Fonctionnaires de police suspectés de corruption

ArrestationsLes deux hommes sont soupçonnés d’avoir transmis des informations secrètes au directeur d’un Cash Converters

A la fin du mois dernier, des inspecteurs ont fait une descente dans le magasin Cash Converters de la rue de Carouge.

A la fin du mois dernier, des inspecteurs ont fait une descente dans le magasin Cash Converters de la rue de Carouge.

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A la fin du mois dernier, des inspecteurs ont fait une descente dans le magasin Cash Converters de la rue de Carouge. Comme nous le révélions à l’époque, le directeur de l’établissement a été arrêté et prévenu pour recel et faux dans les titres. A ce jour, l’homme, défendu par Me Corinne Arpin, est encore en détention provisoire dans le cadre de cette procédure dirigée par la procureure Judith Lévy Owczarczak.

Des mails imprimés

Fait nouveau: deux fonctionnaires de police se retrouvent également dans le collimateur de la justice. «Ces collaborateurs administratifs sont prévenus de violation du secret de fonction, d’entrave à l’action pénale et de corruption passive», confirme Henri Della Casa, porte-parole du pouvoir judiciaire. Arrêtés, ils ont passé plusieurs jours en détention préventive. Avant d’obtenir leur libération provisoire.

L’un d’eux aurait obtenu des informations de police confidentielles de son collègue avant de transmettre ces mails imprimés au patron du Cash Converters de Plainpalais. Des documents qui ont été saisis en juillet au cours d’une visite domiciliaire en France voisine chez ce dernier. Ces deux fonctionnaires auraient-ils permis au dirigeant de Cash Converters d’avoir accès à des données secrètes? Et si oui, à quel propos: sur la perquisition à venir? Sur une filature? Sur le fait que le patron était dans le viseur des inspecteurs? A l’enquête de répondre à ces questions. Quoi qu’il en soit, le volet du dossier, hautement sensible, atterrit de fait sur le bureau du procureur général Olivier Jornot.

Au fil de leurs recherches, les enquêteurs ont appris que le patron détenu depuis trois semaines, connaissait le fonctionnaire qui lui aurait remis les documents. Entendu, ce dernier explique avoir un peu exagéré les informations pour se donner de l’importance: pour faire un peu comme au cinéma. Le patron, lui, a soutenu durant son interrogatoire que ces informations ne lui ont pas été utiles. Il se retrouve néanmoins poursuivi aujourd’hui pour corruption active.

Les deux fonctionnaires, présumés innocents, risquent de faire l’objet d’une enquête administrative pouvant conduire à une sanction allant du blâme à la révocation. Me Cédric Kurth, défenseur d’un des employés de la police, ne souhaite pas faire de commentaires. Avocat du second fonctionnaire, Me Timothée Bauer n’en dit pas plus sur les faits reprochés: «Mon client a seulement voulu aider un ami qu’il pensait innocent. Il ne lui a fourni que des informations très générales, parfois fausses, et en tout cas totalement dénuées de toute utilité concrète.»

«Il n’a jamais payé»

Me Arpin a d’ores et déjà sollicité le classement de la procédure: «Les mails transmis à mon client datent de 2012 et ne concernent donc nullement la procédure en main de la procureure Lévy. Ils contenaient par ailleurs des informations erronées qui n’ont jamais été utilisées par mon client. Il n’a jamais sollicité d’informations soumises au secret de fonction et n’a jamais payé pour en obtenir. Il n’y a donc pas de corruption.»

A noter que le patron avait déjà été inquiété par la justice. Condamné l’an dernier pour avoir accepté d’acheter de la marchandise volée, il avait été sanctionné, par le biais d’une ordonnance pénale, pour recel. Il avait finalement été acquitté en février. Les déclarations contradictoires des voleurs avaient pesé lourd dans la décision du tribunal. (TDG)

Créé: 18.08.2015, 17h19

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Cash Converters, Ricardo.ch et autres magasins d’achat et de vente ont la réputation de servir de plates-formes de recel. Mais Cash Converters réplique, par exemple, que tous les bijoux sont déclarés aux forces de l’ordre: chaque client doit se munir d’une carte d’identité, être majeur et certifier par écrit que l’article qu’il veut écouler lui appartient. Chaque transaction doit être filmée et des profils sont créés pour garder une trace de chaque vente. Une personne amenant régulièrement des vélos sera ainsi considérée comme suspecte. Dans cette vaste enquête, qui met aussi en cause un employé de Cash Converters arrêté le mois dernier et défendu par Me Daniel Meyer, des dizaines de clients devraient être entendus. F.M.

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