Sous les fleurs, des pavés? Luc Barthassat face à Salika Wenger

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Nos deux candidats au Conseil d’État, ce jour, Luc Barthassat, conseiller d’État PDC et Salika Wenger, députée, candidate Ensemble à Gauche au Conseil d’État ont plusieurs choses en commun. La passion de la politique notamment. Tous deux ont été des travailleurs qui se sont «heurtés à la dureté de la chose», comme disait André Chavanne quand il se remémorait sa jeunesse, le fossoir à la main, dans les marais de Charrot. Luc Barthassat, quand il était conseiller national, aimait à rappeler qu’il levait des poubelles, balayait les villages. Salika Wenger connaît, elle, le poids des pavés. C’est en écho à Mai 68 que nous avons demandé aux 31 candidats au Conseil d’État genevois de dire aux Genevois leurs convictions et leurs premières actions s’ils sont élus ou réélus à l’issue du second tour le 6 mai. Notre dossier: www.election2028.tdg.ch

Une révolution est en marche

Luc Barthassat, conseiller d’État PDC

Un nouveau Conseil d’État sera élu le 6 mai 2018 et je me dis: «Ah seigneur, Mai 68, cela fait déjà cinquante ans.» J’avais à peine 7 ans, et je me souviens, les gens exprimaient leur ras-le-bol. Je trouve intéressant le symbolisme de ces élections genevoises, un dimanche de mai 2018, car nous vivons en cette période des moments tout aussi sensibles.

Ces quatre dernières années, j’ai bossé avec mes tripes, avec énergie et enthousiasme. J’espère être réélu pour poursuivre le travail; car il reste tant à faire. Je dois avouer que ça n’a jamais été facile, surtout au départ, quand il a fallu reprendre un département conduit pendant de nombreuses années par des personnalités d’un autre bord politique. Je me rends compte avec recul que mon arrivée a effectivement choqué plus d’un.

Mais voilà, la législature se termine et je suis fier d’avoir mené à bien ma mission. Mon département a entrepris un programme de modernisation progressive des outils de gestion du trafic, en participant à la mise en œuvre de la nouvelle loi pour une mobilité cohérente et équilibrée, qui réorganise et hiérarchise les flux de circulation par zones géographiques.

En décembre 2017, nous avons inauguré la Centrale de régulation du trafic, qui réunit sous un même toit les principaux acteurs de la mobilité du canton (la Direction générale des transports, la police cantonale et les TPG). Bien que bloqué après la baisse des tarifs Unireso, j’ai toujours recherché à obtenir les moyens pour développer le réseau de transports publics de notre canton ainsi que son attractivité. C’est avec cette vision que 5 lignes express ont été créées et certaines dessertes (organisations internationales, pôles hospitaliers, etc.) ont été améliorées.

Aujourd’hui déjà, nous préparons l’offre des transports publics de demain. Les Genevois et Genevoises doivent savoir que le réseau de trams sera étendu de près de 15 km supplémentaires d’ici à 2025. Les 230 km de lignes de train du Léman Express permettront de relier toute une région dès décembre 2019, le réseau routier s’agrandira également avec la mise en service de nouveaux axes qui permettront de pacifier les centres et de fluidifier la circulation sur les axes structurants, tels que la route des Nations. De plus, nous avons obtenu le financement pour plus de 30 millions en faveur de la mobilité douce alors que nous avons développé durant cette législature 56 km de pistes et de voies cyclables.

Nous pouvons dire qu’une révolution est en marche en matière de priorisation des modes doux à l’hypercentre et au centre-ville. Enfin, en ce qui concerne l’air et l’environnement, c’est une satisfaction de pouvoir dire à toutes les personnes fragiles, notamment les jeunes enfants et les personnes âgées, que nous n’avons connu aucun épisode de smog depuis deux ans. C’est du jamais-vu depuis que l’État mesure la qualité de l’air, soit depuis vingt ans! Cette évolution qui semble bien s’installer nous encourage à poursuivre les actions que nous avons engagées et planifiées en faveur de la qualité de l’air.

