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Frappé dans la rue, un policier est gravement blessé. Réactions

Ce cas et celui des cinq femmes tabassées à la sortie d’un club relancent la question des violences dans l’espace public.

L'angle des rues Montchoisy et du 31-Décembre, où un policier s'est violemment fait frapper la nuit du 11 au 12 août.
L'angle des rues Montchoisy et du 31-Décembre, où un policier s'est violemment fait frapper la nuit du 11 au 12 août.

La féerie n’a duré que le temps du feu d’artifice au-dessus de la rade. En marge du spectacle, un policier a été grièvement blessé dimanche matin en intervenant sur une bagarre, révèle la «Tribune de Genève». Ce nouveau cas de violence dans l’espace public, après le passage à tabac, mercredi, de cinq femmes qui sortaient d’une discothèque, soulève beaucoup de questions.

De nombreuses altercations sont survenues après l’événement, dont une qui a opposé des groupes belliqueux aux Eaux-Vives, nécessitant l’intervention de plusieurs patrouilles. Un agent de la Brigade anticriminalité (BAC) s’est alors dirigé vers l’un des groupes. Sans même avoir le temps de discuter, il a reçu un coup de poing au visage et a chuté. Le crâne fracturé, le gendarme expérimenté a été placé quelques heures dans un coma artificiel.

«Violence sans limites»

«Dimanche après 3 heures, la police a été appelée pour une bagarre, à l’angle des rues de Montchoisy et du 31-Décembre. Lors de cette intervention, un agent de la BAC est tombé au sol», confirme le porte-parole de la police, Silvain Guillaume-Gentil. L’auteur du coup a pu être interpellé.

La réaction des syndicats de police ne s’est pas fait attendre. «Ce dramatique incident doit rappeler à ceux qui l’oublient trop vite que nous faisons un métier de plus en plus exposé, réagit Michael Berker, membre du comité du Syndicat de la police judiciaire (SPJ). La violence à outrance et gratuite, souvent associée à la consommation d’alcool, est hélas devenue une habitude les soirs de sorties. Les auteurs de violences sont sans limites et ne respectent plus personne. La tragique et odieuse agression dont cinq jeunes femmes ont récemment été victimes en est une illustration.»

L’inspecteur résume un sentiment partagé à l’interne: «À force de faire l’objet d’enquêtes alors qu’ils ne font que leur job, d’être visés par des procédures lorsqu’ils interviennent trop rapidement ou font usage de la force, et d’être sanctionnés, les policiers n’osent plus intervenir comme ils le devraient, au risque de s’exposer à des violences.»

La police cantonale a recensé en 2017 pas moins de 254 affaires de violences contre des fonctionnaires, en grande majorité des agents de police. C’est presque le double qu’en 2011. Cette tendance s’observe aussi dans le canton de Vaud et plus largement en Suisse.

Manque d’effectifs

L’actualité genevoise relance aussi la question des effectifs policiers opérationnels. Le SPJ et l’Union du personnel du corps de police (UPCP) dressent le même constat. «Jamais l’effectif policier quotidien de nuit, au profit de la population, n’a été aussi famélique et peu expérimenté», a écrit dimanche, dans un communiqué, le président de l’UPCP, Marc Baudat.

Interpellé à l’automne passé par des députés, le Conseil d’État a reconnu que «du 1er janvier et au 31 octobre 2017, la police a dépriorisé 1278 réquisitions». En clair, elle a renoncé à des interventions, qui relevaient majoritairement de problèmes de bruit (67%). Un phénomène observé surtout en été, en raison des services qui «fonctionnent avec un tiers du personnel en moins» et de l’augmentation du volume des réquisitions. «Très majoritairement, il a été renoncé à une intervention lorsque aucun autre appel au 117 n’a signalé la même situation», a même livré le Conseil d’État.

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