Fêtes de Genève: Jean Barth face à Alain de Kalbermatten

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Les Fêtes de Genève drainent des centaines de milliers de personnes sur les bords du lac. Ces visiteurs viennent de tout le canton, du Grand Genève et de très loin aussi. Avec la Fête de la musique, c’est le temps fort de l’été. Cependant, les nuisances et la qualité de la manifestation déplaisent à quelques milliers de citoyens de la commune, qui ont déposé une initiative lancée par Jean Barth, citoyen, lanceur de l’initiative pour limiter sa durée à 7 jours et modifier son contenu. Seuls les citoyens de la ville et les étrangers établis depuis huit ans votent sur ce sujet, le 4 mars, et son contre-projet, défendu par Alain de Kalbermatten, conseiller municipal PDC, qui porte la durée à 11 jours. Certains, tel le PLR, défendent le double non. À ce sujet, lire le blog de Simon Brandt.

Coûts, nuisances: sept jours ou rien

Jean Barth, citoyen, lanceur de l’initiative

Lors du lancement de l’initiative, nous avions déjà insisté sur la nécessité d’élaborer un véritable concept artistique, culturel et festif, mis en œuvre par des artistes et des acteurs culturels locaux, digne de ce que Genève peut proposer de mieux à ses citoyens comme à ses hôtes.

Depuis 2015, nous avons aussi abondamment décrit toutes les nuisances subies par les habitants, ainsi que les dégâts à notre environnement naturel et urbain. Nous avons déjà dénoncé la confiscation de la rade, qui, défigurée, offre au regard de nos hôtes la vue d’un champ de foire, en lieu et place de son prestigieux panorama. Nous avons déjà rassuré les habitants de Plainpalais, les nuisances ne seront pas, soi-disant, déplacées d’un quartier à un autre, l’initiative est très claire à ce sujet, elle oblige les autorités municipales à prendre les mesures appropriées, en réduisant l’horaire des manèges tout en contrôlant et diminuant les décibels. Il nous reste à aborder l’aspect économique et à contrer les tentatives de chantage à la rentabilité et, de ce fait, à la pérennité des Fêtes de Genève.

Il faut savoir que:

1) Le budget annuel de l’organisateur des Fêtes, Genève Tourisme et Congrès, fondation de droit privé, s’élève à 10 millions de francs.

2) Cette somme est constituée d’argent public, fruit de la «taxe de séjour» et de la «taxe sur le tourisme» (loi du 24 juin 1993), perçues respectivement par les hôtels et auprès des commerces bénéficiaires des revenus du tourisme.

3) C’est donc toujours de l’argent public qui, contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, a financé, de manière appropriée ou non, l’organisation des Fêtes (Cour des comptes 2017).

4) Les prestations en nature, tant municipales que cantonales (sécurité, voirie, remise en état des pelouses, etc.), s’élèvent à plus de 2 millions de francs par année.

5) Si, comme l’affirme Genève Tourisme, les retombées directes et indirectes des Fêtes se montent à plus de 120 millions de francs par année (étude BAK Basel), celles-ci sont donc très rentables, contrairement à ce que prétendent des organisateurs et des autorités qui n’ont peur ni des contradictions ni des contre-vérités. Dès lors, serait-il illégitime d’attendre que les principaux bénéficiaires de ces retombées (les grands hôtels principalement) participent en cas de nécessité au budget de cet événement?

On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre, en bénéficiant d’une part des deux taxes qui reviennent à l’État de Genève – et devraient profiter à ses citoyens – et d’autre part des retombées financières des Fêtes, sans rien débourser en contrepartie. Non à la logique de privatisation des bénéfices et de socialisation des pertes. Oui à un éventuel partenariat public-privé et à la reprise en main de cet événement par les autorités.

Non à un contre-projet de onze jours qui n’apportera que peu de changements pour les habitants et qui, contrairement à l’initiative, ne les protégera en rien contre un allongement ultérieur des Fêtes par des Pré-Fêtes, Post-Fêtes ou autres subterfuges.

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Feux et fêtes: Post Lux… Tenebras?

Alain de Kalbermatten, conseiller municipal PDC

Le feu d’artifice en famille? Le claquement des verres à cocktail entre amis au bord du lac? Les cris de joie des enfants sur les manèges? Avec l’initiative que propose Jean Barth, tout cela va disparaître. Post Lux… Tenebras! Place au silence et à la contemplation de la rade, comme s’il s’agissait d’un tableau de Hodler.

De l’aveu même des organisateurs, la Fondation Genève Tourisme & Congrès, les Fêtes de Genève telles que nous les avons connues ces dernières années sont mortes. Si elles ont lieu à l’avenir, elles seront réduites à leur plus simple appareil. Mais pourquoi alors voter le 4 mars?

Pour le PDC et la majorité du Conseil municipal, cette votation revêt encore tout son sens car la réponse qui sortira des urnes permettra de donner un cadre pour la suite. Revenons un instant sur l’initiative puis sur son contre-projet.

Jean Barth, à l’origine de l’initiative «Pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales», n’en est pas à son premier coup politique. Mais que propose-t-il vraiment cette fois-ci? En réalité, pas grand-chose. On se rend vite compte que tout ce que vise cette initiative, sans toutefois le dire clairement, c’est supprimer définitivement les festivités estivales au bord du lac. Entre autres exemples, si l’initiative était acceptée, quel organisateur privé aurait sérieusement la capacité financière d’organiser des Fêtes autofinancées sur sept jours uniquement (un seul week-end!) alors que l’on sait que les investissements en infrastructures pour de tels événements sont lourds?

Quel organisateur aurait l’envie sincère d’organiser des Fêtes dont le contenu aurait préalablement été dicté par un comité non représentatif, composé d’associations de riverains et d’usagers au fonctionnement opaque? Personne. D’ailleurs, quelle est la légitimité de ces représentants d’associations plutôt que d’autres acteurs de décider du contenu des Fêtes? Aucune. Si l’initiative était acceptée, quel parent aurait véritablement envie de laisser son enfant faire un tour de manège sur le désert de la plaine de Plainpalais et ses températures avoisinant parfois les 40 degrés? Aucun.

Le contre-projet offre quant à lui un cadre beaucoup plus clair et flexible aux futurs organisateurs de festivités au bord du lac. Déjà, il garantit le feu d’artifice. Ensuite, il propose des festivités d’une durée de onze jours (deux week-ends), un bon compromis qui tient compte des nuisances causées aux riverains et du besoin de faire la fête sur ce site magnifique qu’est la rade. La durée de onze jours plutôt que sept n’est pas anodine, car cela permet à l’organisateur de rentabiliser ses investissements en infrastructures sans que le contribuable n’ait à mettre la main au porte-monnaie pour financer les Fêtes.

La rade est un site exceptionnel, un espace public que la population doit s’approprier pour s’y détendre, s’y divertir, y faire la fête! Ce n’est pas un lieu destiné à être aseptisé et austère. Genève est un cœur et ses habitants son pouls, ils méritent mieux que cela! Alors mobilisez-vous, allez aux urnes et votez non à l’initiative mais oui à un contre-projet rassembleur et festif! Ici, on vit.

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Créé: 21.02.2018, 17h16

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