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Le funiculaire se met à l’eau

Il y a 140 ans, «La Tribune de Genève», née le 1er février 1879, vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

La Tribune de Genève a 140 ans.
La Tribune de Genève a 140 ans.
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Inséré dans la rubrique Confédération suisse du 13 août 1879, un petit article attire l’attention. «La Tribune de Genève» découvre en effet le funiculaire de Giessbach (BE), inauguré moins d’un mois plus tôt, le 21 juillet. Le chroniqueur ne tarit pas d’éloges sur cette réalisation qui cumule les prouesses techniques et permet de relier le bord du lac de Brienz (altitude 570 mètres) au Grandhotel Giessbach, un palace pour l’époque, qui se trouve 118 mètres plus haut.

«Rien de plus curieux que ce petit chemin de fer, unique dans son genre.» De quoi mettre l’eau à la bouche du lecteur. Et de l’eau, il en est ici largement question. «Là, point de combustible, point de vapeur, point de locomotive, l’eau même du Giessbach (ndlr: un torrent de montagne) sert de moteur.» Le journaliste, conquis, détaille le fonctionnement: «À chaque extrémité du câble est attaché un wagon où une quarantaine de voyageurs peuvent prendre place et qui renferme en outre un réservoir destiné à recevoir de l’eau. Lorsque l’on veut amener du bord du lac à l’hôtel les voyageurs, on remplit d’eau le réservoir qui se trouve dans le wagon supérieur jusqu’à ce que l’on ait obtenu un contrepoids suffisant pour faire monter le wagon inférieur, dont le réservoir a été vidé.» Alors, c’est l’extase! «Le train se met en marche tranquillement, sans secousse, et les voyageurs les plus craintifs sont bientôt rassurés par son allure.»

Ce que le chroniqueur ne dit pas, c’est que ce funiculaire fut le premier au monde à être équipé d’un croisement à mi-chemin, pourvu d’un aiguillage automatique. Une innovation due à l’ingénieur Carl Roman Abt, alors âgé de 28 ans. Ce dernier a d’ailleurs donné son nom à l’astucieux système, appelé encore de nos jours «aiguillage d’Abt». Le funiculaire, tout comme le Grandhotel Giessbach, existe toujours. Mais pas les réservoirs d’eau, remplacés en 1912 par une commande hydraulique alimentée par une turbine. Puis, en 1948, la traction à eau disparaît totalement, au profit d’un moteur électrique. Le palace, lui, a fermé en 1979. Mais quatre ans plus tard, il a été racheté par Franz Weber et son association Helvetia Nostra.

En 2015, le funiculaire a été déclaré monument historique de génie mécanique par The American Society of Mechanical Engineers (ASME). Il gravit une pente de 28%, la longueur de sa voie est de 345 mètres et le trajet dure cinq minutes pour une vitesse de 1,9 mètre par seconde.

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