Des faux, des moutons et moins d’arrosage pour assurer la biodiversité

EnvironnementLa Ville de Genève a modifié sa façon de gérer les espaces verts.

Au parc La Grange, des moutons remplacent les tondeuses... Du moins dans leur enclos.

Au parc La Grange, des moutons remplacent les tondeuses... Du moins dans leur enclos. Image: Olivier Vogelsang

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Des faux à la place des débroussailleuses, des coquelicots qui font leur apparition au cœur de la cité ou des moutons qui paissent au parc La Grange. Autant d’indices du changement en cours. Initiée il y a quelques années, la mue du Service des espaces verts (SEVE) se poursuit. Objectif: favoriser la biodiversité, y compris en pleine ville.

1- Le contexte

En la matière, Berne sonne l’alerte. Dans sa synthèse 2016 portant sur la biodiversité, l’Office fédéral de l’environnement note que 36% des espèces de plantes, d’animaux et de champignons sont désormais considérées comme menacées. Autre chiffre alarmant: depuis 1900, 95% des prairies fleuries de Suisse ont disparu. Sans parler de «la diminution de la population d’abeilles et autres insectes pollinisateurs, qui représente un gros souci pour la préservation de la nature», souligne Guillaume Barazzone. En tant que magistrat chargé de l’Environnement urbain, ce dernier estime que «c’est principalement en ville que l’on peut agir, apporter notre pierre à l’édifice». D’où une politique active traduite sur le terrain par le travail du SEVE.

2- L’objectif

Aujourd’hui, selon les chiffres de la Ville, 50% des espaces verts font l’objet d’une «gestion différenciée». Le but est d’atteindre 100% en 2020. Mais de quoi parle-t-on? Exemples à l’appui, le chef du SEVE, Daniel Oertli, détaille: «Selon le potentiel écologique, la valeur culturelle et l’usage des lieux, on distingue trois catégories correspondant à trois types d’entretien.»

3- De l’intensif à l’extensif

Quelques lieux bénéficient d’un entretien quasi quotidien, avec un fleurissement deux fois par an minimum et un arrosage fréquent. L’exemple le plus évident n’est autre que l’Horloge fleurie. Le parc Hentsch ou les Bastions appartiennent, eux, à la catégorie la plus fréquente, soit celle des espaces fonctionnels. Les plantes vivaces sont privilégiées aux massifs fleuris et l’entretien mécanisé autant que faire se peut. Enfin, une troisième catégorie, la plus efficace pour favoriser la biodiversité, consiste à laisser la nature reprendre ses droits. Des espaces champêtres ont ainsi vu le jour, par exemple aux abords de la promenade des Crêts. «Il ne s’agit pas de faire moins bien mais différemment!» insiste Guillaume Barazzone.

4- Les effets

L’effet principal est, on l’aura compris, d’améliorer la biodiversité, comme en témoigne l’activité des ruches implantées dans la cité. «La gestion différenciée nous permet d’abandonner les produits phytosanitaires, souligne le magistrat PDC. De moins polluer en produisant du compost ou en valorisant la matière première issue des parcs, tel le bois pour faire des copeaux.» Autant d’éléments qui répondent aussi à des objectifs de santé publique. Autre exemple: le remplacement des surfaces goudronnées par du gravier permet une meilleure infiltration des eaux de pluie et donc de diminuer l’arrosage. C.Q.F.D.

5- Les méthodes

«Il a fallu réapprendre le métier et adapter les outils», indique Jean-Gabriel Brunet, adjoint de direction, responsable de l’entretien des espaces verts. Fini les herbicides. Désormais, des désherbeurs thermiques cuisent les plantes indésirables. Les faux, fabriquées sur mesure pour les employés, font des merveilles. «Cet outil ne vibre pas, ne fait pas de bruit et ne dégage pas de CO2 hormis la respiration du jardinier», poursuit l’expert.

6- En pratique

Pour assurer la mise en œuvre de ces changements, une carte précise le niveau d’entretien selon les zones. «Le tout à coût constant, conclut Guillaume Barazzone, et avec le même nombre de collaborateurs.»

Créé: 18.09.2017, 19h22

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