Il fabrique des planches de snowboard dans son garage

InsoliteUn jeune Français de Beaumont vient de se lancer dans la fabrication de snowboards en utilisant du bois de la région

La particularité des planches de Loïc Le Bouffant: un noyau en épicéa et frêne de la région.

La particularité des planches de Loïc Le Bouffant: un noyau en épicéa et frêne de la région. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Ça sent le bois dans son garage. Depuis cinq ans, Loïc Le Bouffant a transformé cet espace de 28 mètres carrés attenant à sa maison à Beaumont (juste après Saint-Julien) en un atelier de fabrication de snowboards. La particularité de ses planches: avoir un noyau en épicéas et frênes de la région.

L’idée a germé en 2007 chez ce passionné de montagne. «En discutant avec un collègue qui travaillait comme moi aux remontées mécaniques durant l’hiver, j’ai découvert qu’on pouvait créer des planches de manière artisanale. Ça m’a tenté.»

Loïc Le Bouffant commence alors à imaginer l’objet de ses rêves, la planche aux dimensions et à la flexibilité parfaites. La conception est achevée en 2009, reste désormais à réaliser l’objet. Le jeune homme abandonne son travail de mécanicien automobile pour pouvoir se consacrer pleinement à la fabrication de snowboards durant la saison froide. Il se renseigne sur Internet, observe et discute avec d’autres fabricants pour apprendre les astuces de la fabrication. «Je suis tout de même obligé de sous-traiter certaines étapes comme le vernissage. Je n’ai pas assez de place dans mon garage.»

Sa première planche sort en juillet 2010. Il la teste l’hiver suivant. «Je la trouvais plutôt bien mais c’est difficile d’être objectif quand on l’a réalisée soi-même.» La validation vient alors de ses proches qui apprécient l’objet et lui passent commande. «Le noyau composé de frêne et d’épicéa offre un toucher de neige beaucoup plus fin que le peuplier trouvé généralement dans les planches industrielles, explique Loïc Le Bouffant. Le frêne transmet le mouvement et l’épicéa filtre les vibrations.»

Cet hiver, le trentenaire a essayé pour la première fois de vivre de sa nouvelle passion. «J’ai créé ma société le 1er novembre et depuis j’ai déjà vendu vingt planches. Pour être à l’aise, il faudrait que j’en écoule trente par an. J’espère y arriver dès l’année prochaine. Mais on est une dizaine de fabricants dans la région, ce n’est pas facile de tirer son épingle du jeu.»

Loïc Le Bouffant conserve pour l’heure une activité estivale pour compléter ses revenus. Depuis quelques années, il effectue les travaux de maintenance sur les installations de remontées mécaniques. «C’est plus basique que l’automobile, mais au moins, c’est en montagne!» (TDG)

Créé: 13.03.2015, 17h53

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