«Être soi à tout âge»: les aînés LGBT s’affichent

CampagneLa Ville se penche sur les difficultés pour les seniors de vivre leur sexualité comme ils l’entendent.

Jacques, 76 ans (au centre), est l’un des six aînés à témoigner dans le cadre de la campagne 2018 contre l’homophobie et la transphobie.

Jacques, 76 ans (au centre), est l’un des six aînés à témoigner dans le cadre de la campagne 2018 contre l’homophobie et la transphobie. Image: M.P.

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À 76 ans, Jacques est un habitué des Bains des Pâquis et des cinémas de quartier. «En vivant simplement notre vie de gays ouvertement, nous avons mené une lutte qui a peut-être conduit à la tolérance actuelle», raconte ce septuagénaire aux cheveux blancs. Il est l’un des six aînés à témoigner dans le cadre de la campagne 2018 contre l’homophobie et la transphobie lancée par la Ville de Genève. Jusqu’au 30 mai, son visage et celui de Claudette (80 ans), Geneviève (69 ans) ou Marie-Claire (73 ans) vont s’afficher dans les rues de la cité. Accompagnés du slogan «Pouvoir être soi à tout âge».

Tel est le message principal. «L’enjeu fondamental consiste à reconnaître aux gens le droit d’être eux-mêmes et de vivre leur sexualité comme ils l’entendent», résume Sandrine Salerno, conseillère administrative en charge de l’égalité et de la diversité. «On a parfois l’impression que l’on vit dans un monde peu discriminant, mais la réalité n’est pas celle-là», insiste la socialiste en citant l’exemple récent des propos homophobes tenus sur Facebook attaquant le conseiller d’État fraîchement élu Thierry Apothéloz.

Pourquoi cibler les aînés? Parce que la problématique revêt des aspects spécifiques. «Lorsqu’ils sont LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), les seniors sont davantage touchés par les phénomènes d’exclusion sociale», précise la magistrate. Auteur d’une enquête réalisée par l’association 360 et mandatée par la Ville, Miguel Limpo confirme. «Ils ont souvent eu un parcours de vie plus chahuté. De plus, la proportion parmi eux de gens ayant des enfants est moins importante. Enfin, le célibat est plus important chez les aînés LGBT.» Sans compter qu’ils ont parfois été rejetés par leurs proches et se retrouvent donc très isolés. Insistant sur la vulnérabilité des personnes âgées LGBT, la coprésidente de 360, Chatty Ecoffey, explique: «La question de retourner dans le placard se pose.»

Pas question d’en arriver là pour Claudette ou Jacques. «On aurait pu se suicider… ou se marier avec des personnes de l’autre sexe pour rester incognito, lance ce dernier. Malgré toutes les contraintes, nous avons mené la vie que nous souhaitions, notamment grâce au soutien des associations. Il faut rester visibles, montrer qu’on est là, même à nos âges.»

Aux affiches s’ajouteront de nombreuses actions. Le point d’orgue sera la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai. Pour l’occasion, le Jet d’eau sera couleur arc-en-ciel. Tout un programme pour rappeler, selon les mots de Sandrine Salerno, que «ce qui est au cœur, c’est le droit d’aimer». (TDG)

Créé: 08.05.2018, 17h42

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