«Fières, vénères et pas prêtes à se taire!»

Grève des femmes«Le 14 juin, nous serons nombreuses à croiser les bras», promettent les organisatrices. Elles invitent les hommes à manifester.

Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Notre pays avait connu un vrai raz de marée fuchsia, le 14 juin 1991, lors de la première grève des femmes. Une vague violette – couleur féministe internationale – va-t-elle à présent inonder la Suisse? C’est ce qu’espèrent, confiantes, les organisatrices d’une nouvelle grève, programmée vendredi (notre édition du 5 juin).

À Genève, des collectifs, syndicats et autres organisations travaillent d’arrache-pied pour concocter un programme à la hauteur de «ce grand jour qui se veut bruyant, festif et fortissimo»… à l’image de cette militante que l’on découvre, le bras tendu et le poing serré, sur une affiche dédiée à la promotion de ce rendez-vous qui s’organise depuis plus d’un an.

Le collectif de la grève féministe genevois a prévu une multitude d’actions dans tout le canton, que ce soit dans les quartiers, sur les lieux de travail et de formation, à la maison ou dans la rue. À commencer par de nombreux pique-niques collectifs.

Liées à tous les domaines de la vie des femmes, les revendications ne manquent pas… On en compte une petite vingtaine, résumées dans le manifeste et l’appel national à la grève. L’égalité salariale, mais aussi les discriminations cachées telles que les prestations non rémunérées (tâches ménagères, éducation des enfants, aide aux proches). Une réalité qui n’est pas sans effet sur les 37% de différence entre les rentes des hommes et celles des femmes…

Crèche et écoles, gare!

«Le 14 juin, nous serons nombreuses à croiser les bras, promettent les militantes. Notre mobilisation est largement soutenue, tant par les femmes que par les hommes. Une majorité de la population réclame des changements pour favoriser l’égalité.» Plusieurs décisions et faits récents confirment la nécessité de se mobiliser, selon elles: le Conseil fédéral vient notamment de refuser d’instaurer un congé paternité qu’il juge trop cher pour l’économie… «alors qu’il annonce l’achat d’un avion de combat pour un coût estimé à 8 milliards de francs! Un montant qui permettrait de payer le congé paternité pendant les trente prochaines années, au minimum. Or la conciliation entre travail et famille passe assurément par une mesure comme le congé parental.»

Les organisatrices sont aussi violettes de colère en constatant «qu’une femme sur sept perd son emploi à cause de la maternité, une discrimination crasse puisque les hommes aussi deviennent pères, sans que cela ne prétérite leur vie professionnelle». Et que dire de la multiplication des prises de position en faveur de la hausse de l’âge de la retraite des femmes, alors que la majorité des citoyennes et citoyens a déjà refusé ce projet en votation? «Il faut augmenter les rentes, pas l’âge de la retraite, et garantir un salaire égal pour un travail de valeur égale. Le temps de travail doit par ailleurs être réduit, afin de sortir du piège du temps partiel.»

La violence faite aux femmes est également condamnée: «En Suisse, une femme sur cinq a subi un acte sexuel non consenti: le sexisme est banalisé, l’éducation au consentement mutuel inexistante. Il est urgent de mettre en place un plan national de lutte contre les violences sexistes, homophobes, transphobes et de mettre en œuvre la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, en vigueur en Suisse depuis avril 2018.» Les étudiantes ne sont pas en reste: le groupe M.E.U.F des collégiennes et le collectif de l’UNIGE demandent, quant à eux, la mise en place d’une meilleure protection contre le harcèlement sexuel. Relevons que ces étudiantes ont réussi à obtenir la suppression des examens le 14 juin pour favoriser la mobilisation. À 90% féminin, le personnel de la petite enfance compte bien être de la partie. Tout comme les enseignants. Résultat: presque toutes les crèches seront fermées vendredi et un service minimum sera assuré dans les écoles.

Dès 15 h 24

Les organisatrices invitent la population à rejoindre dès 15 h 24 – moment qui symbolise l’heure à partir de laquelle les femmes ne sont plus payées au vu de l’écart salarial moyen de 20% entre femmes et hommes – la plaine de Plainpalais, d’où partira le cortège à 17 heures. Il s’annonce coloré et bruyant, notamment grâce à la chorale NaNa’n’Air. Les manifestants devraient rejoindre, deux heures plus tard, le festival Bastions de l’égalité, organisé les 14 et 15 juin par le Centre de liaison des associations féminines de Genève.

À trois jours de l’événement, les militantes savourent l’instant: «La presse n’a jamais autant parlé de notre cause!»

Créé: 11.06.2019, 07h14

Articles en relation

«Faire la grève à partir de 15h24»

Le Matin Dimanche La grève des femmes du 14 juin, l'actu chiffonnée par Claude-Inga Barbey dans sa vidéo «Olé!» N°40. Plus...

«Le 14 juin est une bataille pour la dignité»

Grève des femmes Devenue conseillère fédérale en 1993, Ruth Dreifuss avait participé à la préparation de la grève de 1991. La Genevoise livre ses souvenirs et dit ses espoirs pour 2019. Plus...

Les APM vont remplacer les patrouilleuses en grève

Sécurité Des policiers municipaux ont dû être appelés en renfort dans le cadre de la manifestation du 14 juin. Plus...

Presque toutes les crèches seront fermées le 14 juin

Ville de Genève À 90% féminin, le personnel de la petite enfance participera activement à la grève des femmes. Plus...

Violettes de colère, les femmes s’activent

Egalité Le collectif de la grève féministe genevois a dévoilé, ce mardi, son riche programme pour la journée du 14 juin. Une manifestation où les hommes sont les bienvenus Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les grands partis désemparés
Plus...