bénévolat, travail domestique).

Les richesses sont redistribuées pour limiter les inégalités et prévenir les dérives populistes. Partager, revaloriser, recycler, échanger, réparer sont devenus des réflexes et des sources d’économies pour les ménages comme pour l’État. Innover, dans tous les domaines, est devenu une priorité pour maintenir une économie performante et durable, et pour faire face aux nouveaux besoins et aspirations des résidents du Grand Genève, devenu une réalité sociétale. L’école et toutes les filières de formation sont devenues non seulement inclusives, mais elles permettent également de développer les compétences de créativité, de coopération et d’engagement citoyen. J’assume cette vision optimiste, cette liste incomplète et les nombreux facteurs, locaux et internationaux, pouvant chambouler cette évolution. Cette vision n’est cependant pas une vue de l’esprit. De nombreux projets innovants, parfois depuis des décennies, montrent qu’un futur durable et désirable est possible dans la région. Le documentaire Demain Genève, bientôt dans les salles, montre vingt-sept exemples concrets à Genève qui ouvrent la voie de Genève 2030.

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Créé: 08.02.2018, 09h55


Retrouvez ici notre série Ma Genève en 2030



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