Les facteurs du dimanche

Il y a 140 ansIl y a 140 ans, «La Tribune de Genève», née le 1er février 1879, vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

La Une de la première édition du quotidien genevois

La Une de la première édition du quotidien genevois Image: DR

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La pluie, toujours la pluie, au programme de la rubrique locale de la «Tribune» il y a 140 ans: «Pas de changement sensible dans la crue du Rhône. La plupart des maisons riveraines ont leurs caves remplies d’eau. Le quai du Seujet, la rue de la Coulouvrenière sont presque impraticables et la pluie n’a pas l’air de s’arrêter: les bulletins météorologiques sont encore moins rassurants et le baromètre se livre parfois à des écarts tels que nombre de bonnes gens qui avaient une foi implicite en ses oracles en sont arrivés à un scepticisme affreux: il n’y a plus que les marchands de parapluies qui sont de bonne humeur; pour eux au moins l’année aura été bonne.»

Autre sujet d’intérêt: les facteurs! Il est suggéré par un lecteur, comme l’indique l’entrée en matière «On nous écrit». «Le public de notre ville avait trouvé juste, paraît-il, que les facteurs eussent si possible quelques heures de plus [de liberté] le dimanche. La pétition qui réclamait la suppression de la seconde distribution, ce jour-là, s’est rapidement couverte de beaucoup de signatures. Tout à coup, chose étrange, les facteurs eux-mêmes ont protesté contre le bien qu’on voulait leur faire. A-t-on jamais vu des hommes assujettis à un travail comme le leur refuser du soulagement? Il doit y avoir une anguille sous roche. Quoique plusieurs d’entre eux aillent disant à qui veut l’entendre que la mesure réclamée est préjudiciable à leurs intérêts, le bon sens nous dit qu’il n’en est rien. Si l’on en croit la rumeur publique, il y aurait là une manœuvre destinée à faire échouer à tout prix la pétition et les facteurs en sont les aveugles instruments. En attendant de la savoir nous souhaitons que la pétition continue à faire son chemin.»

Cap sur Paris, grâce à une «correspondance particulière de la «Tribune», datée du 14 juillet. Le seul fils de l’ex-empereur Napoléon III, dont le règne s’est achevé huit ans plus tôt, a été tué à l’âge de 23 ans en Afrique du Sud, le 1er juin 1879. La présence du prince Jérôme dit Plon-Plon, cousin germain du dernier empereur, aux funérailles de ce jeune homme, le signale comme le nouveau «chef incontesté» du parti bonapartiste. Que ce prince démocrate et anticlérical ait été vu agenouillé pieusement et maniant le goupillon paraît de bon augure au correspondant de «La Tribune»…

Créé: 16.07.2019, 07h08

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