Un puissant explosif retrouvé au milieu de déchets

GenèveJeudi soir, le Centre de traitement des déchets spéciaux, à Aire-la-Ville, est tombé sur de l'acide picrique. La police a ouvert une enquête.

La brigade de déminage a du intervenir à Aire-la-Ville pour faire exploser de l'acide picrique retrouvé par hasard (image d'illustration).

La brigade de déminage a du intervenir à Aire-la-Ville pour faire exploser de l'acide picrique retrouvé par hasard (image d'illustration). Image: Alain Rouèche

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Il l’a échappé belle! Comme nous l’avons révélé ce vendredi, le directeur du Centre de traitement des déchets spéciaux (CTDS), à Aire-la-Ville, est tombé par hasard sur 2,5 kilos d’un puissant explosif très sensible aux chocs, aux frictions et à la chaleur.

C’est en ouvrant jeudi après-midi un bidon contenant des déchets d’entreprises que François Viret a trouvé de l’acide picrique. Sous forme de cristaux, ce produit plus puissant mais plus stable que le TNT peut réagir aux chocs, à l’instar de la nitroglycérine. Il est également très toxique en cas d’inhalation et de contact avec les yeux, la peau ou les muqueuses.

Périmètre bouclé

«Dès que j’ai vu le pictogramme signalant des matières explosives, je me suis éloigné et j’ai tout de suite alerté les secours», confie François Viret, le directeur du CTDS. La police a envoyé sur place le groupe Nedex (neutralisation, enlèvement et destruction des explosifs). Tout le périmètre entre la route de Verbois et la route d’Aire-la-Ville a dû être bouclé pour les besoins de l’opération.

Une fois l’acide picrique identifié, les démineurs du Nedex l’ont transporté dans une cuve spéciale, avec toutes les précautions requises, jusqu’à une gravière distante de quatre kilomètres. C’est là qu’ils l’ont fait exploser. En tout, l’opération a duré quatre heures, s’achevant à 21 h. La police genevoise a ouvert une enquête pour déterminer la provenance de cet explosif.

«Ce genre de produit n’aurait jamais dû se retrouver dans les déchets que nous recevons, car nous n’avons pas la compétence pour le traiter, explique François Viret. Il aurait pu nous exploser à la tête!» Situé sur le site de l’usine d’incinération des Cheneviers (mais ne dépendant plus des Services industriels de Genève depuis 2010), le CTDS s’occupe des déchets qui ne peuvent pas être traités dans les filières habituelles, tels que les solvants, hydrocarbures, huiles minérales et autres produits chimiques.

Procédures particulières

«L’acide picrique n’aurait même pas dû être acheminé au milieu des autres déchets», poursuit le directeur. En effet, on ne peut le manipuler et le transporter qu’en respectant des procédures bien particulières.

Vu son caractère très explosif sous sa forme cristalline, l’acide picrique est en principe stocké et transporté additionné d’au moins 30% d’eau, ce qui n’était pas le cas ici d’après François Viret. Il doit par ailleurs être placé dans des contenants en verre, car au contact de certains métaux ou du béton, il peut se produire une réaction chimique formant des sels encore plus explosifs que le produit lui-même. Une fiche de sécurité indique que la simple friction résultant d’une tentative d’ouvrir une bouteille d’acide picrique trop sec peut faire exploser un petit laboratoire.

Créé: 23.08.2019, 18h17

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