Face au Coronavirus, le Salon de l’automobile fait de la résistance

EpidémieIl n’y a pas de mesures draconiennes. Mais des exposants sensibilisent leur personnel.

Pour l’instant, le Salon de l’auto, qui doit se dérouler du 5 au 15 mars, est maintenu.

Pour l’instant, le Salon de l’auto, qui doit se dérouler du 5 au 15 mars, est maintenu. Image: Enrico Gastaldello

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Alors que le premier cas suisse de coronavirus - Covid-19 - a été découvert au Tessin mardi, à Genève une question est sur toutes les lèvres: le Salon de l’auto (GIMS) doit-il être annulé? L’événement, qui doit se tenir du 5 au 15 mars, compte 600000 visiteurs, dont en général 6% d’Italiens et 0,3% d’Asiatiques, 10000 journalistes et 150 exposants (dont six asiatiques et onze italiens) pour cette édition. Pour l’instant, l’événement est maintenu.

Ce sont l'Office fédéral de la santé publique et le médecin cantonal genevois, Jacques-André Romand, qui peuvent décider de son annulation. Ce dernier explique avoir légalement le droit de prononcer cette mesure. «Mais au vu de l’ampleur internationale de l’événement, l’annulation ne peut pas être prononcée seulement sur la base de mon intuition personnelle, explique-t-il. Ainsi, nous nous basons sur les recommandations de la «maison-mère», l’OFSP.»

Quels critères pourraient motiver cette décision? «C’est une analyse des risques, en fonction du type de manifestation, de la population qui le fréquente, du contexte général, de l’évolution de l’épidémie. Pour l’instant, il n’y a pas de limitation à l’entrée du territoire, le cas identifié en Suisse est un cas isolé, et il n’y a pas de cas déclaré à Genève.» Annuler par principe de précaution? «Non, il faut des critères objectifs! A l’heure actuelles, il n’y en a pas.» La question des critères d’annulation a été posée directement à l’OFSP. Qui s’est borné à une réponse laconique: «Les recommandations de la Confédération dépendent du développement de la situation et pourront être adaptées en fonction.»

Une annulation entraînerait de lourdes pertes. Qui paiera la facture? «Chacun devra supporter des coûts, répond Olivier Rihs, directeur du GIMS. Pour notre fondation à but non lucratif cela représente plusieurs millions. Mais il n’y a pas à transiger, s’il y a un risque pour la santé publique, on annule.»

Le Conseil d’Etat genevois, lui, a indiqué mercredi partager l'avis du ministre fédéral de la santé, selon lequel rien ne justifie d'annuler des manifestations. L'État veillera simplement à ce que des informations et du désinfectant pour les mains soient mis à la disposition des visiteurs.

Pas de mesures draconniennes

De l’information, il y en aura. Une campagne de sensibilisation est menée auprès du personnel et une nouvelle signalisation rappelant les principes d'hygiène de base sera installée à Palexpo. Pour le désinfectant en revanche, ce n’est pas gagné. Il faudrait quelque 5000 litres pour équiper les stands… Or, après les masques, c’est la solution alcoolique qui est accuse une pénurie. «Mais c’est un plus, relève Olivier Rihs. Se laver les mains au savon convient très bien aussi.»

Parmi les autres mesures, un plan sanitaire adaptable à l'évolution de la situation a été mis en place, en collaboration avec le Département de la Santé. Les organisateurs du GIMS ont aussi incité les exposants des zones à risque à «s’assurer que leur personnel ne montre aucun symptôme d’infection dans les 14 jours précédant leur arrivée en Suisse». Au sein du Salon, pas de mesures draconiennes, essentiellement du nettoyage et de la désinfection accrus pour les points de contact à volume élevé (rampes, toilettes, écrans tactiles, etc.). Une équipe médicale composée de samaritains et d'un médecin sera présente. A cela s’ajoutent des mesures de précaution individuelles, comme se laver régulièrement les mains ou rester chez soi si on ne se sent pas bien.

