La Ville annonce la fin de la pénurie des places en crèche

Petite enfanceLa Ville de Genève prévoit de créer près de 1000 nouvelles places en crèche d'ici à 2020.

Image: Illustration/P. Frautschi

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les jeunes couples ont de quoi se réjouir. Selon les dernières prévisions du Service de la petite enfance, la Ville de Genève pourra répondre, dès 2018, à la quasi-totalité des demandes de places déposées par des parents en activité. «C’est une bonne nouvelle, se réjouit la magistrate en charge du dossier, Esther Alder, relevant également le travail réalisé par ses prédécesseurs, dont Manuel Tornare. On voit enfin le bout du tunnel.»

En dix ans, la Ville a créé plus de 1200 places. Alors qu’elle couvrait moins de 60% des besoins exprimés par les familles en 2010, elle répond aujourd’hui à près de 80% des demandes. Et ce taux devrait atteindre 95% d’ici trois ans.

Un coût de 28 millions

Pour y arriver, la Municipalité projette d’ouvrir pas moins d’une dizaine de nouvelles structures dans les cinq prochaines années, pour un total de près de 1000 places supplémentaires. Trois lieux ouvriront leurs portes en 2015 déjà: les crèches Ella Maillard au boulevard de la Cluse (69 places), Origami – fruit d’un partenariat avec l’entreprise privée Japan Tobacco International – dans le quartier de Sécheron (104 places) et Châteaubriand-Léman aux Pâquis (47 places). Le réaménagement de certaines structures existantes permettra en outre d’accueillir une cinquantaine d’enfants supplémentaires.

Mais une telle offre a un prix. La Ville évalue à 40 000 francs le coût de fonctionnement d’une place en institution, dont 28 000 francs sont aux frais de la collectivité publique. Le futur Conseil municipal acceptera-t-il d’allonger de 28 millions de francs la ligne budgétaire consacrée à la petite enfance?

Au vu de la nouvelle configuration du parlement, une majorité sera difficile à constituer. Les libéraux-radicaux émettent déjà quelques réserves. «Où pense-t-elle trouver l’argent? s’interroge le conseiller municipal Adrien Genecand. En 2014, la Ville a perçu 50 millions de francs de moins et cela ne va pas s’arranger en 2015. Il faudra soit augmenter les impôts, ce que nous refuserons, soit diminuer d’autres charges.» Sa collègue Natacha Buffet-Desfayes estime, pour sa part, qu’«il faudra étudier les projets au cas par cas», mais privilégie les partenariats publics-privés «plus viables sur le long terme».

Stabilisation des demandes

La Ville peut toutefois tabler sur une tendance rassurante: le nombre de demandes déposées chaque année semble se stabiliser depuis trois ans. «Nous avons durci les critères d’inscription, note Sandra Capeder, cheffe du Service de la petite enfance. Nous n’acceptons plus par exemple les familles qui n’habitent ou ne travaillent pas sur le territoire communal, et demandons davantage de documents à fournir. Cela dissuade certaines personnes à déposer leur dossier.» Autre explication à cette situation: la migration des jeunes parents vers les communes suburbaines où les loyers sont souvent plus abordables.

Un soutien du Canton?

La révision de la loi sur l’accueil préscolaire devrait par ailleurs permettre à la Ville de réduire une partie de ses charges. Actuellement en consultation, le texte prévoit que le Canton soutienne financièrement les structures d’accueil communales. «Il s’agit davantage d’une incitation à créer des nouvelles places que d’un réel financement», nuance toutefois Sandra Capeder.

La nouvelle loi fixerait d’autre part un taux d’équipement moyen à atteindre pour les communes et envisagerait une contribution de la part des entreprises. Les sociétés qui financent déjà des places à leurs employés en seraient évidemment libérées. (TDG)

Créé: 28.04.2015, 13h01

Lausanne aussi manque de structures

La pénurie de places de crèche n’est pas une problématique exclusivement genevoise. Lausanne manque aussi depuis plusieurs années de structures d’accueil. Si les statistiques ne sont pas toujours comparables, on peut se référer à un chiffre: le pourcentage d’enfants âgés entre 0 et 4 ans qui bénéficient d’une place en institution. Il est d’environ 50% à Genève en 2013, contre 54% à Lausanne en 2015. «Le délai d’attente moyen pour obtenir une place est de six mois, note Jean-Claude Seiler, chef du Service d’accueil de jour de l’enfance pour la ville de Lausanne. Notre objectif pour les années à venir est de maintenir ce taux de 54% malgré l’augmentation de la population.»

C.G

Articles en relation

Des PME romandes livrent des crèches clés en main

Petite enfance En l’espace de huit ans, Pop e poppa et Cap Canaille ont développé 18 établissements. Plus...

Les crèches de Veyrier sont remises sur les rails

POLITIQUE Le conseil municipal a voté mardi soir à l'unanimité pour la création de 28 places de crèche provisoires à l'école rose. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.