La gauche devient le plus gros bloc

Grand ConseilLes Verts gagnent cinq sièges, le PS deux. Ensemble à Gauche se maintient à neuf. Avec 41 sièges, l’Alternative a le sourire.

Le groupe des Verts pouvait se réjouir, dimanche à Uni-Mail.

Le groupe des Verts pouvait se réjouir, dimanche à Uni-Mail. Image: Frank Mentha

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Tulipes roses et écharpes vertes. C’est en criant leur joie haut et fort que les Verts ont fait leur entrée à Uni Mail. Une émotion qui s’est à nouveau manifestée peu avant 20 h, lorsque le parti a découvert qu’il enregistrait la meilleure progression, tant en pourcentage des voix qu’en nombre absolu de sièges. Soit cinq députés de plus que les dix élus de 2013. Avec quinze Verts (+5), dix-sept socialistes (+2) et neuf députés d’Ensemble à Gauche, l’Alternative atteint 41 sièges sur les cent que compte le parlement.

De quoi donner le sourire à la conseillère administrative en Ville de Genève Esther Alder (Verts): «Aujourd’hui, on va bien, résume-t-elle. On a connu des moments pires!» La conseillère nationale écologiste Lisa Mazzone est elle aussi ravie: «On observe une progression des Verts dans toute la Suisse depuis les dernières élections fédérales: à Neuchâtel, Fribourg, Vaud et maintenant Genève. Cette progression est clairement liée aux préoccupations touchant au climat et à un élan en faveur d’une société ouverte. Et c’est de bon augure pour les élections fédérales.»

Un effet de rattrapage

Pour revenir à Genève, les Verts profitent d’un effet de rattrapage. La députation comptait en effet seize sièges en 2005 et dix-sept en 2009, avant de chuter à dix en 2013. Aux yeux de leur président, Nicolas Walder, les Verts genevois doivent cette remontée au bilan du conseiller d’État Antonio Hodgers, aux députés sortants qui, «bien que minoritaires, ont travaillé d’arrache-pied sur leurs dossiers. Ainsi qu’à la visibilité des élus fédéraux Lisa Mazzone et Robert Cramer.» Selon Nicolas Walder, la constance du parti a aussi été un atout majeur. «Malgré notre échec en 2013, nous n’avons pas changé de programme. Nous n’avons pas suivi le sens du vent comme certains. Nous avons poursuivi les discussions sur le Grand Genève. Nous avons continué à imaginer une société plus solidaire tout en tenant compte de la limitation des ressources.» Et de conclure: «Cela paie sur le long terme.»

Même constat de la part de Marko Bandler, pour le PS. «Nous sommes le seul parti à ne pas avoir fait la girouette», lance celui qui, arrivé 19e dans la course au Grand Conseil, a de bonnes chances d’y siéger. «Nous avons toujours été cohérents, insiste-t-il. De plus, nous avons fait une belle campagne de terrain. Le porte-à-porte paie.» Au stamm du PS, installé au Twins Café, les mines sont réjouies. Les roses côtoient les pintes de bières et les conversations vont bon train. Fraîchement élu député, Sylvain Thévoz estime que le résultat démontre que «les cinq ans de législature de droite n’ont pas convaincu l’électorat. On se réjouit de relever le défi!»

Satisfaite, la présidente du parti, Carole-Anne Kast, estime que grâce à ce résultat «le PS s’impose comme le parti rassembleur de l’Alternative, les Verts reviennent à leur niveau de 2009 et EàG arrive à surmonter les listes dissidentes en se maintenant». Le vice-président, Romain de Sainte Marie, complète l’analyse: «On retrouve la composition historique avec les deux blocs, gauche et droite. D’où découlera la nécessité de renouer le dialogue sur les grands projets.»

«Faire face à l’Entente»

Vêtue en rouge pour l’occasion, la sortante Caroline Marti ne boude pas son plaisir. La jeune députée se classe en cinquième position, juste derrière les candidats au Conseil d’État et sa présidente de parti. «Je me réjouis d’avoir la confiance de la population, commente Caroline Marti. Je dois aussi ce résultat à celle que m’a accordée le parti.» Au sujet du résultat global des élections cantonales, elle estime que «l’effondrement du bloc populiste démontre que l’électorat ne croit plus aux promesses en l’air.»

Saluant le «rééquilibrage des forces», elle poursuit: «Nous formerons un vrai bloc pour faire face à celui de l’Entente. Cela sera d’autant plus intéressant que les enjeux de la législature à venir, notamment PF 17, sont importants et clivants.»

Tous saluent le maintien d’Ensemble à Gauche (lire ci-contre) au parlement. Le bouillonnant partenaire est un allié, assurent en chœur les socialistes et les Verts. (TDG)

Créé: 16.04.2018, 10h57

De gauche à droite, Stéfanie Prezioso, Jean Batou et Pierre Vanek, d'Ensemble à Gauche. (Image: Frank Mentha)

Ensemble à Gauche pousse un grand ouf

«À la raclette!» entend-on au Café Métis. Sur la terrasse du stamm d’Ensemble à Gauche (EàG), ce n’est pas la liesse à proprement parler, mais plutôt le soulagement. «Nous sommes très contents d’avoir atteint le quorum (soit 7% des voix)», commente Pierre Vanek, réélu au Grand Conseil. «Notre présence au parlement est indispensable pour ancrer l’Alternative à gauche.»

Même son de cloche de la part de Rémy Pagani, arrivé deuxième de sa formation dans la course au Grand Conseil: «On nous donnait perdants et, au final, nous maintenons nos neuf députés. Une partie de notre électorat est allée sur les petites listes, telle que la Liste Femmes, qui fait un peu plus de 3%», souligne-t-il, avant de saluer la «très bonne campagne d’Ensemble à Gauche» et d’envoyer un tacle au passage: «Genève en marche a dépensé un million et finit à 4%. L’argent ne fait pas tout.»

Jocelyne Haller, députée la mieux élue d’EàG, partage cette analyse: «Il y a eu une série de déperditions de voix dans des petites listes. On ne les accuse pas de notre résultat. En réalité, ce qui m’étonne toujours, compte tenu de la situation économique et sociale, c’est que les citoyens continuent à voter à droite.»

À son tour, Jocelyne Haller insiste sur le fait qu’EàG doit ce résultat à une «campagne de terrain. On ne fait pas de la politique derrière un ordinateur. Nous sommes dans la rue, proches des gens. C’est notre manière de faire de la politique!»

Pour Pierre Vanek, le maintien des neuf sièges va permettre à sa formation de «continuer la bataille sur des enjeux majeurs tels que la création d’une assurance pour les soins dentaires ainsi que le plafonnement des primes d’assurance maladie».

De son côté, Tobia Schnebli, candidat malheureux à la députation, se dit «ravi qu’on passe devant l’UDC. C’est un symbole fort.» Il salue aussi le début d’un renouveau du groupe parlementaire avec l’arrivée de Pablo Cruchon et Jean Burgermeister.

Chez les Verts comme au PS, le maintien d’Ensemble à Gauche au Grand Conseil est très bien accueilli. «Ce n’est pas parce que parfois on ne s’entend pas avec nos cousins qu’ils ne font pas partie de la famille», résume le PS verniolan Marko Bandler. M.P.

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