Formation: une aide de la seconde chance est née

Grand ConseilLes députés acceptent une nouvelle forme de bourse pour des reconversions professionnelles.

Les carrières professionnelles sont de moins en moins linéaires. Or le système de bourses actuel n’a pas été conçu pour répondre à cette évolution.

Les carrières professionnelles sont de moins en moins linéaires. Or le système de bourses actuel n’a pas été conçu pour répondre à cette évolution. Image: Lucien Fortunati

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Le Grand Conseil a adopté vendredi une modification de la loi sur les bourses et les prêts d’études, qui introduit la possibilité d’une aide financière de reconversion. Elle financera un projet de formation de personnes âgées de 25 ans au minimum, mais sans la limite supérieure de 35 ans existant jusque-là dans la loi.

L’allocation sera un peu plus «généreuse» que les bourses accordées jusque-là aux plus jeunes: le plafond annuel est de 40'000 francs, contre 16'000 francs au maximum pour les bourses actuelles. Elle est destinée à combler une lacune pour ces tranches d’âge mise en évidence par la Cour des comptes dans un rapport. La création de ce nouvel outil a été acceptée par 66 députés, alors que 26 PLR et UDC l’ont refusée et qu’un élu s’est abstenu.

«Ce que nous proposons, c’est d’offrir une seconde chance à ceux qui ont une formation mais veulent se réorienter soit parce qu’ils travaillent dans un secteur qui n’offre plus de possibilités, soit parce qu’ils ont des problèmes de santé», a plaidé l’UDC Christo Ivanov, rapporteur de la majorité de la Commission de l’enseignement.

De fait, dans un monde professionnel en mutation constante, notamment en raison de la révolution numérique, les carrières professionnelles sont de moins en moins linéaires. Or le système de bourses actuel n’a pas été conçu pour répondre à cette évolution. «Il nous faut adapter cette loi à la réalité du XXIe siècle», a demandé le socialiste Grégoire Carasso, premier signataire du projet.

«Cette mesure répond à des situations de petites gens qui ne peuvent envisager une reconversion professionnelle pour des raisons financières», a encore plaidé la députée MCG Ana Roch. «Nous proposons ici de faire un investissement et de dresser un bilan dans cinq ans, plutôt que de voir des gens rester vingt ans à l’Hospice», a ajouté la PDC Delphine Bachmann.

Le problème du coût

La question du flou entourant le coût de la mesure a visiblement beaucoup dérangé la minorité opposée au projet. Pour la PLR Natacha Buffet-Desfayes, qui a écrit le rapport de minorité de la commission, les prévisions financières sont trop lacunaires: «On nous parle de 12 à 16 millions de francs par an, c’est à la fois beaucoup et trop imprécis», a-t-elle déploré. Pour la PLR, il est irresponsable de ne pas imaginer des prêts plutôt que des bourses.

Répondant sur ce point, Christo Ivanov a rappelé que les auditions en commission ont montré qu’il y avait un potentiel maximum de 500 personnes concernées par an. «Considérant que le montant de la bourse ne sera octroyé qu’en complément d’autres revenus, il devrait être en moyenne de 24'000 francs par an et par dossier. Le montant de 12 millions est donc un plafond, et il faudrait encore soustraire les charges transférées de l’Hospice vers les bourses.» Et d’insister encore sur le fait que c’est une commission tripartite qui statuera sur les dossiers.

Gare à l’endettement!

Revenant sur le souhait PLR de remplacer les bourses par des prêts, plusieurs députés ont rétorqué que l’endettement était l’un des fléaux de notre société. «Aux États-Unis, le motif principal de l’endettement des jeunes, ce sont les emprunts qu’ils ont dû faire pour payer leurs études, a expliqué le MCG Patrick Dimier. C’est par conséquent une très mauvaise idée.»

La minorité a encore tenté plusieurs fois de renvoyer le dossier en commission, sans succès car les jeux étaient faits. Le projet – né dans les cuisines socialistes et inspiré par les préoccupations de Sami Kanaan pour les reconversions dans le monde artistique – avait fait son chemin et convaincu une très large majorité des députés de sa pertinence.

Créé: 28.02.2020, 19h53

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