«Extinction Rébellion» a manifesté dans le calme devant le terminal des jets privés

ManifestationLe groupe de militants écologiste a bloqué les accès au terminal de l’aviation privée, dans une ambiance bon enfant.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Depuis que le groupe Extinction Rébellion avait annoncé il y a dix jours un blocage à Genève, en lien avec l’aviation, tout le monde s’attendait à une action dans le hall de l’aéroport, voire sur le tarmac. La police se tenait prête à cette éventualité, mais finalement, c’est le terminal de l’aviation privée, à la route de Meyrin, qui a été pris pour cible.

Samedi en fin de matinée, entre 80 et 100 personnes s’y rassemblent dans le but d’en bloquer les accès. Des groupes de militants s’assoient en se tenant fermement les uns aux autres devant les trois entrées du bâtiment côté route de Meyrin. Autour d’eux, les autres manifestants, entre 20 et 30 ans pour la plupart, avec quelques têtes grises parmi eux, brandissent des drapeaux portant le logo du mouvement. Des musiciens donnent un air festif à la manifestation tandis que certains entraînent leur équilibre sur une “slackline” tendue entre deux arbres. Des chansons complètent cette ambiance bon enfant.

Rapidement, la police boucle le périmètre et empêche les manifestants de pénétrer dans le terminal. Le face-à-face va durer près de quatre heures, sans aucune provocation de part et d’autre. “Nous voulons défendre la justice climatique et sociale en pointant du doigt, par une action de désobéissance civile non-violente, cette aberration écologique qu’est l’aviation privée, explique Robin militant d’Extinction Rébellion et porte-parole pour l’occasion. Alors que seule une partie infime de la population voyage dans ces jets privés, tout le monde en subit les conséquences climatiques. Un passager sur un avion privé émet vingt fois plus de CO2 qu’un passager sur un avion de ligne.” Et d’expliquer qu’il n’a jamais été question de s’en prendre à l’aéroport public.

Les manifestants veulent empêcher les riches voyageurs d’accéder à leurs jets privés, mais laissent libre quiconque de sortir du bâtiment. “De plus, nous n’avons pas bloqué les sorties de secours, pour des raisons de sécurité”, précise Robin. En fait, même accéder au terminal n’a pas l’air si impossible que cela. Des pilotes d’avion avec leurs valises à roulette sont conduits par la police vers un hangar voisin, peut-être pour rejoindre leurs avions via le tarmac.

L’action se veut avant tout symbolique. “Notre but est de montrer ces pratiques qui se font en toute discrétion mais qui, pour nous, devraient être débattues dans une assemblée citoyenne, car nous sommes tous concernés.” Très bien organisés, les manifestants se divisent en divers groupes aux rôles bien définis, identifiés par des brassards. Au coeur du dispositif, il y a les bloqueurs et bloqueuses, avec leurs “anges gardiens” qui veillent sur leur sécurité et leur bien-être, et leur apportent nourriture et boissons. Puis, il y a les portes-paroles, ceux qui sont chargés des relations avec la police et enfin les “gardiens de la paix”, qui sont là pour éviter les tensions avec le public et lui expliquer le sens de l’action. “Nous avons été formés et savons comment nous comporter face à la police”, confie une jeune militante.

A 13h, la police leur donne un ultimatum. Elle leur laisse encore une heure pour faire passer leur message, puis elle les priera de quitter les lieux. A l’heure dite, des discussions s’engagent entre les manifestants d'une part, et avec la police d'autre part. Certains semblent un peu amers de devoir se plier aux injonctions des forces de l’ordre, mais dans l’ensemble, personne n’a l’air de vouloir aller à la confrontation. Finalement, les militants acceptent les conditions posées par la police: à partir de 14h30, ils quittent les lieux au compte-goutte, par petits groupes, afin de dissiper l’effet manifestation, non sans avoir eu leur identité contrôlée au préalable.

Créé: 16.11.2019, 17h35

Articles en relation

Des militants écologistes pourraient paralyser l’Aéroport de Genève

Perturbation Le groupe «Extinction Rebellion» annonce une «action de blocage» le samedi 16 novembre. La police assure être «au courant». Plus...

«Fascisme vert» ou «anarchie»? Refaire le monde avec Extinction Rebellion

Reportage Des sympathisants du groupe militant écologiste se sont rencontrés. Plus...

Extinction Rebellion va durcir ses actions de blocage

Londres À Londres, 9500 activistes comptent bloquer une bande de 4 km de long en plein centre-ville. Ils veulent des avancées concrètes en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Toujours pas de vert au Conseil fédéral
Plus...