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Une ferme urbaine à la réalisation improbable

Le 4 mars, les habitants de Chêne-Bougeries devront dire s’ils acceptent le projet de plan localisé de quartier permettant le projet immobilier Place Rigaud.

Le périmètre du projet immobilier Place Rigaud, à Chêne-Bougeries.
Le périmètre du projet immobilier Place Rigaud, à Chêne-Bougeries.
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Le 4 mars, les habitants de Chêne-Bougeries se prononceront sur le projet immobilier Place Rigaud. Ce dernier prévoit onze immeubles de deux à quatre étages sur rez (268 logements) sur la parcelle privée Grosjean, située en zone villas, exploitée jusqu’en 2012 par des maraîchers. Ils devront plus exactement dire s’ils acceptent les décisions de leur Conseil municipal de préaviser favorablement la modification de zones et le projet de plan localisé de quartier, nécessaires pour voir aboutir ce projet qui compte également des espaces verts, des jardins potagers, un immeuble adapté aux personnes âgées et des commerces. Or, le comité référendaire a d’autres vues. Il souhaite que la Commune rachète le terrain afin d’y implanter une ferme urbaine, un parc public et des jardins.

Pour les partisans du projet immobilier, qui jugent un tel rachat illusoire, il ne s’agit que d’un écran de fumée. Il faudrait que le propriétaire, l’ancien maire François Grosjean, cède son terrain à Chêne-Bougeries. Les partisans estiment que la Commune devrait débourser, rien que pour la parcelle – sans compter les travaux de rénovation et les frais de fonctionnement – entre 20 et 40 millions de francs. Un montant réaliste? Oui, pour ce qui est du chiffre le plus élevé, selon un document qui recense les prix indicatifs en zone villas à Genève pour 2017, produit par Analyses et Développements Immobiliers, un expert immobilier de référence. Il y est indiqué que dans le périmètre concerné, le mètre carré vaut entre 1100 et 1700 francs. Pour la parcelle en question, d’environ 32 000 m2, le prix oscillerait donc entre 35 et 55 millions de francs.

À quoi font référence les 20 millions de francs? C’est le montant qu’il faudrait aligner si le terrain était déclassé en zone de développement – comme c’est prévu pour l’heure – avant un potentiel rachat par la Commune. À quelque 600 francs le m2, l’estimation est juste. Reste qu’il serait tout simplement impossible d’obtenir un déclassement en zone de développement pour construire une ferme urbaine, une telle zone étant par définition destinée à accueillir du logement.

Sachant que le budget de la Commune pour 2018 tourne autour de 40 millions, un achat entre 35 et 55 millions serait-il envisageable? Si Hans Stalder, du comité référendaire, a mis en avant le projet de ferme urbaine en conférence de presse la semaine dernière, il admet qu’il est trop tôt pour se prononcer. «Pour l’instant, il s’agit de s’opposer au projet. On n’a pas d’idée précise pour la suite. Si on gagne, on se mettra autour de la table avec la Commune et l’État pour discuter de ce qui est possible.»

En se fiant aux forces politiques du Municipal, Marion Sobanek, elle, juge «très improbable» un tel rachat. «Il y a eu refus chaque fois qu’il s’agissait d’acheter une parcelle constructible», relève la conseillère municipale PS, favorable au projet immobilier. Elle précise qu’au vu de la fortune de la Commune, le prix ne serait pas forcément rédhibitoire. Mais un projet tel qu’envisagé par les référendaires «ne figure absolument pas dans les priorités. La priorité pour les Genevois, c’est le logement, d’autant qu’ici nous avons assez d’espaces verts à proximité. Et la commune doit faire face à de gros chantiers.»

Ce n’est pas la seule raison pour laquelle le rêve d’une ferme urbaine semble compromis. Quels que soient les choix de la Commune en matière d’urbanisation, ils doivent être approuvés par le Canton, qui a le dernier mot. Or, le plan directeur cantonal identifie cette zone comme créatrice de logements. Il paraît dès lors peu réaliste d’y construire autre chose.

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