Folle croissance pour un constructeur genevois

ÉconomieL’entreprise générale Edifea, créée il y a dix ans, se développe plus vite que la concurrence. Grâce à son réseau et ses actionnaires.

Le fondateur d'Edifea Bertrand Duckert.

Le fondateur d'Edifea Bertrand Duckert.

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Sur 148 employés, 130 sont du voyage. Pour fêter son 10e anniversaire, l’entreprise générale Edifea a organisé un séjour à Lisbonne, de jeudi à ce samedi. Deux avions ont été nécessaires pour transporter les équipes qui génèrent un volume d’affaires de 900 millions de francs sur une nonantaine de chantiers en Suisse romande, surtout à Genève. Sacré développement pour cette jeune pousse fondée en 2009 par Bertrand Duckert, un architecte qui souhaitait se lancer en indépendant.

Edifea? Un nom méconnu, malgré son développement spectaculaire et un gros mandat sur le quartier de l’Étang. «Nous avons toujours cultivé la discrétion», indique Bertrand Duckert, rencontré dans le quartier général du groupe, au chemin du Château-Bloch, dans la zone industrielle de Vernier.

Un groupe discret

Edifea fait désormais partie des principales entreprises générales en Suisse romande, aux côtés de HRS, Losinger Marazzi, Steiner, Marti Construction et Implenia. Une entreprise générale joue le rôle de chef d’orchestre sur un chantier, où elle coordonne les activités parmi les mandataires et les ouvriers.

Tout commence dans un restaurant des Grottes au printemps 2009. Bertrand Duckert, qui travaille alors pour le groupe Steiner, évoque ses envies de voler de ses propres ailes à Jérôme Félicité, le fondateur de la régie Gerofinance-Dunand, qui, lui, dit chercher un partenaire dans la construction. Il n’en faut pas plus pour que quelques mois plus tard, en septembre, Edifea apparaisse sur le Registre du commerce.

La start-up se lance à la rue des Bains, après avoir disposé d’un coin de table chez Gerofinance-Dunand, avec une poignée de salariés et un premier chantier à Troinex. Trois ans plus tard, la petite équipe rachète une entreprise, le groupe Fidias de Patrick Delarive, et ouvre un bureau sur sol vaudois, ce qui porte à 35 le nombre de ses effectifs. Au début de 2015, déménagement à Vernier.

Edifea remporte un important mandat à Genève dans la foulée: la Résidence Grand-Pré et 103 logements de standing. En 2017, le groupe ouvre une antenne à Fribourg, puis une autre à Sion en décembre dernier. Parmi ses chantiers en cours, on peut citer Six Senses, un complexe luxueux de 2000 m2 à Crans-Montana, Silo Bleu, une résidence d’étudiants de 305 chambres à Renens, ou Beaumont Sud, deux immeubles de 142 logements à Fribourg.

Le réseau de Claude Berda

Le directeur continue de recruter. Il dit avoir de la peine à trouver les bons profils à Genève et devoir puiser en France. «Où il y a de réelles écoles de conduite de travaux», glisse-t-il.

Edifea cartonne car elle a la réputation de proposer des prix agressifs, selon le magazine «Bilan». D’autres y voient la patte de ses administrateurs, qui ont des moyens et un réseau, surtout après l’entrée dans son capital, en 2015, du milliardaire Claude Berda, représenté par son bras droit, Jean-Bernard Buchs, par le biais d’Immoparticipations SA. Cette dernière société vient d’ailleurs de racheter la Régie du Rhône, laquelle est dirigée par Jérôme Félicité, président du conseil d’administration d’Edifea.

Celle-ci supervise la construction d’un bon tiers des mille logements qui sortent actuellement de terre dans le quartier de l’Étang et qui doivent être livrés en 2021. La société qui a monté ce gigantesque projet, Bugena SA, est administrée par Jean-Bernard Buchs et Claude Berda en est actionnaire.

«Nouveaux acteurs»

«Traditionnellement, les chantiers étaient pris en main par des promoteurs qui supportaient l’entier du risque de promotion en achetant le terrain pour revendre les logements clés en main, estime le secrétaire général de l’Association des promoteurs et constructeurs genevois, Philippe Angelozzi. C’est toujours le cas, mais avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux modèles d’affaires.»

«Le développement d’Edifea est spectaculaire, pas habituel dans un secteur en croissance pourtant», selon Nicolas Rufener. Le secrétaire général de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment n’en demeure pas moins critique vis-à-vis des entreprises générales parce que leur position désormais dominante leur permet souvent d’imposer des conditions difficiles aux constructeurs sur un marché très concurrentiel.

Concurrentiel et porteur car on n’a jamais autant construit en Suisse romande. Bertrand Duckert n’écarte d’ailleurs pas l’éventualité d’ouvrir une quatrième antenne, à Neuchâtel, où le poids lourd s’active également.

Créé: 13.09.2019, 17h04

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