Le féminisme édulcoré de Maïa Mazaurette à Genève

ConférenceInvitée par Sandrine Salerno, l’auteure et chroniqueuse sexo du «Monde» a livré son point de vue sur la séduction et les rapports entre hommes et femmes.

Maïa Mazaurette, auteure et chroniqueuse au «Monde».

Maïa Mazaurette, auteure et chroniqueuse au «Monde». Image: DR

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Bonbon à la fraise. C’est le goût que nous a laissé en bouche la conférence de Maïa Mazaurette mercredi soir au Théâtre Saint-Gervais. L’auteure et chroniqueuse sexo du «Monde» et du «Temps», 41 ans, a évoqué «la séduction à l’heure des résistances». Ou comment «repenser la rencontre sexuelle en 2019». Dans le public clairsemé, une majorité de femmes de tout âge, principalement trentenaires. Quelques hommes aussi, venus avec leur compagne.

«Cette conférence s’inscrit dans la politique de la Ville de promouvoir l’égalité, de lutter contre les stéréotypes et les discriminations basées sur le genre», rappelle Sandrine Salerno en préambule. Présentée comme une «sexperte» et une femme «pensant out of the box» (soit capable d’une réflexion originale) par la maire de Genève, Maïa Mazaurette monte sur scène, sa barrette à nœud de lolita fichée dans sa queue-de-cheval rousse.

L’insistance masculine, cette plaie

«Ma mère m’a toujours dit que si un homme me plaisait, il fallait que je l’ignore», commence la conférencière, tout en projetant des photos humoristiques sur grand écran. À l’aise sur scène et empathique, elle embraie sur l’équation «dépassée» résistance-insistance de la séduction. «Si même les femmes intéressées disent non, alors les hommes apprennent qu’ils doivent insister.»

Elle évoque d’anciens succès hollywoodiens, des premiers «Star Wars» à «Indiana Jones», où la persévérance du héros face aux «refus réitérés» de la belle est récompensée par un baiser romantique. S’ensuivent rapidement des références à l’amour courtois, à la rédemption «judéo-chrétienne» récompensant la souffrance ou encore à des constatations personnelles présentées comme des généralités («On dit souvent que les femmes qui n’ont pas eu beaucoup de partenaires sont de meilleures amantes»).

Maïa Mazaurette évoque le «malaise» qui existerait chez les «couples mariés, deux enfants, un chien», qui se sont formés suite à l’insistance de l’homme auprès d’une femme indifférente au début. Les hommes et femmes amis avant d’être amoureux ne font visiblement pas partie du raisonnement… Dans cet exemple comme dans tant d’autres, aucune étude n’est citée.

L’insistance masculine doit changer, car elle serait l’antichambre du harcèlement. Maître dans l’art de ménager la chèvre et le chou, Maïa Mazaurette souligne qu’«il serait exagéré d’affirmer que la séduction relève de la culture du viol ( ndlr: ce qu’avancent pourtant certaines féministes), mais quand même». La solution au «problème»?

«Changer la culture. Apprendre aux femmes à exprimer leur refus moins cruellement et aux hommes à ne pas insister. Il y a quelque chose d’héroïque à savoir encaisser un refus avec élégance», estime Maïa Mazaurette. Tout en déplorant le succès des «coachs en séduction», soit des hommes donnant des techniques de manipulation pour séduire, elle dispense pourtant les mêmes conseils. Ainsi, comme eux, elle recommande aux hommes de «jouer les inaccessibles», afin d’éviter le harcèlement et de «changer les rôles».

Le cas épineux de l'instigatrice de #balancetonporc

Pour la définition du harcèlement sexuel, elle souligne la notion de répétition et de contexte. Nous l’interrogeons sur le cas de l’instigatrice du mouvement #balancetonporc, une journaliste qui avait subi des propos graveleux d’une connaissance professionnelle lors d’une soirée et qui avait livré le nom de l’indélicat sur Twitter. La justice française a-t-elle eu raison d’écarter la notion de harcèlement et de condamner récemment la journaliste à payer 15 000 euros d’amende? Oui, concédera Maïa Mazaurette du bout des lèvres, tout en dépréciant l’opiniâtreté des hommes à attaquer leurs accusatrices en justice. «Ce qui prouve leur culpabilité», conclura carrément une spectatrice.

Les prochains invités de la Ville pour promouvoir l’égalité des genres présenteront-ils des idées plus piquantes et novatrices que celles d’un féminisme pop édulcoré? On peut l’espérer.

Créé: 03.10.2019, 17h38

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