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L’expo «Mais t’étais habillé-e-x comment?» démonte les clichés

L’association féministe Slutwalk Suisse expose des vêtements de femmes agressées dans le cadre de la Semaine de l’égalité.

Exposition à uni du Mail, intitulée "Mais t'étais habillé-e-s comment?" Exposition constituée des vêtements portés par les victimes d'agressions. La tenue de Claire, 31 ans
Exposition à uni du Mail, intitulée "Mais t'étais habillé-e-s comment?" Exposition constituée des vêtements portés par les victimes d'agressions. La tenue de Claire, 31 ans

Un pyjama à fleurs roses. Une doudoune. Un sweat à capuche et un baggy. Sept tenues sont accrochées avec des pinces à linge sur des grilles en métal dans le hall d’Uni Mail. Ces tenues, ce sont celles que portaient des femmes au moment de leur agression ou de leur viol. À côté du vêtement, un témoignage, bref ou détaillé, mais toujours glaçant. L’Université du Kansas a mis sur pied ce concept en 2013. Sarah Irminger, membre du comité de l’association féministe Slutwalk Suisse, raconte: «Le Service Agenda 21-Ville durable de la Ville de Genève nous a contactés pour qu’on réalise le même projet ici.» L’association a alors lancé un appel sur Facebook et des femmes ont livré leurs vêtements, témoignage à l’appui. Les tenues sont parfois les «vraies», parfois reconstituées.

Le témoignage d’Émilie, à qui on a demandé «comment elle était habillée» après un viol par un «ami», révèle la violence de cette question: «Ces mots m’ont autant blessée que le viol que j’ai subi.» Une culpabilisation à casser à tout prix pour Sarah Irminger: «L’exposition montre qu’il y a autant d’expériences et de tenues différentes que de «témoignantes», explique la militante. «Il n’y a pas que des vêtements dits sexy. La tenue n’a aucune influence sur ce qui a été vécu.» Le rôle des victimes dans leur agression est pourtant souvent questionné. «On leur demande par exemple si elles avaient bu, si elles portaient une minijupe. La police, le corps médical et même les proches font ce genre de remarques! Notre message, c’est que personne ne mérite d’être agressé. Le problème est toujours du côté de l’agresseur.»

Croisée en pleine visite, Catalina, étudiante, salue la volonté de «déconstruire les clichés»: «En tant que féministe, ce genre d’expositions me paraît nécessaire. Beaucoup de gens ont encore du mal à comprendre ce que c’est qu’un viol.» Au-delà des vêtements, un autre élément l’a marquée: «On voit qu’il s’agit souvent de proches, on est loin du stéréotype de l’agresseur inconnu.»

Pour Sandrine Salerno, conseillère administrative en charge de l’Agenda 21, l’exposition est une façon supplémentaire de questionner l’habillement des femmes dans l’espace public: «Il reste marqué de beaucoup de stéréotypes. Voir que tenue et agression n’ont aucun lien peut être la possibilité d’une prise de conscience, pour les femmes comme pour les hommes. Une femme devrait avoir le droit de s’habiller comme elle veut, rien n’est prétexte à l’agression.»

L’exposition, à Uni Mail jusqu’à vendredi dans le cadre de la Semaine de l’égalité «(Dés) habille ton genre!» devrait ensuite tourner à Genève pendant une année.

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