La gauche défend le ticket de bus bon marché

Transports publicsPartis et associations motivent leur rejet des tarifs rehaussés.

Distributeur de tickets au terminus de la ligne 10, à l'aéroport de Genève.

Distributeur de tickets au terminus de la ligne 10, à l'aéroport de Genève. Image: Lucien Fortunati

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Des représentants du Parti socialiste et d’Ensemble à Gauche ont déroulé jeudi leurs arguments face à la presse. Ils étaient soutenus par l’Association des habitants des Pâquis, les syndicats ainsi que par l’Avivo, l’Association de défense des retraités, dont l’initiative avait provoqué la baisse des tarifs à la fin de 2014. Ce front de gauche n’était pas flanqué par les Verts, qui appellent, eux, à accepter la hausse, ni par le MCG, qui, lui, appelle à la rejeter.

Cette gauche contestataire réclame des prix accessibles mais juge aussi nécessaire de poursuivre l’essor du réseau, alors que les prestations ont été espacées ces dernières années par souci d’économies. Une évolution que juge sévèrement Gérald Crettenand, membre du bureau de l’Avivo: «Le peuple n’a pas voulu baisser les prestations, mais le Grand Conseil a refusé de couvrir le manque à gagner prévisible, fustige-t-il. Aucune véritable promotion des bas tarifs n’a été entreprise.» Il suggère de générer des économies en donnant davantage la priorité aux transports en commun au centre-ville.

La hausse projetée par la majorité parlementaire et l’Exécutif est jugée pénalisante pour plusieurs catégories de la population. Les sections jeunes des deux partis relèvent par exemple que le prix de l’abonnement mensuel junior serait relevé de près de 9%, passant de 45 à 49 francs. «Les jeunes ont peu de moyens et n’ont guère d’alternative aux transports publics, note Thomas Bruchez, des Jeunes socialistes. Et c’est à cet âge que des habitudes se créent pour la vie.» Au nom des Pâquisards, Brigitte Studer rappelle que son quartier, aux prises avec la circulation, a accepté en 2008 la gratuité des transports publics. «Une hausse tarifaire frappera plus durement les bas revenus alors que les revenus réels baissent chez les moins bien rémunérés», souligne le syndicaliste Davide De Filippo.

«Même si le PS avait rejeté à l’époque l’initiative de l’Avivo, on doit prendre acte du fait que le peuple l’a acceptée deux fois, enchaîne la députée socialiste Caroline Marti. La subvention de l’Etat doit augmenter.» Pierre Vanek, d’Ensemble à Gauche, relève que le manque à gagner découlant de la baisse tarifaire a été moindre que ce que l’Etat avait prévu. Pour lui, des moyens peuvent être trouvés en taxant les entreprises, comme l’Exécutif entend le faire en marge de la réforme fiscale RIE III. Et de souligner: «Envisagée par le gouvernement, cette taxe modeste de 0,059% sur la masse salariale rapporterait 16 millions de francs par an, soit le double de ce que doit générer la hausse des tarifs.»

Créé: 04.05.2017, 20h14

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