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Une exposition pour imaginer une Genève sans voiture

Un accrochage propose de multiples visions d’une ville démotorisée en 2037.

"Grand Théâtre", par François de Limoges.
"Grand Théâtre", par François de Limoges.
François de Limoges

«Il n’y a plus de voiture. C’est fini en ville, les autos. Ce sont les routes qui glissent, et nous avec, et les marchandises aussi, elles glissent.» À l’instar de Franck Na, auteur de ces lignes dénichées dans une œuvre, les artistes qui exposent à Genève leurs visions d’une cité débarrassée de l’emprise automobile ont débridé leur imaginaire.

Photographiques ou picturales, ces 25 visions individuelles ou collectives sont exposées ces jours par l’Association pour le patrimoine industriel (API). Une situation ironique: on se trouve dans une ancestrale bâtisse qui a longtemps servi à fabriquer des huiles de vidange ou à commercialiser des pièces détachées pour les moteurs.

C’est dans cet écrin évocateur du passé que nous est proposé ce bond vers un avenir où la ville s’est délestée des encombrants et pétaradants engins à quatre roues. Par ses touches presque impressionnistes, Isabelle Cassani nous entraîne dans des rues Plantamour et des Deux-Ponts débarrassées de leur flux motorisés. À travers l’objectif de Louise Kasser et grâce aux retouches, on découvre un boulevard des Philosophes dénudés de tout stationnement et de tout marquage lié à la circulation. Le pont du Mont-Blanc en prend pour son grade: ici il accueille un champ à la verdure triomphale, là on le voit héberger une pêche miraculeuse empruntée à Konrad Witz, repoussant comme par un divin enchantement le trafic sur ses marges. Autre vision à la fois exotique et familière, celle d’une place Neuve où une piste d’athlétisme occupe désormais l’espace aux pieds de l’immuable Grand Théâtre.

Auteur de ce montage photographique, François de Limoges est aussi le curateur de l’accrochage. «Actuellement, la voiture régit nos sociétés et toute la ville serait à repenser si on l’enlevait, explique-t-il. Mais pour réinventer une ville, il faut déjà imaginer ce à quoi elle pourrait ressembler, faute de quoi on ne peut pas réaliser cette vision.»

«La plupart des œuvres ne sont pas vues d’en haut, mais proposent d’imaginer, à hauteur d’homme, ce que serait ma rue ou mon quartier sans voiture, poursuit Franck Vacheron, directeur artistique. Ce projet nous a permis de parler de l’automobile par le biais d’une négation. J’espère pouvoir monter un jour une exposition sur la voiture caduque, de Pic-Pic à Motosacoche.»

Les œuvres incitent au débat sur les mobilités futures, qu’elles s’inspirent des apports technologiques (on croise l’ébauche d’un Hyperloop ou encore des engins volants) ou qu’elles s’apparentent à un retour aux sources avec ces rues rendues aux passants et aux jeux d’enfants.

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