La fête du printemps s’est déclinée sur fond de lutte à la Jonction

Le premier beau jour de l’année était multiculturel et festif au parc Gourgas. Une journée populaire, entre animations et militantisme

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La Fête du printemps, c’est un peu le marronnier de la Jonction. On n’a pas dérogé à la règle ce jeudi, lors du rassemblement festif autour du multiculturalisme de ce quartier entre Arve et Rhône. Une fête comme on les aime, à l’image de la population présente, avec des consommations à prix d’ami, des animations participatives et des spectacles de rue. Le tout dans une ambiance de douce effervescence printanière et militante.

Car si le temps était aux glaces et au marché aux puces des enfants, l’édition 2016 de cette manifestation coordonnée par la Maison de quartier de la Jonction (MQJ) résonnait aussi au son de la mobilisation citoyenne. Récolte de signatures pour diverses initiatives en cours, projets de quartier, mais aussi début de campagne contre les coupes budgétaires prévues en Ville de Genève et soumises au peuple le 5 juin. «Toutes les associations présentes ici sont touchées», souligne Julien Amey, animateur de la MQJ.

S’il est difficile pour les différents acteurs concernés d’évaluer réellement l’impact d’une diminution des coupes de 2% prévues, tous s’attendant à de grandes difficultés en cas d’acceptation du budget de la Ville. «Pour nous, par exemple, c’est une cinquantaine d’enfants que nous ne pourrions pas accueillir durant l’été à la Maison de quartier, détaille Julien Amey. Ensuite nous devrions réduire aussi, voire annuler certains projets.» Le mouvement la Culture lutte est aussi de la fête, mais pas à la fête. «On sensibilise la population aux conséquences de ces coupes et encourage les électeurs à se rendre aux urnes pour s’y opposer le 5 juin, explique la performeuse Sonia Rickli, auteure d’une initiative originale. Plutôt que de distribuer des tracts, on propose aux gens de louer des artistes pour un franc la minute. Ce peut être chanter, danser ou simplement partager notre réalité, comprendre la précarité guettant les artistes en cas d’acceptation de ces coupes.»

Afin d’attirer l’attention du public, Melissa Cascarino a coordonné plusieurs performances et interactions avec le public. Des prestations appréciées par des spectateurs solidaires. «On sent une belle énergie positive et leur volonté de se battre jusqu’au bout pour défendre la place des artistes dans la société, applaudit une quadragénaire entourée de ses enfants. Beaucoup de gens n’ont pas encore compris les enjeux. C’est tout un pan de la société qui sera touché par ricochet si ces coupes budgétaires passent.»

Leila Kramis, pianiste et enseignante, engagée aussi dans la Culture lutte, pointe l’incohérence entre les décisions politiques. «D’un côté, on sabre dans les subventions sociales et culturelles. Et de l’autre, la nouvelle loi sur la restauration et le débit de boissons met en péril les buvettes destinées à assurer, en partie, l'autofinancement des associations.»

(TDG)

Créé: 05.05.2016, 21h00

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