La formation des maîtres du primaire obtient un sursis

EnseignementUn projet de loi menace de réduire d'un an le cursus. Les députés ont décidé de le geler.

Le pavillon Mail, qui abrite l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE)

Le pavillon Mail, qui abrite l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) Image: archives Pascal Frautschi

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La formation des enseignants du primaire obtient un sursis. Le projet de loi (PL) qui menace de raboter le cursus d'une année vient d'être gelé. Les membres de la commission de l’enseignement supérieur, qui traitent ce PL, ont en effet décidé jeudi soir de le suspendre, pour une durée d'un an maximum. Ce choix est motivé par les discussions en cours dans d'autres cantons, qui songent à augmenter la durée de formation des enseignants, dispensée chez eux en trois ans. «Il y a une tendance générale à envisager une augmentation du temps de formation des maîtres, explique Caroline Marti, députée socialiste et membre de la commission. Nous allons alors attendre de prendre connaissance de ces conclusions pour nous prononcer.»

La question fait débat depuis trois ans déjà. En 2014, une motion allant dans le même sens que le projet de loi avait été acceptée par une majorité Grand Conseil. Puis, un PL est déposé par le député PLR Jean Romain. Son objectif: réduire d’un an la formation de quatre ans des instituteurs du primaire délivrée par l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE), cela afin de «s’aligner sur les autres cantons» (lire: Un projet de loi pour raboter la formation des instituteurs). En effet, «la totalité des hautes écoles pédagogiques délivrent ce diplôme en trois ans», indique Jean Romain. Qui propose notamment de réduire le cursus en supprimant la première année de la formation, un tronc commun qu’il qualifie de «gare de triage où une grande partie des cours s’avère inutile», et d'augmenter le temps sur le terrain en diminuant la proportion des cours théoriques. A cela s’ajoutent deux semestres optionnels suivis en emploi sur deux ans. Et la députée socialiste de relever: «Les maîtres devraient alors suivre une formation en cours d'emploi, financée par le Département de l'instruction publique, alors que la formation dispensée dans le cadre de l'Université bénéfice de subventions fédérales... Cela coûterait donc plus cher à l'Etat!»

On imagine que la décision de geler son PL doit agacer Jean Romain au plus au point… Même pas! «Si les autres cantons finissent par rallonger d’un an la formation, mon argument du cas particulier genevois risque de tomber… Il est donc plus sage d’attendre de voir ce qu’ils décident avant de nous prononcer. Mais je n’attendrai pas plus d’un an.» Une majorité se dégageait pourtant autour de ce PL, qui aurait certainement été accepté en plénière. Alors pourquoi accepter de patienter? «Je ne veux pas prendre de décision en défaveur de l’école, ça vaut le coup d’attendre encore une année. Le débat dure depuis trois ans, on n’est plus dans l’urgence.»

Le Conseil d’Etat est opposé à toute réduction du temps de formation, tout comme la SPG, le syndicat des enseignants du primaire, qui a menacé de lancer un référendum si la formation était rabotée, et l’Association des étudiants en formation enseignement primaire (Adefep). Pour Caroline Marti,«il est absolument évident que cela entraînera une réduction de la qualité de la formation, et potentiellement de la qualité de l'enseignement». Elle soutient que l'évolution de l'école plaide pour une formation longue. «Nos enseignants sont des généralistes, ce qui implique qu'ils soient capables d'enseigner aujourd'hui 13 branches,un nombre qui a d'ailleurs augmenté ces dernières années. D'autre part, on développe l'école inclusive or, pour une bonne intégration de ces enfants à besoins spécifiques dans l'école ordinaire, il faut que les maîtres puissent avoir des compétences particulières!» (TDG)

Créé: 31.03.2017, 13h00

Articles en relation

Un projet de loi pour raboter la formation des instituteurs

IUFE Des députés PLR veulent réduire d'un an le cursus universitaire des futurs maîtres du primaire. Plus...

La formation des futurs maîtres rouvre ses portes

IUFE La rentrée de l'Institut de formation des enseignants avait été annulée en 2015. Il rouvre en septembre partiellement, avec un nouveau dispositif. Plus...

Formation des maîtres: sortie de crise en vue

Enseignement L’IUFE (Institut universitaire de formation des enseignants) obtient la reconnaissance fédérale tant attendue. La fin d'une saga? Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les insectes débarquent dans nos assiettes
Plus...