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La future place de Cornavin va exclure les voitures

Pour faire face à l’explosion du trafic de voyageurs, l’État et la Ville veulent remodeler les abords de la gare. En chassant les voitures pour créer de vrais espaces publics.

L’État et la Ville de Genève ont présenté lundi les résultats d’un concours d’architectes qui propose un vaste réaménagement de tous les espaces autour de la gare.
L’État et la Ville de Genève ont présenté lundi les résultats d’un concours d’architectes qui propose un vaste réaménagement de tous les espaces autour de la gare.
GUILLERMO VAZQUEZ CONSUEGRA/FREI REZAKHANLOU

Un espace aéré, agréable et fonctionnel. Voilà ce que sera la place de Cornavin à l’avenir. L’État et la Ville de Genève ont présenté lundi les résultats d’un concours d’architectes (plus exactement d’un mandat d’étude parallèle) qui propose un vaste réaménagement de tous les espaces autour de la gare. Vaste et surtout ambitieux, car les voitures y seront exclues. Probablement à partir de 2022.

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Lire l'éditorial: Place de la gare: enfin de l’audace

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Ces travaux sont nécessaires. «Notre gare arrive à saturation, a rappelé le conseiller d’État Luc Barthassat, chargé des Transports. Avec l’arrivée du Léman Express en 2019, Cornavin sera au maximum de ses capacités. Et l’extension de la gare, attendue pour 2031, va permettre d’accroître les trains entre Lausanne et Genève.» Conséquence: entre 2010 et 2030, le trafic des CFF devrait doubler pour passer à 100 000 voyageurs par jour. Et ce sont près de 200 000 personnes, usagers des transports ou simples passants, qui fréquenteront le site.

Un projet pour les habitants

D’emblée, l’État et la Ville ont décidé de chasser les voitures du périmètre (lire ci-dessous). Puis un concours a été organisé, présidé par le Portugais Gonçalo Byrne. «Cette opération urbaine est d’une énorme complexité, relève l’architecte. Nous avons cherché une vraie qualité architecturale.» Manière de dire que cet aménagement ne consiste pas seulement à gérer des flux, mais surtout à apporter des espaces de qualité.

Les architectes retenus insistent sur ce point. «C’est un projet pour la ville et ses habitants, pour les piétons et la déambulation», explique Éric Frei, du bureau lausannois Frei Rezakhanlou, associé pour l’occasion au bureau espagnol Guillermo Vázquez Consuegra.

C’est un projet pour la ville et ses habitants, pour les piétons et la déambulation.

Sur le devant de la gare, on rase tout. Il s’agit de créer «un grand vide». L’édicule devant les arrêts de bus et la sortie du parking sont supprimés, et le grand arrêt des trams est remplacé par une structure moins envahissante. Le revêtement de sol est unifié et les trottoirs supprimés. Autour de la basilique, l’îlot de verdure est agrandi.

Les passages entre l’avant et l’arrière de la gare sont rendus plus conviviaux et plus pratiques. Ils permettent d’accéder aux quais sans devoir entrer dans la gare. Un nouveau chemin est créé derrière la Haute École d’art et de design (HEAD), pour rejoindre la Servette.

Enfin, l’arrière de Cornavin est entièrement revu. C’est ici, au sous-sol, que l’extension doit avoir lieu. Elle offrira deux quais supplémentaires d’ici à 2031, auxquels on accédera par de multiples accès. «C’est l’occasion de donner une nouvelle image à la gare, explique Éric Frei. Jusqu’alors, elle se tournait vers le lac. Nous allons valoriser l’autre versant et créer une nouvelle relation avec les Grottes.»

Les architectes ont prévu d’ériger une grande structure vitrée qui longe tout l’arrière, de la Servette à Montbrillant, et qui offre une galerie couverte aux passants. C’est la nouvelle «façade nord» de la gare.

Quatorze chantiers en vue

Ces aménagements se poursuivent du côté de Montbrillant jusqu’à l’Ilôt 13 et forment ainsi une nouvelle place, après avoir enjambé le tunnel. À l’autre extrémité, un espace est créé à l’emplacement du Quai 9, côté Servette. L’image est conçue, il reste à la réaliser. Ce n’est pas pour demain. Tout doit être terminé en 2031, date de livraison de l’extension souterraine. D’ici là, quatorze chantiers vont petit à petit transformer les lieux. L’étape déterminante consistera à fermer le trafic aux voitures. Cela devrait intervenir en 2022.

Le coût de ces aménagements n’a pas encore été fixé. «Quelques dizaines de millions», dit-on en aparté, dont la répartition entre les partenaires n’a pas été définie.

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La rue des Alpes sera à double sens

Le trafic motorisé autour de la gare, c’est terminé. Voitures et motos seront interdites. Ceci est valable pour l’avant, mais aussi pour l’arrière de la gare. La circulation sera déviée sur la moyenne ceinture. «C’est la suite logique de la Loi sur la mobilité cohérente et équilibrée», explique le conseiller d’État Luc Barthassat. Votée par le peuple en 2016, celle-ci prévoit de donner, au centre-ville, la priorité aux transports publics et à la mobilité douce. Le trafic motorisé doit être concentré sur le U lacustre (les quais et le pont du Mont-Blanc) ainsi que sur la moyenne ceinture qui, sur la Rive droite, emprunte l’axe place des Nations - place des Charmilles.

Les voitures en provenance de la rue de Lausanne devront donc remonter à droite ou… bifurquer à gauche pour descendre la rue des Alpes, prévue à double sens. «Dans les grands principes, nous avons testé la robustesse du concept», déclare Thierry Messager, directeur à la Direction des transports. «L’accessibilité locale aux quartiers sera assurée», précise-t-il. Cette interdiction aura aussi pour avantage de fluidifier les carrefours connexes, notamment la place des Vingt-Deux-Cantons, puisque les croisements seront optimisés. «La simplification des flux sera colossale, poursuit le spécialiste. Aujourd’hui, la moindre escarmouche a des conséquences importantes sur tout le trafic alentour.» Pour les taxis, plusieurs stations sont prévues, dans le souterrain et à l’arrière de la gare notamment. Le dépose-minute sera aussi sous la gare. Les livraisons auront droit à des dérogations. Qu’en est-il des oppositions prévisibles, sachant que même la réalisation d’un trottoir sous le passage Montbrillant a provoqué un recours du TCS? «Le projet de Cornavin poursuit un but d’intérêt public évident conforté par une loi, répond Rémy Pagani. Avec la multiplication des voyageurs attendus grâce au Léman Express, le besoin de dégager la place se fera tellement sentir qu’il s’imposera.» C.B.

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