Les fêtes de l’été sont à la limite de la rupture. Hasard ou nécessité?

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La Genève estivale et festive est en crise. Il y a d’abord la Lake Parade. Les «feux» étaient à l’orange pour cette manifestation depuis plusieurs années: fréquentation en baisse, frais de sécurité en hausse, ringardisation du concept, né au début des années 90. Sa fin – les organisateurs n’avaient communiqué à personne qu’ils jetaient l’éponge – n’étonne donc pas. Mais l’événement s’ajoute et fait écho aux difficultés de la Fête de l’espoir, qui, elle, aura bien lieu finalement, ou aux vicissitudes de l’organisation de la fan zone de l’Euro, ou encore aux mutations des Fêtes de Genève.

Genève aime s’ennuyer? Les succès répétés de l’Escalade, de la Fête de la musique, du marathon démontrent l’inverse. Et puis comment savoir si ce qui se passe est lié à la fin de cycles naturels au cours desquels des équipes, des organisations, des concepts, trop longtemps répétés, se sont épuisés et sont en cours de remplacement? Ou si, au contraire, ce sont bien les demandes accrues et contradictoires, les réponses lentes des pouvoirs publics, de la Fondation Genève Tourisme, des habitants, etc. qui mettent à mal nos manifestations? Un peu des deux, même si dans le cas de la fan zone, la Ville a clairement traîné…

Ce qui est sûr, c’est que les Fêtes de Genève de 2016 ne ressembleront en rien aux éditions précédentes. Les Pré-Fêtes, fort appréciées des Genevois, n’auront pas lieu; vu de manière plus positive, la durée de la manifestation est raccourcie et l’emplacement des forains modifié. Le précédent historique de la crise des Fêtes de Genève à la fin des années 80 plaide pour la première hypothèse, mais il est difficile d’exclure la seconde.

En tout cas, les enjeux ne sont pas minces, puisque les Fêtes représentent environ 120 millions de francs de retombées économiques et sont une occasion de divertissement appréciée de beaucoup. A certaines choses malheur peut toutefois être bon. Les cartes étant rebattues, les pouvoirs publics ne doivent pas rater l’occasion d’instaurer plus de transparence et de concurrence dans le secteur du divertissement estival, qui s’en est longtemps joyeusement passé, tout en s’appuyant sur des subventions publiques, indirectes ou pas.

Un point toutefois ne changera pas: c’est l’étroitesse du domaine public. Alors que la population de la région ne cesse d’augmenter, les espaces disponibles pour l’accueillir au centre-ville restent les mêmes qu’il y a cent ans. La question de la déconcentration des manifestations festives à venir est posée, comme celle de leur encadrement. La création, à la Praille par exemple, de nouveaux espaces publics en plein air, suffisamment vastes pour accueillir les grandes manifestations à venir, s’impose.

Créé: 19.05.2016, 18h47

Articles en relation

La Lake Parade, c'est fini! Grogne autour du Lake Festival

Été 2016 Le défilé des lake mobiles sur les quais est virtuellement mort. Des forains genevois mettent Genève Tourisme sous pression. Plus...

Marc Bretton, Rubrique Locale

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...