La gauche met sur la table un SMIC genevois à 4200 fr.

Grand ConseilL’Alternative va se battre pour la création d’un revenu minimum à Genève. En passant d’abord par la voie parlementaire.

enève: Jocelyne Haller, députée de Solidarités au Grand Conseil.

enève: Jocelyne Haller, députée de Solidarités au Grand Conseil. Image: Pascal Frautschi

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Ensemble à Gauche (EàG), le Parti socialiste (PS) et les Verts (V) déposent devant le Grand Conseil un projet de loi afin de créer un salaire minimum à Genève. Précis, le projet avance un montant de 23 francs par heure, ce qui correspond à un salaire mensuel de 4200 francs pour un horaire hebdomadaire d’environ 43 heures.

«Cela fait plus de dix ans que nous en avons fait un thème de bataille, rappelle le député Pierre Vanek (EàG). Auparavant, les syndicats exprimaient de la réticence, désirant privilégier les conventions collectives de travail pour fixer les salaires minimaux. Mais ce n’est plus le cas, notamment parce que les deux choses se complètent.»

Bien sûr, il y a eu l’échec d’une initiative cantonale en 2011 (refusée à 54,2%) et celui de 2017 sur une proposition fédérale (65,3% de non à Genève), mais les chances de réussir aujourd’hui sont jugées plus importantes par la gauche. Grâce à l’exemple neuchâtelois. Ce canton, qui a accepté le principe d’un revenu minimum en 2011, est enfin parvenu à le mettre en œuvre en obtenant toutes les validations. Le salaire horaire choisi est de 19.78 francs. À noter que les cantons du Tessin et du Jura ont également adopté un revenu minimum.

Feu vert du Tribunal fédéral

«L’arrêt du Tribunal fédéral du 21 juillet 2017 a constitué un tournant, précise le député PS Cyril Mizrahi. Statuant sur le cas neuchâtelois, les juges précisent qu’il est admissible de restreindre la liberté économique à certaines conditions. Ils ont également validé la méthode neuchâteloise de calcul du salaire minimum, basée sur les prestations complémentaires fédérales et non sur l’aide sociale.»

À gauche, on l’affirme clairement: le salaire minimum est un outil de politique social qui permet de lutter contre la pauvreté. «Les inégalités ne font que croître, ainsi que le montre le rapport sur la pauvreté demandé par le Conseil d’État, souligne Jocelyne Haller (EàG). Il est inadmissible que 13,6% de la population ait besoin de l’aide de l’État pour boucler ses fins de mois. Les entreprises se défaussent sur l’État en ne payant pas suffisamment leurs employés.»

Pas assez de CCT

Car on parle bien ici d’un revenu minimum et non de revenu universel. Il concerne donc uniquement ceux qui travaillent. «On nous rétorquera que cela doit se régler grâce au partenariat social par le biais des conventions collectives de travail (CCT), mais cela ne fonctionne pas, poursuit Pablo Cruchon (EàG). Tout simplement parce que seuls 50% des travailleurs sont couverts par une CCT. Et dans 50% des cas, ces CCT ne contiennent pas de salaire minimum.» Et l’orateur de rappeler que 18% des bénéficiaires de l’aide sociale sont des gens qui ont un travail.

Les branches qui devraient revoir à la hausse leurs salaires minimaux sont l’hôtellerie et la restauration, la vente, les coiffeurs, le secteur du nettoyage, et celui de la sécurité (liste non exhaustive). Face au risque de freiner l’embauche dans certaines professions, Pablo Cruchon répond «qu’une entreprise qui n’est pas capable de rémunérer ses collaborateurs au-dessus du minimum vital n’est tout simplement pas viable.»

Une avancée pour les femmes

Pour la Verte Delphine Klopfenstein Broggini, le salaire minimum est aussi important pour les femmes: «Parmi les travailleurs en situation de pauvreté, une importante majorité est constituée de femmes. Nombre d’entre elles travaillent en effet à temps partiel et dans des secteurs précaires, tels que la vente de détail, le travail domestique ou l’hôtellerie-restauration…»

Reste une question sur la stratégie: pourquoi ne pas lancer une initiative populaire sachant que le projet de loi a peu de chance de séduire la droite au parlement? «Le but est d’essayer d’aller plus vite, répond Jocelyne Haller. Nous voulons également avoir ce débat au Grand Conseil afin que la droite se positionne. Et l’option d’une initiative reste ouverte.» (TDG)

Créé: 06.02.2018, 18h22

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