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Exploit à Lancy: on densifie sans fâcher les riverains

Aux Semailles, l'État s’est heurté à une forte opposition avec ses immeubles en barre. Avant qu’il ne trouve la formule d’un compromis.

«Nous aurions pu passer en force, commente Antonio Hodgers. Mais comme les habitants entraient en matière sur le développement, j’ai préféré ouvrir la concertation.»
«Nous aurions pu passer en force, commente Antonio Hodgers. Mais comme les habitants entraient en matière sur le développement, j’ai préféré ouvrir la concertation.»
Lucien Fortunati

Construire dans la joie et la bonne humeur, avec la bénédiction des riverains? La chose n’est pas tout à fait impossible à Genève. La preuve? À Lancy, l’État, la Commune et les habitants ont réussi à tous se mettre d’accord pour densifier un secteur dans le quartier des Semailles. Cette concertation inédite permettra de construire 150 logements d’autant plus rapidement que, désormais, plus personne ne met les pieds au mur.

«L’aménagement se fait souvent dans le sang et les larmes, mais il y a quand même de belles histoires», s’est félicité, ce lundi, le conseiller d’État Antonio Hodgers lors d’une conférence de presse à laquelle participaient aussi les opposants de naguère.

Le développement des Semailles a débuté dans la douleur en 2012, quand l’État a lancé quatre plans localisés de quartier (PLQ). Au grand dam des habitants, réunis dans l’Association des Passereaux. «L’État s’inscrivait dans le prolongement des Palettes, juste à côté, et reprenait un urbanisme de barres, déplore sa présidente, Sandrine Meyer-Chanson. Nous voulions autre chose.»

Concertation

Les habitants proposent un plan alternatif, basé sur de petites maisons contiguës. «Nous aurions pu passer en force, commente Antonio Hodgers. Mais comme les habitants entraient en matière sur le développement, j’ai préféré ouvrir la concertation.» Celle-ci a porté sur un seul des quatre PLQ, les autres pouvant aller de l’avant.

Le projet qui en est ressorti a été présenté hier. À vrai dire, il n’est guère révolutionnaire. Deux bâtiments sur quatre sont justement de ces barres tant décriées. Mais plutôt que d’être alignées les unes derrière les autres, elles sont disposées sur les bords du périmètre et forment ainsi une sorte d’îlot pourvu d’un grand espace vert au milieu. «Le promoteur voulait sa barre, c’est un compromis», commente Sandrine Meyer-Chanson. En revanche, les propriétaires de quatre parcelles vont pouvoir développer un immeuble plus original.

Densité augmentée

«Ce projet a aussi l’avantage de tenir compte du découpage parcellaire et des volontés des habitants de construire ou pas, commente Christina Meissner, de l’association Pic-Vert, qui s’est investie dans la concertation. Il sera donc plus facile à réaliser.» L’État y trouve aussi son compte puisque la densité a même été augmentée.

Ce modèle de concertation va-t-il faire des petits? Et pourquoi n’a-t-il pas été appliqué dans les trois communes où des référendums combattant des densifications sont soumis au vote le 4 mars? «Ces trois projets ont été lancés avant mon entrée en fonction, précise Antonio Hodgers. Ils ont tout de même été acceptés par les conseils municipaux. Pour le reste, la concertation est désormais intégrée dans les processus. Elle donne de bons résultats quand les propriétaires sont d’accord de voir leur quartier évoluer. S’ils refusent tout changement, c’est alors plus difficile car l’État doit appliquer son plan directeur et construire.»

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