Face à l’expansion du coronavirus, les HUG veulent informer et rassurer

Santé publiqueUn colloque d’information aux soignants a attiré les foules. Zoom sur les doutes et les protocoles.

Le professeur Laurent Kaiser, chef du Service des maladies infectieuses, entouré de spécialistes en virologie, revient sur l’état actuel des connaissances avant de répondre aux questions.

Le professeur Laurent Kaiser, chef du Service des maladies infectieuses, entouré de spécialistes en virologie, revient sur l’état actuel des connaissances avant de répondre aux questions. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Mardi, le coronavirus – cette nouvelle infection qui peut provoquer de graves maladies respiratoires – continuait sa progression. On enregistrait près de 5000 cas confirmés, la majeure partie en Chine et quelques-uns en France, aux États-Unis, en Australie et dans une demi-douzaine de pays d’Asie. Plus de 100 patients sont déjà décédés. En Suisse, où aucun cas n’a encore été avéré, l’heure est à l’information.

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a tenu mardi une conférence de presse sur le sujet. Un peu avant, à Genève, les Hôpitaux universitaires (HUG) ont organisé un colloque pour les professionnels de la santé, intitulé «Coronavirus: réalité et incertitudes». Dans le but de faire le point, de répondre aux interrogations des soignants et, par ricochet, aux inquiétudes du public. Une action visiblement nécessaire: à 8h, l’auditoire des HUG déborde de blouses blanches. Le professeur Laurent Kaiser, chef du Service des maladies infectieuses, entouré de spécialistes en virologie, revient sur l’état actuel des connaissances avant de répondre aux questions. Un médecin d’une clinique s’interroge: «Nous accueillerons prochainement un patient de Chine pour une coloscopie. Devons-nous le refuser?» Réponse négative du panel d’experts. «À moins qu’il ne présente des symptômes respiratoires, et dans ce cas, il faut un dépistage. Les résultats sont disponibles en quatre heures.»

Risque d’épidémie?

Un autre veut savoir combien de temps un patient reste contagieux. «Par analogie avec les autres virus, nous pensons qu’il est contagieux tant qu’il y a des symptômes.» La phase d’incubation ainsi que le détail de la transmission font encore l’objet d’incertitudes. Le «profil» des individus est soumis à hypothèses. «Pour l’instant, rien ne montre que le virus s’attaque aux plus jeunes, rapporte Laurent Kaiser. Dans plus de 72% des cas, les malades ont plus de 40 ans, 64% sont des hommes et 40% présentent des facteurs de comorbidité.»

On évoque la crainte d’une épidémie en Suisse. Laurent Kaiser se veut rassurant – «L’évolution du nombre de cas reste modeste à l’échelle de la Chine et de son milliard et demi d’habitants» – mais l’évaluation des risques n’est pas aisée. «Nous ne savons pas si un malade peut transmettre le virus à plusieurs autres individus. Le virus du sras par exemple (ndlr: qui a causé 800 morts au début des années 2000), similaire à 80% au coronavirus, n’était pas adapté pour créer des chaînes de transmission soutenues et il a finalement été éradiqué.»

Il ajoute qu’en regard des cas déclarés, le coronavirus semble être dans un cul-de-sac évolutif. «Il n’y a, pour l’instant, que des cas déclarés de personnes qui ont voyagé en Chine. Mais s’il s’avérait qu’il existe des contaminations hors de la Chine, alors ce serait un signal sérieux que ce virus peut s’installer chez nous.»

Un protocole établi

Ce colloque est aussi l’occasion de rappeler les protocoles à suivre face à une suspicion de contamination ou d’un cas avéré. Alors que la grippe est en pleine expansion et «parasite» l’identification du coronavirus, le professeur rappelle la définition, encore large, de ce nouveau virus: symptômes respiratoires avec ou sans fièvre et, condition indispensable, un lien épidémiologique dans les quatorze derniers jours, soit par un voyage en Chine, soit par un contact avec une personne infectée ou suspectée de l’être.

L’évaluation se fait au cas par cas et il est recommandé aux médecins de ne pas envoyer systématiquement les patients éventuels aux Urgences. La procédure de prise en charge d’un individu qui a voyagé en Chine et présente des symptômes prévoit qu’il soit isolé dans une chambre et porte un masque. Un test révèle s’il est contaminé, auquel cas il sera placé en chambre d’isolement.

Des cellules de crise impliquant les soignants, la sécurité ou encore les filières d’élimination des déchets ont lieu régulièrement. Une ligne téléphonique à l’intention du personnel médical a été créée et le public peut s’informer sur le site de l’OFSP. Celui-ci a d'ailleurs ouvert une hotline .


À noter encore qu'il est possible de suivre l'évolution de la pandémie sur le site du CSSE (The Center for Systems Science and Engineering) de l'université américaine Johns Hopkins

Les données sont issues des sources suivantes: WHO (OMS), CDC, NHC and Dingxiangyuan.

Créé: 28.01.2020, 21h13

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