Tout cela est insuffisant pour rassurer ce Genevois, employé d'une grande marque, qui a demandé à son exposant de pouvoir porter un masque sur le stand. «Il m’a répondu que c’était réservé aux personnes présentant des symptômes… Je suis inquiet. Les mesures mises en place semblent être là pour donner bonne conscience.»

Distance à respecter

A ce stade la situation ne semble pas préoccuper outre mesure les exposants. Selon la direction du Salon, aucun n’a annulé sa venue. Les exposants contactés indiquent suivre de près les recommandations du GIMS et, de l’OFSP et de l’OMS à l’image de FIAT qui annonce que son personnel ne portera pas de masque et que les mesures de précautions sont suivies à la lettre. Plusieurs marques assurent avoir pris soin de former leur personnel. C’est le cas du groupe AMAG qui gère près de 300 personnes réparties sur les stands Audi, Seat, Cupra et Skoda. «Nous avons allongé les formations que nous donnons à nos employés afin qu’ils puissent prendre connaissance des procédures à suivre à prendre», indique Dino Graf responsable de la communication du groupe AMAG en Suisse. Ces derniers sont priés de ne pas donner la main aux clients, de garder un peu de distance et de se laver les mains régulièrement. Le responsable indique que des désinfectants seront mis à disposition des employés et que le groupe a décidé mercredi d’autoriser les personnes qui souhaitent renoncer à travailler sur leur stand à rester au bureau.»Nous avons entendu parler d’un employé qui hésiterait, mais à ce stade, aucune demande officielle ne nous est parvenue».

Même son de cloche du côté du groupe Renault qui annonce respecter le choix de son personnel.«Pour l’instant nous n’avons pas eu de cas de ce type», indique Karine Kirchner, directrice de communication. Elle ajoute que des produits désinfectants seront également mis à disposition sur les stands ainsi que dans les vestiaires du personnel. «Nous avons aussi demandé à nos employés de se laver les mains lors de chaque pause, de garder leur distance avec les visiteurs et d’éternuer ou de tousser dans leurs coudes, conformément aux recommandations en vigueur».

Pas de désistements annoncés non plus à ce stade au sein du personnel de l’entreprise Hotelis Event & Hospitality qui gère plusieurs centaines d'hôtesses.

Quant au public, il ne semble pas vouloir renoncer à visiter le salon. 30000 billets ont été vendus en ligne, selon Olivier Rihs. «C’est 5000 de plus que l’an passé. Mardi, 700 billets ont été achetés.» Aucun remboursement n’est prévu.

Créé: 26.02.2020, 20h51

Les médecins demandent masques et informations

Le Canton a demandé aux pharmacies de suspendre les ventes de masques de protection pour les réserver aux soignants, avant de lever la mesure la semaine passée. Or, même si ces masques limitent la transmission mais ne constituent pas une protection fiable, les Genevois
se ruent en officine pour s’en procurer. Conséquence: c’est
la pénurie. Et elle s’étend
aux cabinets médicaux.

«Nos fournisseurs n’arrivent pas à honorer nos commandes, rapporte Didier Châtelain, président de l’Association genevoise des médecins de famille généralistes. J’ai demandé au médecin cantonal où obtenir des masques en quantité, sachant qu’ils ont une «validité» de quatre heures.» On lui a répondu que le pharmacien cantonal «cherche une solution». Pour le président, «cette situation est inconcevable, tant pour la population que nos patients exposés en salle d’attente et les professionnels qui sont en première ligne!» Et d’ajouter: «Nous avons aussi
besoin d’informations régulières de la part des autorités. Or, la dernière date du 7février. Sans informations adéquates, nous perdons en efficacité et en cohérence dans la prise en charge.»

Par ailleurs, Didier Châtelain demande à ceux qui suspecteraient des symptômes du coronavirus de téléphoner à leur
médecin avant de se déplacer. «Avec le président de l’Association des médecins de Genève, nous avons convenu de favoriser les prises en charge à domicile pour ces cas-ci, afin d’éviter d’engorger les cabinets et
les Urgences, et de contaminer d’autres personnes dans
les TPG.»

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