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L’Alternative veut plafonner les primes à 10% du revenu

La mesure coûterait 250 millions de francs à l'Etat. La preuve, pour l'Alternative, que le système est à bout de souffle.

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Les trois partis de l’Alternative – le Parti socialiste, les Verts et Ensemble à Gauche – vont lancer cette semaine une initiative populaire cantonale. Elle propose une aide financière de l’État dès que le montant payé par un ménage pour ses primes d’assurance-maladie dépasse 10% de son revenu déterminant unifié (RDU). La mesure s’appliquerait à des dizaines de milliers de Genevois. Selon une estimation, le surcoût engendré pour le Canton serait de 254 millions de francs par an.

Lire aussi l'éditorial: Les coûts de la santé nous asphyxient

«La hausse, année après année, des primes pèse d’une manière qui devient insupportable sur le budget des ménages, commente Carole-Anne Kast, présidente du PS. Même si nous plaidons tous pour une refonte totale du système au niveau fédéral, il nous semble indispensable d’agir maintenant au niveau cantonal.»

La cible: la classe moyenne

Nicolas Walder, président des Verts, enfonce le clou: «Notre système de financement de la santé est en bout de course. Ce que demande notre initiative est simple. Les Genevois ne devraient pas payer plus de 10% de leur revenu pour l’assurance-maladie. Cela ne concernera ni les pauvres, qui sont heureusement déjà aidés, ni les personnes aisées qui, elles, ne consacrent pas 10% de ce qu’elles gagnent pour leur santé. C’est la classe moyenne qui en profitera, alors qu’aujourd’hui elle subit de plein fouet chaque augmentation des primes sans recevoir aucune aide publique.»

Selon Jocelyne Haller, d’Ensemble à Gauche, l’initiative prend le contre-pied de la politique menée actuellement par le Conseil d’État avec l’appui de la majorité de droite du Grand Conseil. «La tendance est plutôt à la diminution des aides du Canton, poursuit-elle. Par exemple, la suppression en 2018 du subside de 30 francs, que nous allons combattre au Grand Conseil. De plus en plus de personnes ne parviennent plus à payer leurs primes et finissent aux poursuites.»

Selon une étude des HUG, 5% des Genevois seraient incapables de payer leurs primes au moins une fois dans l’année. Le coût pour l’État des assurés débiteurs devient du reste astronomique. En 2018, le conseiller d’État Mauro Poggia a estimé qu’il faudra débourser 50,7 millions de francs.

De la colère dans la rue

Les trois partis de gauche annoncent également qu’ils seront présents à la manifestation organisée samedi sur ce thème par un groupe de citoyens. Baptisé «Lutte contre l’augmentation des primes d’assurance-maladie», ce mouvement fondé par deux mères de famille sans affiliation politique a en effet annoncé hier qu’il invitait la population à venir défiler. Le cortège partira à 14 heures de la zone piétonne de la rue du Mont-Blanc.

Pour Thierry Apothéloz, conseiller administratif socialiste de Vernier, le ras-le-bol des habitants n’est pas une surprise: «À l’époque de la création de la Loi sur l’assurance-maladie (LAMal), le Conseil fédéral s’était engagé à ce que le montant des primes n’excède pas 8% du revenu des Suisses. À Genève, en 2016, il oscillait entre 10 et 20%, voire bien davantage pour certaines familles.» Et rien n’indique que nous allons vers des jours meilleurs.

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