Un fossa, premier du nom en Suisse, se découvre au Bioparc Genève à Bellevue

AnimauxIl est le plus gros carnivore de Madagascar, né en captivité, au Zoo de Paris, représentant d’une espèce menacée.

Un regard captivant comme sa morphologie. Voici le fossa du Bioparc Genève.

Un regard captivant comme sa morphologie. Voici le fossa du Bioparc Genève. Image: Laurent Guiraud

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D’abord cette question, histoire d’assurer le suivi de l’actualité animalière récente. Comment vont les chameaux, recueillis fin janvier sur les hauteurs de Bellevue? Bien, merci. Et la chamelle portante? Bien aussi. La délivrance approche. Le Bioparc Genève, doué pour l’hébergement d’urgence, vit décidément à cent à l’heure. Car avant la prise en charge salvatrice des animaux à deux bosses rescapés d’un cirque alémanique en pleine faillite arrivait à la fin de l'automne dernier un individu singulier jamais vu jusqu’ici sur le territoire suisse.

Il est depuis le 24 octobre le nouveau voisin du lynx, l’un des doyens du lieu, dans un enclos flambant neuf spécialement conçu pour lui. Lui, c’est Sakani, un fossa, né en juin 2018 au Parc zoologique de Paris. Le Bois de Vincennes était son horizon proche. Il va devoir désormais s'habituer au bruit des avions. C’est chose faite. L’espace généreux dans lequel il évolue favorise son intégration. Sakani se sent bien à Challandes.

Au fait: c’est quoi, un fossa? On écoute Anne-Sophie Deville, adjointe de direction du Bioparc Genève: «Certains diront qu’il ressemble à un gros chat, d’autres à un petit puma. Il est en réalité le plus grand carnivore de Madagascar, proche cousin des mangoustes.» La suite est plus préoccupante: «Les fossas ne sont plus que 5600 environ à arpenter les forêts sèches et la savane de la cinquième plus grande île au monde. La population continue à décroître. Leur espace vital ne cesse en effet de s’amenuiser.» En cause, toujours la même, la surexploitation des forêts pour la vente de bois exotique.

Or, le fossa a besoin des arbres. Il s’y reproduit. La femelle squatte le sien à la saison de reproduction. Elle grimpe, choisit une charpentière, pendant que les mâles font la queue (et quelle queue!) en bas. Ils auront tous droit à leur session d’accouplement. Commentaire de la spécialiste, qui n’est pas sexologue, mais se montre incollable sur les particularités de cette espèce qui gagne à être connue: «L’un après l’autre, les mâles grimpent et s’accouplent avec la femelle pendant de longues heures. Temps record de copulation (non-stop) jamais enregistré chez un carnivore.»

Cette allégresse haut perchée cache donc un avenir beaucoup plus sombre pour le fossa. D’où la mise sur pied d’un programme de reproduction encadré par la plus grande association de zoos européens, l’EAZA (pour Association européenne des zoos et aquariums). Le Bioparc genevois n’en fait pas (encore) partie. Mais c’est une belle preuve de reconnaissance que de lui permettre d’acquérir un individu né de ce programme.

Créé: 21.02.2020, 08h00

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