La frontière de bitume coupant les Libellules de la Concorde va tomber

Aménagement Une passerelle pour franchir l’avenue de l’Ain va voir le jour. De leur côté, les habitants veulent embellir l’unique passage souterrain.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La frontière de bitume entre la Concorde et les Libellules devrait finir par tomber. Les habitants et la Ville de Vernier ont décidé de s’y attaquer. Les deux quartiers sont en effet coupés l’un de l’autre par l’avenue de l’Ain, une artère à forte circulation qui, sur tout son kilomètre de long, ne possède qu’un seul point de franchissement pour piétons et cyclistes, un passage sous-voie étroit, sombre et peu engageant.

Concours et jury populaire

Selon le plan directeur de quartier adopté en 2013, ce tunnel devrait être élargi et déboucher sur une nouvelle place publique côté Concorde. Mais en attendant, les habitants ont pris les choses en main. Le Forum Démocratie participative vient d’organiser un concours d’idées pour embellir le passage sous-voie, en partenariat avec la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia). Les étudiants d’une classe de première année en architecture du paysage ont présenté cinq projets, et un sixième émane du fondateur de la Biennale d’art contemporain des Libellules (BAL), Serge Boulaz. Il fallait proposer des aménagements réalisables rapidement et sans toucher à la structure.

Mi-juin, les habitants ont constitué un jury populaire, présidé par l’architecte cantonal, Francesco Della Casa. Deux projets relativement similaires se sont distingués. Tous deux proposent de végétaliser les murs des escaliers d’entrée et d’y mettre des cascades d’eau, pour rendre les lieux plus apaisants et rassurants. L’intérieur du tunnel serait éclairé par des murs lumineux, avec des bulles dans un cas, et ornés de fresques dans l’autre.

«Les habitants ont envie et besoin de végétation, note la coordinatrice du Forum Démocratie participative pour la Concorde, Louise Goffin. Cela semble s’imposer comme la meilleure solution pour atténuer les défauts de ce passage jugé trop sombre, sale et gris. Et c’est un support qui subit généralement peu de dégradations et de vandalisme.» Les deux projets ont presque recueilli le même nombre de voix. Un architecte va les retravailler pour préparer un dossier de demande d’autorisation et le tout sera à nouveau présenté à la population. «Pour le financement, nous allons chercher des fonds privés parce que vu le contexte budgétaire actuel, nous ne comptons pas trop sur les collectivités.» L’un des projets est devisé à 116 000 francs et le deuxième à 59 000 fr. L’aménagement sera plus ou moins éphémère, en attendant que le plan directeur de quartier se concrétise, ce qui ne semble pas être pour demain: «On parle de 2030, confie Louise Goffin. Mais il faut agir avant. L’avenue de l’Ain, où passent 40 000 véhicules par jour, est une véritable autoroute en ville. Certains rêvent même de l’enterrer plutôt que d’enterrer les piétons.»

Trait d’union indispensable

L’idée d’une tranchée couverte est séduisante, mais la Ville de Vernier planche sur un projet plus réaliste et nettement moins coûteux: une passerelle en bois et en béton au milieu de l’avenue de l’Ain. Un ouvrage également prévu par le plan directeur de quartier et le Grand projet Châtelaine, vu que le secteur de la Concorde est appelé à se développer avec la construction de centaines de logements, d’une école, de commerces et de lieux socioculturels. «Avec 6000 m2 de surfaces commerciales, cela va devenir un pôle d’attraction, souligne le conseiller administratif en charge de l’Aménagement à Vernier, Yvan Rochat. Le passage souterrain glauque et insalubre est très insuffisant pour faire le lien entre les deux quartiers.»

Une étude de faisabilité de cette passerelle a déjà été faite en 2012 et le crédit d’étude a été envoyé en commission fin juin par le Conseil municipal de Vernier. Un promoteur privé, impliqué dans le projet de développement de la Concorde, participera aux frais. Pour la réalisation, qui coûtera dans les deux millions de francs, la Confédération et le Canton mettront aussi la main à la poche, puisque cet ouvrage est inscrit dans le projet d’agglomération. Les habitants devront patienter jusqu’en 2020 pour emprunter la passerelle.

Créé: 11.07.2016, 07h06

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Braquage: La Poste renonce aux transports de fonds
Plus...