De la Galice aux portes du Palais Eynard

Un candidat au saut du lit (16/16)Armé de solides convictions forgées par la vie, le Vert Alfonso Gomez vise le Conseil administratif.

Alfonso Gomez est conseiller municipal en Ville de Genève depuis 2015. Il est aussi président de Pro Vélo.

Alfonso Gomez est conseiller municipal en Ville de Genève depuis 2015. Il est aussi président de Pro Vélo. Image: LUCIEN FORTUNATI

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C’est dans son quartier, dans un café où il a ses habitudes, qu’Alfonso Gomez nous accueille. On est au cœur de Genève, à la Terrassière, et pourtant ce pâté de maisons autour de la rue Saint-Laurent, l’architecture et les ruelles alentour donnent au lieu un air de village. Cela tombe bien, parce que l’histoire du candidat à la Mairie de la Ville de Genève débute aussi dans un village. Mais loin d’ici, en Galice, il y a bientôt soixante ans.

«Mes parents ont émigré à Genève au début des années 60, tandis que je suis resté au village avec mon grand-père», explique le conseiller municipal. Aucune amertume dans son propos, mais de l’admiration pour ce grand-père, l’enseignant du village, républicain convaincu, emprisonné un temps par le régime franquiste, qui, visiblement, a beaucoup compté. Si Alfonso Gomez est ancré bien à gauche, il le doit en partie à l’influence de cette grande figure de sa vie.

Délégué du CICR

Il vivra ensuite à Genève entre 5 et 8 ans, avant de retourner chez ses grands-parents jusqu’à 14 ans. Ce n’est donc qu’à son adolescence que la famille (il a une sœur cadette) est enfin réunie, à Meyrin. Mais le jeune Alfonso va assez rapidement déployer ses ailes et s’envoler vers d’autres horizons.

Après des études universitaires, il devient délégué du CICR au milieu des années 80 et est envoyé en Iran, au Soudan, puis dans l’ex-Yougoslavie. Après avoir complété sa formation par un master en gestion administrative, il travaillera un temps pour l’État. Il est aujourd’hui directeur adjoint du Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre.

Le choc d’un naufrage

D’accord, mais d’où vient la sensibilité écologiste de cet homme aujourd’hui président de Pro Vélo? Il l’explique au moyen de deux images fortes qui l’ont durablement impressionné. La première est celle de milliers de sacs colorés en plastique accrochés aux arbustes dans un cimetière proche de Khartoum, au Soudan.

La seconde, plus traumatisante, est le naufrage du pétrolier Prestige près des côtes galiciennes en novembre 2002. «J’assistais en Galice aux obsèques de ma grand-mère quand c’est arrivé, se remémore-t-il. J’ai demandé un mois de congé à mon travail pour participer au nettoyage des plages. Cela a été un événement très fort, d’autant que l’arrivée de tous ces bénévoles en provenance de nombreux pays rappelait dans le village les Brigades internationales de la guerre civile espagnole.»

Du PS aux Verts

Politiquement, Alfonso Gomez s’est d’abord inscrit au Parti socialiste à la fin des années 80. C’était l’époque où Bernard Ziegler siégeait au Conseil d’État. «S’il faut choisir un Ziegler, je dirais que suis plus Jean que Bernard, commente-t-il, ironique. Ce n’était pas la vision que j’avais du socialisme.» Il rejoindra donc plus tard les Verts, d’abord sur La Côte, puis à Genève dès 2004.

Très entier, l’homme saura-t-il enfiler l’habit forcément plus consensuel de conseiller administratif? «Il faut toujours savoir d’où l’on vient et pourquoi on se bat. J’ai toujours été clair sur mon positionnement, mais je peux comprendre qu’un membre d’un Exécutif puisse dire qu’il ne peut aller, en l’état, que jusqu’à un certain point. Il en va autrement dans un parlement ou un délibératif. À ce niveau, les élus doivent rester fermes sur leurs convictions. Pour moi, le vrai risque quand on a un certain pouvoir, c’est de s’éloigner de la réalité.»

S’il se refuse à dire de quel dicastère il aimerait s’occuper s’il est élu, Alfonso Gomez estime que l’Aménagement devrait être confié aux Verts, ajoutant que l’écologie doit concerner tous les départements. «Ce que je n’aime pas, c’est l’indifférence, glisse-t-il en guise de conclusion. Quand on y va, il faut y aller entièrement.»

Créé: 06.02.2020, 07h31

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