C’est sur cette voie que je compte poursuivre mon action, pour offrir aux Genevoises et aux Genevois un environnement de qualité et où il fait bon de vivre.

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Sous les pavés… des pavés!

Salika Wenger, députée, candidate Ensemble à Gauche au Conseil d’État

En 1968, j’ai 19 ans, je travaille, je suis au PCF et j’habite le Quartier latin. Comme tous ceux qui sont originaires des classes «laborieuses», j’observe un peu étonnée ce qui se passe dans la rue. Les occupations de lieux de travail, les grèves, les multiples revendications répétées de mieux vivre, de liberté d’expression, de libération. Le souvenir de ce printemps politique de douze jours reste encore vif et formateur. Mais cette émulation à laquelle j’ai participé avec véhémence est très vite récupérée.

En quelques mois, les revendications politiques de changement de vie se sont transformées, de cela personne ne parle jamais! Les villes sont envahies par une vague d’héroïne et de haschisch qui, tel un tsunami, brise les espoirs et les luttes qui se perdront pour longtemps dans les paradis artificiels. Arrivée en Suisse, je me plonge dans l’antithèse des luttes armées et des rudes revendications. Une démocratie d’argent installée depuis des siècles sur le péage du Gothard. Il me faudra des années pour appréhender Genève, cette ville devenue ma ville, capitale d’un canton qui étale tranquillement ses vignes sur la frontière d’une France à bout de souffle.

Pas besoin d’un guide touristique pour comprendre qu’ici comme ailleurs, il y a des perdants. Il m’aura suffi de croiser, dans un tram, un regard déjà fatigué à 6 heures du matin pour savoir que la lutte n’est pas finie. Élue à de réitérées reprises au Grand Conseil, je rempile pour une nouvelle législature.

Parce que les rapports sociaux n’ont pas changé, les nécessités restent les mêmes: un salaire minimum qui permet de vivre sans faire la manche, des logements construits et pensés aussi pour ceux qui n’ont hérité que de fins de mois difficiles, des transports publics gratuits à leur service et non au service de ceux qui les exploitent, un partage des savoirs sans discrimination, des services de santé de proximité, des assurances qui se préoccupent plus du bien-être des assurés que de celui des actionnaires, une politique d’aménagement respectueuse de l’avenir des plus jeunes, des crèches gratuites pour permettre aux femmes d’exercer librement un travail à salaire égal avec les hommes. La liste est longue, mais toutes les nécessités qui la composent ont en commun d’être des services publics.

Certains parleront du coût, ce sont les mêmes qui à chaque législature en profitent pour baisser les impôts des plus riches et avec insolence ignorent les difficultés des autres. 2018, cinquante ans plus tard, il ne reste rien de nos rêves et espoirs. Genève continue d’être le coffre-fort des plus riches et le peu d’avancées sociales que nos parents avaient obtenues de haute lutte disparaissent, effacées par ceux qui oublient que leur fortune est faite du travail de ceux-là mêmes qui sont déjà fatigués à 6 heures du matin. Parce que je reste convaincue qu’il faut une redistribution plus juste des richesses, que je sais les difficultés de ceux que je défends, pour moi la lutte continue.

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Créé: 30.03.2018, 17h39

L’élection le 15 avril du parlement et du gouvernement genevois pour la législature 2018-2023 coïncide avec les 50 ans de Mai 68. Nous avons demandé à chacun des trente et un candidats qui brigue un des sept sièges du Conseil d’État de jeter des fleurs ou des pavés au parlement et au gouvernement sortant et surtout de dire quelles seront leurs premières actions s’ils sont élus le 6 mai à l’issue du second tour. Seront-ils plutôt carotte ou bâton?




Bon plan: En 31 ou 60 questions, le site www.smartvote.ch mesure votre proximité relative avec la plupart des candidats.


Retrouvez notre dossier Élections 2018: www.election2018.tdg.ch


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