Face à la violence, les HUG renforcent leur sécurité

GenèveL’hôpital veut limiter les risques dans son enceinte, des patients agressifs aux fuites chimiques.

La plupart des interventions tournent autour de patients agressifs, envers eux-mêmes ou autrui.

La plupart des interventions tournent autour de patients agressifs, envers eux-mêmes ou autrui. Image: Lucien Fortunati

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Leur uniforme répond à un code couleur apaisant et discret: haut bleu foncé avec le logo des HUG, pantalon beige. Ils préfèrent ne pas être identifiés dans la presse car ça nuirait, estiment-ils, à leur travail. Ils ont un bâton tactique – une sorte de matraque – et des menottes, mais c’est bien de diplomatie et de sang-froid dont ils doivent faire preuve. De la gestion d’un patient agressif à celle d’une fuite chimique dans un laboratoire d’analyse.

Ces «couteaux suisses» – comme ils se considèrent volontiers – sont les agents de sécurité des HUG, les rouages essentiels d’une nouvelle vision sécuritaire au sein de l’hôpital. Ils constituent l’une des facettes du Service Prévention Sécurité Surveillance (SPSS) des HUG, où ils travaillent en coordination avec des ingénieurs, des chargés de sécurité et des techniciens de la prévention incendie. Depuis le mois de mars 2017, le SPSS est directement rattaché à la direction générale de l’institution. Une structure souple qui doit leur donner plus de réactivité.

Nouvelle vision

«Avant, la sécurité était souvent vue comme un mal nécessaire», indique Alexandre Garrido, responsable de la sécurité aux HUG. «Désormais, on la perçoit plus comme un outil transversal de gestion et de planification.» Comme un tout, elle s’imbrique dans le fonctionnement quotidien de l’hôpital. Les agents de sécurité travaillent ainsi en étroite collaboration avec le reste du personnel.

La plupart des interventions tournent autour de patients agressifs, envers eux-mêmes ou autrui. «On intervient pour rétablir le lien avec le personnel médical», explique Pascal Brescia, superviseur des agents de sécurité. «II faut être suffisamment fort pour ne pas avoir besoin de faire usage de la force», résume Marc Hofer, en charge de la formation des agents au sein du SPSS.

L’agent joue le rôle d’atout pour maintenir le contact thérapeutique avec un patient quand le corps médical n’y arrive plus, par exemple lorsqu’un patient est en décompensation psychiatrique. Il est dans ce cas considéré comme un auxiliaire de soins. La violence, à l’hôpital, tend à croître avec les années, la paupérisation de la population, l’ouverture des frontières. Le nombre de patients et la taille de l’hôpital – dont les bâtiments s’étalent sur une cinquantaine d’hectares entre Belle-Idée et Cluse-Roseraie – augmentent d’année en année.

Année record en 2017

L’an dernier, nos hommes en bleu et beige sont intervenus à 5065 reprises pour des situations conflictuelles, près de quatorze fois par jour, un record. Par année, entre trente et cinquante cas de violence contre des collaborateurs poussent les HUG à porter plainte.

Question effectif, aussi, la donne a changé. En 1980, quand l’hôpital a ouvert son premier service de sécurité, au sein d’un département technique, il recensait deux agents. Ils intervenaient alors surtout le week-end, pour calmer des patients alcoolisés. Ils sont désormais plusieurs dizaines et leurs effectifs devraient croître encore dans les prochaines années. Les pics de fin de semaine n’existent plus. «Les alcoolisés et les toxicomanes, ça peut être tous les jours maintenant», selon Marc Hofer.

Une nouvelle donne qui a engendré, depuis deux mois, une formation supplémentaire, en collaboration avec la police et les pompiers. (TDG)

Créé: 11.01.2019, 17h59

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